#3 – Chroniques : Roman Etudiant France Culture – Télérama 2014

En Finir Avec Eddy Bellegueule d’ Edouard Louis

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Je dois l’avouer, j’ai commencé ce livre avec quelques a priori négatifs. Quand on me l’a présenté, j’étais plutôt séduite par l’histoire : le combat d’un jeune garçon contre le rejet des autres, l’acceptation de son homosexualité, sa fuite pour un avenir meilleur. Je ne sais pas à quoi je m’attendais. Quelque chose d’intime, d’émouvant ?

Mais d’autres l’ont lu avant moi, et, bien que j’aie soigneusement évité de prendre connaissance de leurs avis, j’ai quand même aperçu des “je suis mitigé”, des “je n’ai pas du tout aimé” ou encore des “je suis resté perplexe”.

Ma curiosité n’en a été que plus attisée. Je me demandais bien en quoi un tel “témoignage”, si l’on peut appeler ça comme ça, pouvait déplaire.

J’ai eu ma réponse.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté. Le style est plutôt agréable à lire, fluide, une fois de plus. On entre vite dans la vie du personnage, son univers. Mais c’est peut-être justement cet univers, qui m’a posé problème. L’histoire se déroule en province dans les années 90, et pourtant, certaines coutumes semblent archaïques. La vie décrite y est sordide, cruelle, sale. La violence, gratuite et omniprésente. Et si l’homosexualité du narrateur est au cœur de ses préoccupations et de ses souffrances, elle ne reste ici qu’un problème parmi d’autres. Parce qu’il y a aussi le racisme, la pauvreté, la déscolarisation, le manque d’éducation…

Beaucoup disent que c’est un livre sociologique. C’est aussi le sentiment que j’ai eu. Mais il est bondé de clichés qui donnent l’impression que tout a été amplifié, exagéré. Et avoir cette impression me contrarie, car elle me fait me poser une question : est-ce parce que c’est une réalité dérangeante que je préfère croire que l’auteur en a rajouté ?

Je suis perplexe.

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6 thoughts on “#3 – Chroniques : Roman Etudiant France Culture – Télérama 2014

      • Très peu de tolérance de ma part, il est vrai, et je te demande de m’excuser. Tu y as surement passé du temps, et en soi, l’intention me semble plutôt bonne.
        Seulement, si je me permets, fais attention aux mots que tu utilises. Par exemple (et c’est, je trouve, assez représentatif de tes textes), la réponse à la question de savoir si un bouquin est sociologique ou non ne peut être issue d’un sentiment, mais plutôt d’une pensée. Et c’est cette pensée que tu devrais essayer de nous faire partager.
        Fabien.

  1. C’est vrai que j’accorde beaucoup de place aux impressions et aux sentiments dans ce que j’écris. La plupart du temps, ça ne pose pas de problèmes, puisque les sujets s’y prêtent plutôt bien. J’avoue que pour ce livre, j’ai eu plus de mal à décrire mon impression, car les enjeux m’ont paru, disons, plus “importants” que d’habitude.
    Et peut-être que du coup cela fait que mon avis peut apparaitre un peu léger ou imprécis.
    Je tâcherai d’y faire plus attention.

  2. En fait si tu veux tout savoir, ce que je te reproche (encore une fois, si je peux me permettre, c’est ce que je pense. Après qui je suis pour donner des conseils ? Personne.) c’est que ton site ressemble à un “journal intime journalistique”.
    “Journal intime” dans le sens où t’écris tes impressions comme tu dis (ça n’est pas le côté dérangent, t’es allée te balader dans la forêt, tu le fais partager, c’est cool. C’est d’ailleurs ton texte le plus intéressant, même si la première phrase est complètement sophistique car l’esprit ne se tourne pas vers la nature quand il atteint ses limites, bien au contraire).
    “Journalistique” dans le sens où t’écris des choses sur lesquelles tu sembles y connaître absolument rien (“Pour tout ça, et parce que le réalisateur à même réussi à traduire des pensées rien que par l’image, ça vaut le détour.” Pour un film ayant obtenu la palme d’or à Cannes à l’unanimité, je trouve ça normal que le réalisateur réussisse à faire ce dont suppose le “7ème” art : des pensées par l’image.) le tout en utilisant des tournures de phrases codifiées comme si t’écrivais la voix off d’enquête exclusive sur des sujets où y a pourtant ni flics, ni banlieue : “Ci-présenté L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle. Eloge.”
    Mais comme je l’ai dit l’intention est bonne, et si je m’emmerde à écrire un commentaire de cette longueur c’est pas parce que t’écris quelque chose totalement dénué d’intérêt, sinon ça ferait longtemps que j’aurais cliqué sur la petit croix en haut à droite de mon écran.
    Cdt.
    Fab.

    • Et bah dis donc, que d’énergie déployée pour un simple “journal intime journalistique” ! (Qui, je le rappelle, est un peu le principe premier d’un blog). J’aurais pu apprécier ton commentaire s’il avait été jalonné de bons conseils. Au lieu de ça, je te trouve bien cynique, voire un peu méprisant à l’égard de mes articles, qui n’ont en effet jamais eu d’autre prétention que de faire partager une opinion ou un ressenti.
      Par ailleurs, je trouve que tu parles comme si tu détenais la vérité sur “la bonne façon d’écrire”… ou de penser. Tu dois avoir de sacrées qualifications pour être aussi sur de toi… A moins que ce ne soit de la frustration ?
      Encore une fois, je revendique l’aspect subjectif de ce blog, et comprends donc qu’il ne fasse pas l’unanimité.
      Tu m’as donné ton avis, je ne t’en veux pas, mais tu gagnerais sans doute à l’exprimer avec moins de condescendance 😉

      Marie.

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