24h à Zermatt

24 heures. C’est le nombre d’heures qu’il y a dans une journée. C’est aussi une série d’action à succès dont le héros s’appelle Jack Bauer. Mais c’est surtout le temps qu’a duré notre escapade à Zermatt. Est ce que c’était suffisant ? Non. Est-ce que c’était bien ? Oui. Est-ce qu’on y retournera ? Dix fois oui.

Dimanche – 10h30 environ : nous prenons la route direction la Suisse, pas affolés du retard que nous avons sur notre plan initial (Zermatt est à environ 2h de route de chez nous, et nous voulions y être vers 11h – 11h30. Voilà.)

12h58 : après des cols, des routes sinueuses, de l’autoroute, de l’autoroute en travaux et des petites routes pleines de petits ronds points, nous arrivons à Täsch (qui en fait se prononce teiche, même si on a très envie de dire tache). Nous attrapons au vol le train de 13h15 qui nous emmènera vers notre destination finale. Un train ?! Eh oui, pour aller Zermatt, il faut poser la voiture et finir en train, pas de véhicule à combustion dans le village !

13h30 : Zermatt en vue. J’ai hâte !
Comme vous l’aurez noté, nous sommes donc à pied. Pas ultra pratique pour rejoindre l’hôtel, même si nous ne sommes pas très chargés. Mais ce n’est pas un problème, car ici, il y a des taxis électriques partout ! Et notre hôtel nous a justement envoyé une petite navette pour nous récupérer à la gare. La classe. Nous voila donc à traverser un village ensoleillé, admirer les grands hôtels en bois ou façon Belle Époque, les géraniums éclatants à tous les balcons, confortablement installés dans une voiturette un peu cahotante. Le clou du spectacle : apercevoir le Cervin au détour d’un virage.

Le Cervin - Zermatt13h40 : nous débarquons devant le Cervo. Un superbe hôtel tout en bois et pierre, complexe de chalets modernes et luxueux, idéalement placé un peu en hauteur en dehors du centre village. On nous offre un petit verre de bienvenue sur la terrasse, histoire de faire le check in dans un endroit plus confortable que la réception (bien qu’elle soit très jolie aussi, la réception). Nous nous installons donc dehors, tables en bois, jolis coussins en feutrine dans un camaïeu de bruns et gris, pots de fleurs blanches séchées. Mais surtout, pleine vue sur le Cervin. J’ai du mal à en détacher mes yeux.

Hôtel Cervo - Zermatt14h et des brouettes : en attendant d’avoir notre chambre, nous redescendons à pied découvrir le village, et manger un gros bretzel. Je m’arrête à peu près 23 fois sur le trajet prendre la montagne en photo, les hôtels fleuris, tout ça. J’admire surtout le silence. Le bruit du vent, le chant des oiseaux, le bruissement d’une rivière qui coule en contre bas. Rien de plus. On ne connaît plus ce silence. On n’imagine pas à quel point les voitures sont une pollution sonore, jusqu’à ce que l’on expérimente une ville où il n’y en a pas du tout. J’apprécie donc d’autant plus la balade, qui nous mène tranquillement des hauteurs calmes vers le centre village beaucoup plus animé. La rue principale est bordée de boutiques et de restaurants, les touristes se baladent autant sur le trottoir que dans la rue, la plupart habillés en tenue de randonnée.
Parmi les grands bâtiments hôteliers, nous avons aussi le plaisir de découvrir d’authentiques et charmants petits chalets de montagne en vieux bois. Un plaisir à photographier.

Chalet de montagne - ZermattPetite pause dans un parc fleuri et aménagé avec de larges bancs en forme de vague, une invention géniale pour faire la sieste. On ferme les yeux au soleil, on profite de la chaleur. Les vacances, quoi.

15h40 : retour à l’hôtel. On a envie de se poser, et de se faire chouchouter un peu. On commence par découvrir la chambre, véritable havre de paix et de confort, avec moult surprises que je découvre comme une enfant : une boîte de chocolat, un petit seau de popcorn, des friandises, des bouteilles d’eau, un petit carnet et un stylo, autant de petites attentions qui nous attendent à notre arrivée. Il y a même une petite bougie parfumée que l’on peut allumer si l’on veut. J’adore les bougies.
Nous passons donc le reste de l’après midi entre la terrasse pour boire des cafés latte, le spa du chalet et la chambre. Y’a t il plus agréable que de passer une journée à lire dans une forêt d’oreillers moelleux et à prendre des bains aux sels relaxants ? Je ne crois pas.

Le Cervin - Zermatt18h30 environ : l’heure de l’apéro à sonné. Face au Matterhorn, on trinque au Spritz et au vin, se délectant de grosses olives charnues, de pop corn juste salé comme il faut et de petits mais grillés. La vie.
Puis nous filons manger au Cervo Puro, le restaurant de l’hôtel. Cuisine simple mais délicieuse, pleine de saveurs, petits amuses bouches faits maison et surtout, de la glace maisoooon ! Personnellement j’ai choisi amandes, et c’était genre, super bon.

Hôtel Cervo - ZermattLundi – 8h30 : s’éveiller et rêver de pouvoir emporter son oreiller dans la valise. Mais ça, c’était avant d’avoir vu le buffet du petit déjeuner. Des fruits frais, des muesli croustillants faits maison, des tonnes de pains et de viennoiseries différents, une immense carte d’œufs, de pancakes, de gaufres.. je mange pour 10 jours. Et j’aimerais que ce moment ne s’arrête jamais.
Mais il faut refermer la valise, dire adieu à notre jolie chambre et à sa vue splendide, regarder une dernière fois cet hôtel de rêve et monter dans la petite navette qui va nous ramener à la gare.
C’est avec regret, bien sûr, que nous faisons tout ça. Mais pas sans une pointe d’excitation non plus. Avant de quitter les montagnes Suisses pour retrouver les montagnes françaises, une dernière petite escapade nous attend.

