Humeur du jour – 5 –

Etre hype.

C’est ce que j’ai toujours voulu être. Une volonté tenace traversant les âges, évoluant avec les modes du moment. En primaire, c’était à celle qui savait faire le poirier contre le mur (j’ai jamais su le faire) et à celle qui se défendait le mieux à la Star Ac’ (oui, chacun ses références hein). Je me souviens d’un jour où on m’avait proposé de passer d’élève à professeur tellement j’avais bien révisé mes fiches de paroles Fan 2. La consécration ultime quoi.

Mais j’ai refusé. Trop de pression. Du coup, j’ai perdu tout intérêt aux yeux de mes acolytes, et je suis retournée fredonner Lorie et Tatoo avec mes fiches. Seule.

Au collège, c’était déjà autre chose. T’étais stylé si tu avais des bagues – sur les dents, pas aux doigts -, encore plus si tu mettais des élastiques de différentes couleurs (tout un paradoxe). A croire que plus tu affichais tes goûts de chiotte, plus tu montais en grade.
Il était aussi de bon ton d’avoir un portable évidemment, mais à clapet, parce que si comme moi tu te contentais d’un petit Samsung à clavier tout simple, ça faisait moins d’effet.

C’était encore pas trop ça, donc.

A 16 ans, c’est le lycée. Commence la lente ascension vers l’affirmation de soi, ce chemin tortueux jonché de déceptions amoureuses et d’alcool dépressif. Pour être hype, il faut fumer des clopes, histoire d’avoir une raison valable de trainer au coin du fumeur (je n’ai jamais caché mon dégoût pour la nicotine). Il faut aussi savoir draguer, et avoir un peu de style. Enfin non, du style tout court. Je reverrai toujours ma copine de l’époque s’horrifier : « mais tu ne peux pas mettre ces deux couleurs ensemble, ça ne va pas du tout quoi ».

Pour ma défense, je dirai que Cristina Cordula et les Reines du Shopping n’existaient pas à l’époque. Voilà.

Au sortir de cette scolarité jonchée de défis, on croit avoir laissé derrière soi cette course au cool. Mais que nenni ! Quand on est étudiant, c’est mieux de boire la bière, même si ça fait gonfler le ventre et faire beaucoup pipi. C’est sûr que quand tu commandes un verre de rouge ou un Martini à l’apéro, tu passes pour une meuf de trente ans qui s’assume pas (l’histoire de ma vie. Comme quand je dis que j’ai déjà quelque chose de prévu pour échapper à une soirée alors que je suis en pyjama dans mon lit à 20h57 en train de regarder How I Met Your Mother…)
C’est bien aussi de trainer dans des soirées électro, de finir très tard et très bourré, de vomir même des fois (et quand tu ne vomis pas, il faut savoir en faire une fierté). Mais tout ça est difficile quand tu aimes autant dormir que sortir. Voire même plus dormir que sortir. Là ça devient craignos.

Sauf qu’à partir de ce moment, c’est un peu l’âge adulte qui commence, et là bah… Tous les chemins sont permis. Tu peux être un jeune travailleur qui continue de vivre comme un étudiant, tu peux partir faire le tour du monde, tu peux être vieux avant l’âge, tout plaquer et devenir dresseur de chien, te marier et faire des enfants, ou avoir un plan cul différent tous les soirs, c’est open bar.

Mais au milieu de cette clairière aux mille sentiers (elle est belle hein ma métaphore !) demeurent des piliers du hype. Imager sa vie avec succès sur Insta, mettre des jeans troués, boire des jus, être veggie, voire même végan (soyons fous), se déplacer en vélo, faire du compost. Autant de choses que l’on fait plus pour soi que pour les autres (bon sauf peut-être Instagram), mais qui sont dans l’air du temps.

Moi par exemple, je fais du compost parce que je trouve ça bien. Du coup on peut dire que je suis dans l’air du temps, après 23 longues années d’attente. Qui aurait cru que je deviendrai hype en faisant pourrir des légumes dans un bac ?