Hôtel Cervo - Zermatt10h et quelques : nous retrouvons notre voiture à la gare, et quittons Täsch pour se rendre au petit village juste en dessous, quelques kilomètres en contrebas : Randa. C’est de la que peut partir le sentier de l’Europe, une longue balade de deux jours qui relie Zermatt à Grächen. Nous ne serons pas téméraires à ce point la cette fois ci : ce qui nous intéresse, c’est d’aller traverser le plus long pont suspendu du monde, inauguré l’année dernière. Le pont Charles Kuonen met dix minutes à se traverser, et surplombe une moraine dont le sol se trouve quelques 85m en dessous. La boucle fait un peu plus de 8km aller retour, de quoi se mettre en jambe tranquillement.

Village de Randa - Suisse10h50 : équipés en tenue de marche, nous traversons Randa en suivant les panneaux qui indiquent le sentier de l’Europe. Le village n’est peuplé que de petits chalets en bois noir, tous plus joliment fleuris les uns que les autres. Quant à ses rues pavées, elles sont abruptes, de quoi faire chauffer les cuisses immédiatement ! Nous quittons les habitations pour le sentier qui continue dans la forêt, et qui monte quasiment aussi raide que les rues du village… J’arrive quand même à relever la tête de temps en temps pour apercevoir les glaciers à travers les cimes des arbres. Puis enfin le replat tant attendu. Il nous mène en quelques foulées au bord du pont. Nous y sommes.

Pont Charles Kuonen - RandaPendant toute la montée, nous nous sommes demandés si nous allions oser traverser. Puis une fois devant, plus question de renoncer. La structure métallique est impressionnante, et les barrières sur les côtés suffisamment hautes pour que l’on ne craigne pas de tomber. Nous nous élançons donc, mains bien arrimées car la structure bouge comme si on était sur un bateau. Au final, c’est ça qui est plus impressionnant que la hauteur ou la longueur du pont ! L’expérience est chouette. Nous sommes tout fiers d’arriver de l’autre côté, et prenons le temps d’admirer le beau panorama avant d’entamer la descente.

Pont Charles Kuonen - Randa13h : Bye bye Randa, bye bye Zermatt. Nous quittons cette vallée sous un soleil chaud, ressourcés malgré la courte durée de notre séjour. Rarement un week end aura été aussi parfait de bout en bout ! Pas étonnant donc qu’apercevant encore presque le Cervin dans la rétroviseur, nous soyons déjà en train de nous imaginer revenir l’année prochaine… et toutes celles à venir !

 

Plus de photos de cette petite excursion ? Rendez-vous sur mon compte Instagram marie.baum

Advertisements

Breakfast in Vienna…

…And lunch, and coffee, and cake, and dinner ! Youh !

Bon rassurez vous, je ne suis pas devenue bilingual en un week end dans les contrées autrichiennes. Au pire j’ai pu apprendre que strasse en allemand et gasse en autrichien, bah c’est pareil. Mais je crois que je m’éloigne un peu du sujet principal. Bref. L’intro en anglais, c’est juste parce que ça sonne bien. Et parce que ça me permet de lancer avec classe l’un des éléments essentiels de ce week end : la bouuuffe ! La bouffe oui, cette passion qui unit bien des êtres humains sur cette terre.
Mais bon, il n’y a pas que ça à Vienne non plus hein. Il y a aussi beaucoup de jolis (et anciens) bâtiments, et beaucoup de lumières. C’est principalement ce que vous allez voir sur les photos qui suivent d’ailleurs.

Allez, c’est le moment de débuter cette #Viennastory : un vendredi de novembre, notre réveil a sonné à 5h (je dis notre parce qu’on était deux, avec ma copine). C’était dur. Mais c’était pour la bonne cause : un week end de 3 jours a Vienne, entre copines. Le rêve non ? Après un vol, matinal donc, au dessus de magnifiques monts enneigés, nous atterrissons dans un aéroport flambant neuf et plutôt classe. Un train un peu moins neuf et un peu moins classe (mais fort pratique) nous emmène dans le centre, sous un soleil joyeux. Le temps de poser nos bagages dans un appartement absolument magnifique (une de ces perles d’airbnb, aussi jolies en photo qu’en vrai, voire même encore plus), nous repartons à pied en direction du quartier de la gare et du Belvédère.

Si le quartier en soi n’a qu’un intérêt limité, il abrite en revanche cet oasis de beauté qu’est l’Hôtel Daniel et son restaurant le Daniel Bakery. À nous le bruuuunch et la pause bien méritée après une matinée mouvementée…

Hotel Daniel - Daniel BakeryHotel Daniel - Daniel Bakery

Daniel Bakery

L’estomac un peu trop plein, mais heureuses (manger rend toujours heureux hein, c’est bien connu), nous repartons de notre havre de paix pour aller découvrir le centre ville et son effervescence incessante. Le soleil brille encore haut, les visiteurs se pressent, le nez en l’air et des paquets aux bras. Des hommes en costumes moirés et bottes de cuir nous alpaguent à la sortie du métro pour nous vendre un opéra. Ça pourrait être sympa en effet ! Mais spoiler : nous n’irons pas. Non, nous allons pour l’instant nous contenter de marcher bras dessus bras dessous, se laissant porter par le flot des marcheurs et la vie palpitante de ces vitrines lumineuses et brillantes. Et surtout, surtout, admirer les bâtiments tous plus wahou les uns que les autres (wahou est un adjectif nul, je vous l’accorde, mais il est plutôt explicite non ?). On flâne, on fait quelques boutiques, on bifurque dans des petites rues adjacentes à l’avenue principale, et ce jusqu’à Karl’s Platz, la fameuse, la grande.

VienneVienneNotre balade nous emmène jusqu’à la bibliothèque nationale, que nous décidons de visiter après avoir profité un peu de la douce chaleur du soleil d’automne.

Ce lieu est magique, silencieux, chargé d’histoire. Un coup de coeur !

Bibliothèque de VienneBibliothèque de VienneUn peu fatiguées par cette première journée plutôt intense, nous reprenons le chemin de l’appartement dans une Vienne illuminée et éblouissante (Vienne la nuit ça vaut mille fois le détour !)

Rue de VienneNous atterrissons dans un petit restaurant de quartier qui ne paye pas de mine mais où l’on mange bien. Puis l’heure est au repos : demain est une encore une grande journée.

Samedi matin. Réveillées par un jour clair et lumineux dans notre appartement d’architecte, nous nous préparons et partons prendre le petit déjeuner dans un joli café en bas de l’immeuble : le Budapest Bistro. Joli endroit repéré la veille, avec une carte de petit déjeuner fort alléchante, mais un accueil un peu froid. Dommage !

Nous prenons ensuite la direction du Naschmarkt, un marché permanent qui ressemble a de jolies Halles à l’ancienne, rassemblant à la fois des étals de fruits, légumes, viande, pain… Mais aussi de sympathiques petits restaurants. Bon évidemment l’endroit est très touristique et assez dense ! Il constitue néanmoins une petite balade sympa à faire (de préférence le ventre vide pour pouvoir s’y arrêter… On le saura pour la prochaine fois !)

Naschmarkt - VienneNaschmarkt - VienneToujours à pied, on continue notre balade jusqu’à Karl’s Platz, puis nous atterrissons au Palmenhaus, cette grande verrière rétro au milieu du quartier des musées. D’un côté, elle fait café brasserie, et de l’autre, c’est une palmeraie abritant des rares espèces de papillons. La visite était plutôt marrante, et très humide ! Assez dépaysant…

Palmenhaus - ViennePalmenhaus - VienneN’ayant toujours pas faim, nous décidons de partir à la découverte de la vieille ville, avec ses petites rues et ses vieilles boutiques (dont la papeterie / boutique de souvenirs Papierhaus A. Katzer dans laquelle on peut me perdre aisément quelques heures).
Puis nous traversons le canal du Danube pour aller vers le quartier du Prater. On a repéré le Supersense, un resto boutique spécialisé dans les vieux Polaroïds, les vieux vinyles, les vieux trucs cool quoi. C’est notamment là qu’on peut se faire tirer le portait en pola géant, avec d’authentiques appareils photo du début du siècle… Dingue non ?! J’avoue, on a hésité un moment, mais on a finalement décidé de ne pas le faire. Ca aurait quand même été un sacré souvenir ! En tout cas, entre ça et le repas absolument délicieux pour un prix carrément abordable, c’est une étape absolument indispensable de tout passage à Vienne !

Le Supersense - VienneLe Supersense - Vienne

Supersense

À regret, nous quittons cette chouette adresse et revenons dans le centre et son effervescence de fin d’après midi. Plus par gourmandise et curiosité que par réelle faim, nous cherchons un “café viennois” pour prendre un vrai goûter typique, avec tout ce qu’il peut avoir de kitsch. Nous arrêtons notre choix sur le Café Central, et son portier en livrée à l’ancienne. A l’intérieur, des vieilles banquettes, des tables en bois ciré, des lustres à globe, des grands tableaux et un choix de pâtisseries toutes plus épaisses et gourmandes les unes que les autres. L’ambiance est étrangement calme et feutrée, malgré le monde (toutes les tables sont prises, il y a la queue pour rentrer et un serveur nous place). On est bien loin des endroits à la fois modernes et vintage visités jusqu’à présent, mais le charme désuet de cette grande brasserie a nappes blanches est quand même agréable. Ça vaut un petit détour !

Café Central - Vienne

Café Central

Le soir, nous avons prévu d’aller manger au Motto, un bar restaurant carrément cool et tendance repéré avant notre départ. Chance, il se trouve à 100m de notre appartement (si ça c’est pas le destin…)

Il est 20h. Derrière une porte en métal aveugle et très discrète, nous pénétrons dans un monde fait de fumée, de plantes vertes et de musique ambiançante. Les banquettes sont en velours d’un profond vert émeraude, les murs en béton brut, et il y a des lampes en néon fluo derrière le bar qui participent à l’ambiance fun et rétro de ce lieu si atypique et terriblement cool. Nous prenons un mojito en attendant que notre table soit prête. Le repas est vraiment délicieux. C’est un peu cher, certes, mais franchement, ça vaut le coup.

Dimanche matin. Histoire de ne pas être réveillées à l’aube par l’aveuglante lumière des grandes fenêtres de notre chambre d’architecte, nous avons tout calfeutré avec des coussins, des couvertures et des pulls. C’est un peu camping, mais ça fonctionne ! Nous nous levons donc tranquillement, prenons le petit dej à l’appart avec des restes de brioche achetée la veille, puis nous filons prendre le métro direction le château de Schönbrunn.
Il fait tout gris, il y a du brouillard. C’est pas risou risou.
Sinon l’enceinte du château est immense. Nous la longeons un bon moment avant d’enfin arriver devant l’entrée ! Dans la cour, où le nombre de touristes est déjà impressionant, nous voyons s’activer les préparatifs du marché de Noël qui débutera dans quelques jours. Nous optons pour la visite basique, et partons à la découverte de ce gros bâtiment jaune. Nous traversons des dizaines de pièces meublées selon le style de l’époque, apprenons quelques bribes de détail sur la vie de la famille impériale. C’est plutôt amusant ! Et un peu impressionnant aussi il faut l’avouer, la bâtisse est vraiment immense…

Chateau de SchönbrunnNous décidons de faire un tour dans les jardins, qui sans surprise sont à la mesure du château. Des allées s’étendent à perte de vue à droite et à gauche, et on y voit pas mal de joggers venir faire leur tour matinal. Dommage que nous soyons en novembre, car tout est un peu triste et déplumé. Adieu les plates-bandes de fleurs et les jolies couleurs ! Cela ne nous empêche quand même pas d’aller visiter les labyrinthes (hihi).

Nous repartons sous un ciel qui se déchire pour laisser apparaitre quelques rayons de soleil. Enfin ! Il est presque 13h, la faim se fait sentir. Nous repassons en vitesse à l’appartement récupérer nos sacs, puis nous nous dépêchons de retourner en centre ville pour trouver un endroit où déjeuner. La veille, nous avions repéré le resto de Jaimie Oliver et sa façade pleine d’ampoules (#passion), alors nous tentons. Chance, ils nous trouvent un coin de table, alors même que nous n’avions pas réservé. J’y mange un burger à tomber par terre. Et je vais faire pipi dans les toilettes les plus cool que j’ai jamais vues. Donc franchement, Jaimie’s Italian 10/10 !

Jaimie's Italian VienneJe ne m’étendrai pas outre mesure sur le reste de l’après midi, étant donné que nous avons surtout erré avec nos sacs dans la ville, avant d’atterrir dans un autre café Viennois, le Café Diglas, plus confiné que le café Central, avec plein de banquettes rouges et des abat-jour en forme de tutu (old-school mais cool). Les serveurs étaient plutôt sympa jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’on allait traîner là un certain temps avec seulement un thé et un latte macchiato. Du coup on est parties.

Vous saurez donc, si vous allez à Vienne, que l’aéroport est doté de trucs vachement cool quand on doit attendre son avion pendant 15 ans. Genre des banquettes tellement larges et longues qu’on peut carrément s’allonger dessus de tout son long et chiller en regardant passer les gens qui courent dans l’aéroport. C’est plutôt chouette. Surtout quand on vient de passer 2 jours dans cette capitale pleine de surprises, à mi-chemin entre tradition, kitsch et mainstream.

VienneAuf Wiedersehen Wien !

New-York my love

Encore ?! me direz-vous.

Eh oui. Encore.

New-York et moi, c’est une grande histoire d’amour. Elle a commencée en février 2014, quand je me suis émerveillée devant la boutique M&M’s, que j’ai plongé longuement dans les œuvres majestueuses du MoMa et que j’ai vécu une semaine au rythme magique et effréné de cette ville qui ne dort jamais.

Ça ne s’est pas arrêté depuis.

Mais comme toutes les relations longue distance, elles tiennent un peu et puis vient le moment où il faut raviver la flamme. Ma dernière escale dans la grosse pomme datant de mai 2014, il était donc grand temps de souffler sur les braises. Grand, grand temps.

Et que dire alors de cette (re)découverte ? New-York a-t-elle changée ? Ou peut-être est-ce moi… ? Non. Non, rien n’a changé. Tout est aussi magique, superbe, surprenant, fatiguant, amusant… Et la nouveauté est toujours au rendez-vous.

DSC_0998_RMon crew dans Harlem.

Premier matin, on se réveille au coeur d’Harlem et on parcourt le quartier à la recherche d’une église pour assister à une messe Gospel. Notre perle se trouve juste au bout de notre rue, une belle église hispano-américaine. Nous choisissons le service en anglais, histoire de pouvoir comprendre le minimum, et nous atterrissons dans un monde à la spiritualité joyeuse, où la chaleur et les bons sentiments transcendent l’assemblée et dépassent de loin les frontières.

Nous traversons Central Park de haut en bas. C’est chouette mais c’est long.

Nous nous perdons dans une foule impressionnante massée devant les illuminations du Disney Store de la 5e Avenue. Et autant dire que même à 23 ans ça fait rêver.

Puis un autre jour, nous faisons du patin au milieu du village de Noël de Bryant Park, en écoutant des chansons de Noël jazzy.

Puis un autre jour, nous buvons un peu trop de margharitas dans un bar mexicain d’Harlem, et rentrons sous la pluie tels des Marie Poppins hilares et éméchées.

Nous découvrons le quartier tellement cool de DUMBO, et sa vue à couper le souffle sur les ponts de Brooklyn et Manhattan.

Nous mangeons, mangeons, mangeons tellement. Harlem Shake, Clinton St. Baking Company, Levain Bakery… Et les caramel macchiato du Starbucks, et la pâte à cookie crue de , et les brunchs maison, et les queues de Homard à 5$ (oui oui !)

Désormais, les rues de brique scintillantes de Soho n’ont plus de secret pour moi, tout comme les lignes de métro 2 et 3 (même à 8 cerveaux il nous aura quand même fallu un certain temps avant de comprendre le fonctionnement des trains locaux et express…)

J’ai retrouvé avec un bonheur intact le Chelsea Market, le Musée d’Histoire Naturelle, la High Line, la Statue de la Liberté, les rues foisonnantes de Chinatown.

J’ai dépensé bien trop de dollars dans des carnets Rifle Paper Co. et des bougies parfumées.

Mais je suis revenue la tête débordant de souvenirs, les yeux remplis de merveilles, avec l’expérience joyeuse et bordélique d’une semaine de colocation à 8 et une seule envie : y retourner le plus vite possible.

26178813_10215320810839912_360639595_o5th Avenue. 

26237942_10215320809559880_2135946530_o5th Avenue.

26179367_10215320807679833_364093046_o5th Avenue.

26177741_10215320810439902_1477543180_oHarlem.

26177440_10215320801359675_1649306671_oHarlem.

26179049_10215320809479878_1299072601_oWall Street.

26235761_10215320803399726_1366526618_oUpper West Side.

26178402_10215320802879713_335681858_oBrooklyn Bridge.

26235654_10215320801399676_562603245_oChinatown.

26178724_10215320800959665_244806903_oChinatown.

26145609_10215320802439702_2070365086_oChinatown.

26194753_10215320804159745_494828576_oSomewhere in New-York.

 

 

Mariah Carey – All I want for Christmas is you

Benvinguts a Mallorca

Les îles Baléares… Une combinaison de mots si délicate qu’elle laisse rêveur, à moins que ce ne soit les images de sable clair et d’eau teintée de camaïeux turquoise que l’on y associe… Il ne nous en faut pas plus pour choisir Majorque comme destination pour notre pause soleil du printemps. Une escapade en pleine mer Méditerranée, là où l’on est à peu près sûr de trouver de la chaleur et de la bonne humeur, le tout pour pas trop cher et pas trop loin !

Alors, que faire à Majorque ? Spoiler : visiter des criques paradisiaques…  Mais pas que !

  1. Arriver tranquille

On descend de l’avion cueilli par un beau soleil de fin de journée, des palmiers trainent un peu partout, ça sent bon les vacances ! La voiture de location récupérée (indispensable pour profiter pleinement du charme de l’île), nous filons direction le nord pour retrouver notre hôtel situé à Platja de Muro.

Bon, autant vous le dire tout de suite, le quartier en lui-même a zéro intérêt. C’est une longue avenue presque en front de mer, bordée de vieilles boutiques de souvenirs et de restaus à fritures tous plus pourris les uns que les autres, le truc ultra touristique et sans charme. L’hôtel par contre est top : moderne, joli, une graaande piscine avec lignes de nage dans la cour intérieure du bâtiment, et un super restaurant qui propose un buffet à volonté le soir… Autant vous dire qu’on n’a pas cherché plus loin !

  1. Découvrir des criques de cartes postales

Bien entendu, c’est l’un des attraits majeurs de l’île. Alors j’en parle parce que c’est du classique, mais au risque de vous décevoir… Si on a passé une demie journée à la plage sur l’ensemble du séjour, c’est le bout du monde ! L’envie de barouder était trop forte… Mais j’y reviendrai 😉

Notre première rencontre avec l’eau turquoise qui fait rêver se fait à la Cala Figuera, une crique juste en dessous du Cap de Formentor (joli point de vue, soit dit en passant). La plage est en gros galets (pas top pour poser ses fesses durablement) mais l’endroit est vraiment joli. En prime, vous avez une petite chèvre sauvage qui vient renifler votre sac et essayer de voler vos Bensimon (et là vous pensez très fort à Ted et the goat dans HIMYM, et vous lui dites gentiment de dégager).

Cap_Formentor_1

Cap de Formentor

Cap_Formentor_2

Cap de Formentor

Cap_Formentor_3

Cap de Formentor

Cala_Figuera_1

Cala Figuera

Cala_Figuera_2

Cala Figuera

Cala_Figuera_3

Cala Figuera

L’autre petit coin de paradis que nous investissons le deuxième jour est la Cala Mitjana, une crique accolée à une grande propriété d’un monsieur très riche. Il faut s’accrocher pour la trouver et y accéder, mais une fois qu’on a nos orteils dans ce sable blanc tout fin… Ça vaut toutes les marches par un soleil de plomb.

Cala_Mitjana_2

Cala Mitjana

Cala_Mitjana_1

Le long de la route de la Cala Mitjana

  1. Rouler sur des routes pittoresques

Sorti de la quasi unique autoroute qui relie le sud-ouest de l’île au nord-est, Majorque est traversée d’une multitude de petites routes toutes plus belles les unes que les autres. Tantôt bordées de champs blonds, tantôt de petits arbres plantés dans une terre ocre. Des murs en pierres sèches et claires délimitent les terrains, parfois il y a aussi des palmiers, des pins, des moulins.

Pour ceux qui ne craignent pas les routes sinueuses, le nord-ouest de l’île abrite la Serra de Tramuntana, le principal massif montagneux de Majorque. Il y a de quoi se perdre dans les virages en épingle, les terrasses d’oliviers, les cols et les forêts, mais ça vaut cent fois le détour ! On roule les fenêtres ouvertes, ça sent le vent et les pins, on croise des lacs de montagne et des miradors magnifiques, c’est l’aventure quoi 🙂

Mirador

Mirador sur la route de la Serra de Tramuntana

Sierra_de_Tramunatana

Route du col de Soller

  1. Visiter des villages mignons

Ça va un peu avec les routes de campagne trop choupi. Majorque regorge de petits villages en pierres dorées, rues pavées, églises travaillées, et ça, c’est pas pour me déplaire !

A quelques encablures de notre hôtel se trouve le village fortifié d’Alcùdia, une petite merveille traversée de rues étroites, aux maisons claires et bordées de plantes, une longue rue commerçante offrant quelques restaurants familiaux et de belles boutiques. On en profite également pour acheter de la Flor de Sal d’Es Trenc aromatisée citron lavande (miam !), pour se balader sur les remparts et admirer les toits de la ville… Une bonne petite trouvaille quoi !

Alcudia_2

Alcùdia

Alcudia_3

Alcùdia

Alcudia_4

Alcùdia

Alcudia_1

Alcùdia

Lors de notre escapade en perdition sur les routes du sud, nous traversons (entre autres) le village de Ses Salines. Des petites terrasses et jolies bodegas m’attirent l’œil, mais malgré mon irrésistible regard de chien battu disant “s’il te plaiiit, arrête-toi là que nous mangions une glace dans ces endroits trop beaux et bien décorés”, je n’obtiens pas gain de cause. Du moins pour l’instant…

Le programme, c’est d’abord de retrouver le bourg de la Cala d’Or, qui contrairement à ce que son nom laisserait penser n’abrite que des bâtisses toutes blanches ! On se promène dans des petites rues pleines de boutiques de souvenirs et de restaurants du monde entier… C’est si calme en cette saison ! Mais c’est plutôt agréable. Je m’extasie devant d’énormes cygnes et flamants roses gonflables, puis nous reprenons les routes de campagne pour rejoindre l’hôtel.

Côté nord-ouest, c’est le village de Fornalutx qui attise ma curiosité, celui-ci s’auto proclamant plus beau village d’Espagne. Je demande à voir ! C’est ainsi que nous nous retrouvons à sillonner le col de Soller avec ses épingles à faire frémir Sébastien Loeb et ses cyclistes relous venus se faire mal aux cuisses en vue de l’Ironman organisé sur l’île le 13 mai… Nous nous arrêtons d’abord à Soller, dont l’attrait principal est sa belle cathédrale et son petit tramway à l’ancienne. Une jolie place et une rue commerçante donnent au village une âme conviviale, mais nous ne nous y attardons pas… Nous préférons rejoindre le port de Soller, qui se trouve à quelques kilomètres en contrebas, et qui est lui vraiment agréable ! De jolis restaurants, quelques collines environnantes et une grande plage… De quoi faire une sympathique balade !

Soller_1

Cathédrale de Soller

Soller_2

Tramway de Soller

Soller_3

Port de Soller

Quelques virages plus haut puis quelques virages plus bas (quand je vous dis que c’est vallonné) nous atterrissons à Fornalutx (ou Forlanutx pour ceux qui ont un peu du mal à le prononcer du premier coup). Je fonds littéralement devant ses moult escaliers en pierre, ses rues toutes plus étroites et pleines de plantes les unes que les autres et sa belle lumière dorée du soleil de 16h. C’est aussi adorable que je m’y attendais !

Fornalutx_1

Fornalutx

Fornalutx_2

Fornalutx

Fornalutx_3

Fornalutx

Fornalutx_4

Fornalutx

  1. Manger dans des supers restaurants

Si on a préféré jouer la sécurité et profiter du buffet de l’hôtel le soir, on voulait quand même se faire plaisir le midi, et découvrir des endroits un peu typiques. Mon œil ayant été accroché par les belles devantures de Ses Salines, j’ai fait quelques recherches pour tomber sur le Cassai Grand Café and Restaurant, un bar restau à la décoration juste magique, avec petite cour intérieure, carte alléchante et prix plus que corrects… On n’a pas été déçu ! Un service impeccable, une ambiance ensoleillée et agréable à coup de playlist bien chillout, et bien sûr des plats délicieux, entre jambon serrano ultra fin, tartare de thon bien relevé et salade aux grosses gambas citronnées… Sans oublier le petit gâteau aux amandes, dessert typique de Mallorca ! Une adresse à conserver bien précieusement.

Cassai_Grand_Cafe_3

Cassai Grand Café and Restaurant

Cassai_Grand_Cafe_2

Cassai Grand Café and Restaurant

Cassai_Grand_Cafe_4

Cassai Grand Café and Restaurant

Cassai_Grand_Cafe_1

Cassai Grand Café and Restaurant

Cassai_Grand_Cafe_5

Cassai Grand Café and Restaurant

La seconde bonne surprise gastronomique, c’est au port de Soller que nous la trouvons. Après avoir arpenté toutes les terrasses en décortiquant les menus et en analysant d’un œil discret les assiettes des clients, nous décidons de tenter l’expérience Ca’n Quiros. On a eu du nez ! Que ce soit le gaspacho bien frais, les filets de dorade au feu de bois ou les pinxets d’une agréable finesse, tout nous ravi sur ce coin de port bercé par les bateaux qui clapotent.

  1. Faire du shopping à Palma

Ou déjà juste se balader dans les rues étroites et colorées, lever la tête vers les balcons et le linge qui sèche, profiter de l’ombre fraîche des maisons silencieuses. Palma est une grande ville, avec son centre historique tournant autour de sa magnifique cathédrale et faisant face au littoral. Une ville au folklore typiquement espagnol, avec des arbres feuillus, des pavés et des ruelles… Tout ce qu’on aime quoi !

En prime, on peut même aller faire un (ou plusieurs, soyons fous) tours à Zara, et ça, ça fait toujours plaisir.

Palma_4

Cathédrale de Palma

Palma_2

Cathédrale de Palma

Palma_1

Rue de Palma

Palma_3

Rue de Palma

Pour les plus intrépides (ou ceux qui n’ont jamais vraiment cessé d’avoir 18 ans dans leur tête), il y a aussi la possibilité de pousser une vingtaine de kilomètres plus loin, jusqu’à la débauche de Magaluf. Un front de mer plutôt agréable, un super Boardriders shop, mais surtout beaucoup de bars. Beaucoup beaucoup. Et des tatoueurs, des magasins de souvenirs vendant des merdouilles et des zizis en plastique, de quoi se payer une bonne tranche de rire gras et d’humour pipi caca bite avec ses vieux potes de fac (ou avec son amoureux-se, chacun son style…)

  1. Se faire arnaquer comme de vrais touristes

Certains diront que de vraies bonnes vacances ne sont pas de vraies bonnes vacances si on ne se fait pas avoir à un moment ou à un autre (ayant un jour douloureux payé 21€ une sangria sur les Ramblas de Barcelone, je sais de quoi je parle). C’est ainsi que tout naïvement, guidés par notre estomac aux abois et notre envie de tâter la couleur locale, nous prenons place sur une petite terrasse à la décoration vive. Ambiance place calme et ombragée, ardoise de tapas et mosaïques : c’est l’ES3 bar.

L’humeur de la serveuse (aussi gaie que si elle venait de se planter un clou dans le pied) aurait déjà dû nous alerter sur la qualité du boui boui. Pas découragés, nous commandons non pas trois, ni quatre mais cinq tapas à se partager. Que n’avions-nous pas fait là… Nous attendions des albondigas, nous avons de grosses boulettes indéchiffrables au savoureux goût cantine du collège. Les gambas à l’ail ? De vulgaires crevettes grisâtres à peine cuites baignant dans l’huile. Du jambon trop épais, une part de tortilla et du houmous pas pires mais pas exceptionnels non plus… Le tout pour la modique somme de… 45€ !

Si on ajoute à ça les cookies à 10€ de l’aéroport (ouch) et la sangria d’il y a trois ans, on obtient comme morale : NE JAMAIS ACHETER QUELQUE CHOSE SANS REGARDER LE PRIX AVANT. Voilà.

 

Bon, évidemment, c’est un peu cruel de terminer cet article sur une note aussi piquante (ahah le mauvais jeu de mot. Vous l’avez ?) parce que bon, Majorque c’est quand même super cool, et on a bien l’intention d’y retourner un jour pour terminer notre exploration. Et vous, ça vous tente ?

PS : pour les ignares comme nous, Benvinguts (ou Béé-vin-gu pour la dame du GPS) n’est pas une autre manière de dire “Bienvenue” en Allemand (on sait tous que c’est Willkommen, hein). Non, ça veut dire bienvenue en Catalan. De rien.

Humeur du jour – 5 –

Etre hype.

C’est ce que j’ai toujours voulu être. Une volonté tenace traversant les âges, évoluant avec les modes du moment. En primaire, c’était à celle qui savait faire le poirier contre le mur (j’ai jamais su le faire) et à celle qui se défendait le mieux à la Star Ac’ (oui, chacun ses références hein). Je me souviens d’un jour où on m’avait proposé de passer d’élève à professeur tellement j’avais bien révisé mes fiches de paroles Fan 2. La consécration ultime quoi.

Mais j’ai refusé. Trop de pression. Du coup, j’ai perdu tout intérêt aux yeux de mes acolytes, et je suis retournée fredonner Lorie et Tatoo avec mes fiches. Seule.

Au collège, c’était déjà autre chose. T’étais stylé si tu avais des bagues – sur les dents, pas aux doigts -, encore plus si tu mettais des élastiques de différentes couleurs (tout un paradoxe). A croire que plus tu affichais tes goûts de chiotte, plus tu montais en grade.
Il était aussi de bon ton d’avoir un portable évidemment, mais à clapet, parce que si comme moi tu te contentais d’un petit Samsung à clavier tout simple, ça faisait moins d’effet.

C’était encore pas trop ça, donc.

A 16 ans, c’est le lycée. Commence la lente ascension vers l’affirmation de soi, ce chemin tortueux jonché de déceptions amoureuses et d’alcool dépressif. Pour être hype, il faut fumer des clopes, histoire d’avoir une raison valable de trainer au coin du fumeur (je n’ai jamais caché mon dégoût pour la nicotine). Il faut aussi savoir draguer, et avoir un peu de style. Enfin non, du style tout court. Je reverrai toujours ma copine de l’époque s’horrifier : « mais tu ne peux pas mettre ces deux couleurs ensemble, ça ne va pas du tout quoi ».

Pour ma défense, je dirai que Cristina Cordula et les Reines du Shopping n’existaient pas à l’époque. Voilà.

Au sortir de cette scolarité jonchée de défis, on croit avoir laissé derrière soi cette course au cool. Mais que nenni ! Quand on est étudiant, c’est mieux de boire la bière, même si ça fait gonfler le ventre et faire beaucoup pipi. C’est sûr que quand tu commandes un verre de rouge ou un Martini à l’apéro, tu passes pour une meuf de trente ans qui s’assume pas (l’histoire de ma vie. Comme quand je dis que j’ai déjà quelque chose de prévu pour échapper à une soirée alors que je suis en pyjama dans mon lit à 20h57 en train de regarder How I Met Your Mother…)
C’est bien aussi de trainer dans des soirées électro, de finir très tard et très bourré, de vomir même des fois (et quand tu ne vomis pas, il faut savoir en faire une fierté). Mais tout ça est difficile quand tu aimes autant dormir que sortir. Voire même plus dormir que sortir. Là ça devient craignos.

Sauf qu’à partir de ce moment, c’est un peu l’âge adulte qui commence, et là bah… Tous les chemins sont permis. Tu peux être un jeune travailleur qui continue de vivre comme un étudiant, tu peux partir faire le tour du monde, tu peux être vieux avant l’âge, tout plaquer et devenir dresseur de chien, te marier et faire des enfants, ou avoir un plan cul différent tous les soirs, c’est open bar.

Mais au milieu de cette clairière aux mille sentiers (elle est belle hein ma métaphore !) demeurent des piliers du hype. Imager sa vie avec succès sur Insta, mettre des jeans troués, boire des jus, être veggie, voire même végan (soyons fous), se déplacer en vélo, faire du compost. Autant de choses que l’on fait plus pour soi que pour les autres (bon sauf peut-être Instagram), mais qui sont dans l’air du temps.

Moi par exemple, je fais du compost parce que je trouve ça bien. Du coup on peut dire que je suis dans l’air du temps, après 23 longues années d’attente. Qui aurait cru que je deviendrai hype en faisant pourrir des légumes dans un bac ?

Compost bin in the garden

Julien Doré & Nous à Lyon

S’il y a bien un concert que j’ai attendu, attendu (et il n’est jamais venu… ah ah), c’est celui de Julien Doré. Ce n’est pas faute d’avoir eu des occasions, il est quand même passé pas moins de trois fois à Lyon durant ces trois dernières années. Mais bon, il faut croire que les étoiles n’étaient pas alignées… Jusqu’à ce week-end.

ENFIN !

J’ai donc passé mon samedi soir en compagnie de ce beau et talentueux artiste, qui à mon sens est l’un des plus doués de la scène française actuelle (objectivité, quand tu nous tient). Et autant dire que je n’ai pas été déçue. Au delà de ses textes magnifiquement poétiques et de ses excellents musiciens, Julien Doré est un vrai show man. Qui l’aurait cru, lui qui apparaît si sensible, parfois si réservé !

Bon, je vous passerai les détails inutiles de la soirée, notamment ce moment où je suis en train de faire pipi et où les premières notes du concert démarrent (ils ont fait un peu de teasing durant les 15 minutes qui viennent de s’écouler, mais étant donné qu’il n’est 20h40, je pensais être large…). C’est bien la première fois que j’attends aussi peu entre une première partie et le concert !

Julien_Dore

Le spectacle s’ouvre donc sur Porto-Vecchio, se poursuit avec Le Lac, il y a des lumières colorées, les gens dansent, tapent dans leur main, c’est le bonheur quoi. A la troisième (ou peut-être quatrième) chanson, Julien décide de venir prendre la température par lui-même, et descend dans la foule, comme ça. A la sixième (ou peut-être septième) chanson, il tend son micro à une fillette, puis la fait monter sur la scène, pour qu’elle chante et danse avec lui. Entre ses chansons, il nous parle, nous présente ses musiciens, nous fait rire. Il change de tenue aussi, attache ses cheveux, puis les détache, nous parle de ses problèmes capillaires (nous les filles, on comprend…).

On est des milliers, dans cette grande salle, et pourtant on a l’impression d’être si peu, d’être si proche. C’est intime. D’ailleurs, il le dit lui-même : il a l’impression d’avoir vu chacun de nos visages. Tandis que nous, on s’est fait transporter à Beyrouth, à Winnipeg, à Eden… On s’est fait caresser par la douceur de ses mains courant sur son piano, par la profondeur de sa voix nous couvrant de jolis mots. On a chanté d’une seule voix le premier refrain de Paris-Seychelles, et c’était tellement beau que j’ai failli verser ma larme.

 

Une bien belle soirée en somme… Que je pourrais résumer ainsi :

Plus de 2 heures de concert

4 changements de tenues

3 classiques « Julieeeeeeeeen ! Epouse-moiiiiiiiiiiiiii ! »

1 pas trop distingué « A poiiiiiiiiiiiiiiil »

1 rigolo mais bizarre « Enlève ta culooooooootte ! »

1 slow avec un Panda (oui oui)

30 minutes d’applaudissements

 

De la magie. Tout simplement.

 

Séquence émotion : Lion

Après l’intense bonheur que m’a procuré le visionnage de La La Land et l’écoutage en boucle de sa BO pendant les quinze jours suivants, il fallait que je sois sûre de mon choix en retournant m’enfermer dans une salle obscure pour une nouvelle découverte cinématographique.
Quand on m’a parlé de Lion (et qu’on m’a vendu le concept copines/tapas/vin rouge/séance ciné), je me suis dit que ça valait le coup de tenter. Et je n’ai pas été déçue !

Ce qui fait la force et la beauté de ce film c’est avant tout son histoire, tout simplement parce qu’elle est vraie : partant de ce postulat, on ne peut que retenir son souffle à chaque minute.
L’histoire, c’est celle de Saroo, un petit indien de cinq ans qui veut faire comme son grand frère, en l’accompagnant partout où il va, même quand il travaille la nuit. Un jour, alors qu’il patiente dans une gare en attendant son retour, il part en exploration dans un train et s’y endort. Quand il se réveille, le train roule, et il est seul. Il ne pourra en descendre qu’à Calcutta. Réussissant à survivre dans cette ville immense et hostile, il se fait recueillir par un orphelinat et adopter par un couple d’Australiens. Mais 25 ans plus tard, sa véritable famille lui manque toujours : il décide alors de se lancer l’impossible défi de les retrouver.

Lion

Ce film est très fort. Ah je l’ai déjà dit ? Pardon. Mais c’est la vérité. Lion nous offre une plongée dans l’Inde des années 1980, dans tout ce qu’elle a de beau comme de difficile, de cruel. Les paysages sont aussi vastes et majestueux que les villes sont effrayantes, immenses, grouillantes. On imagine mal combien d’enfants y sont perdus, ignorés, malmenés, pris pour morts. Et ça fait réfléchir. A nos privilèges, à notre confort, à nos problèmes qui n’en sont pas vraiment. Parce que le destin de Saroo est incroyable, que sa survie est inespérée, et qu’on se rend bien compte que beaucoup d’autres comme lui n’ont pas cette chance.

Cette richesse d’émotions est joliment mise en scène à travers des plans contemplatifs, magnifiés par des airs de violon (ok dit comme ça, ça fait hyper nunuche, mais je vous jure qu’en vrai c’est pas le cas !) ou juste par le silence. Tout simplement.

Je vous le recommande donc chaudement, mais d’ici quelques mois sur votre canap’, car il n’est (presque) plus en salles…