Compost bin in the garden

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On rallume la lumière

Il semblerait que le rythme s’essouffle par ici.
C’est que le temps passe vite, en fait. On ne sait pas trop comment, mais un matin on se réveille et on est déjà au mois de mars. Comme ça.
Que s’est-il passé ces dernières semaines ? Qu’ai-je bien pu faire (de mieux ?) que de réfléchir à de nouveaux sujets d’articles ? Je parie que ça fait longtemps que vous n’êtes pas venu perdre trois minutes de votre temps sur cette page.

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Promis je vais reprendre les choses en main. Il y a tant de choses dont je n’ai pas encore parlé.
Par exemple, mon amour pour James Blake. Florence + The Machine qui va sortir un nouvel album. Je dois bien avoir quelques photos qui trainent quelques part aussi. Je ferai peut-être même l’effort de regarder un film. Juste pour vous.

A très vite.

Humeur du jour – 3 –

Il est des fois comme ça où, affalé(e) sur ton canapé, tu erres sur Facebook avec tasse de spécial K et plaque de chocolat à portée de main. Une bonne soirée, quoi. Et puis soudain, ton regard se pose sur le vase de l’étagère, un peu distraitement.

O effroi.

Est-ce bien là une araignée que tu distingues tapie dans le fond ? Tu décides d’en avoir le cœur net. Tu te mets donc debout sur les coussins, levant un peu le menton, en gardant bien entendu la primordiale distance de sécurité de 2m50. On ne sait jamais, hein.

C’est bien ce que tu pensais. Très embêté(e), tu te rassois en grommelant. Premier réflexe : envoyer un sms à Maman. “AAAARGH il y a une araignée dans mon vase putain !”

Tu reprends ensuite tes activités, comme si de rien n’était. Mais tout a changé. A intervalle régulier de douze secondes, tes yeux dérivent vers le vase, pour vérifier que rien n’a bougé. Car oui, tu ne sais toujours pas si elle vivant ou morte. Et son ombre pointue est super menaçante.

Entre temps Maman t’as répondu en se moquant de toi, et te suggère tout simplement de vider le vase par la fenêtre. Ta meilleure pote, elle, te suggère de remplir le vase pour la noyer (oui, tu lui as fait part de ton expérience traumatisante. Elle a compati).

A la place, tu vas prendre ta douche.

Quand tu reviens, la bête est toujours là. Confiant(e), tu te dis qu’elle est probablement morte. Le meilleur moyen pour le savoir, c’est d’attendre demain matin. Tu vas te coucher.

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Surprise ! Le lendemain, elle n’a pas bougé. Là franchement, c’est obligé, elle est dead. Tu hésites même à envoyer un snapchat à tes potes pour leur demander leur avis.

Tant qu’à faire, tu te dis que tu vas peut-être la garder. L’appeler Mireille. En faire ton animal de compagnie empaillé. C’est plus exotique qu’un poisson rouge, et ça pue moins qu’un chat. Aller, vendu.

Humeur du jour – 2 –

Ca y est ! Je suis enfin en vacances. Bientôt Noël. Adieu réveil et responsabilités, bonjour crise de foie et kilos en trop. Que du bonheur.

Qui dit vacances dit temps libre à foison, et donc, un peu par extension, temps à perdre. C’est donc tout naturellement que, ne trouvant pas de covoiturage à ma convenance, j’ai décidé de prendre le train pour rentrer. 3h30 de voyage en TER, une broutille.

Ce n’est que quand ma voisine de siège a sorti son tupperware de céléri rémoulade que j’ai commencé à regretter mon choix. Les effluves de mayonnaise par 25° dans un wagon bondé, c’est pas très glamour. Et puis bon, c’est pas comme si ensuite elle avait enchainé sur un quart de rouge et du comté tout luisant.

Oui, il est des fois comme ça où l’humanité t’apparaît terriblement détestable. Genre, vraiment.

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Heureusement, j’avais la meilleure des perspectives pour tenir moralement : les fenêtres du calendrier de l’avent que je n’ai pas pu ouvrir ces quatre derniers jours… Quatre chocolats d’un coup, méga festin quoi.

Maintenant, il ne me reste plus qu’à travailler un peu l’élasticité de la peau du ventre pour accueillir comme il se doit les bourrelets de Noël.

Trop hâte.

14 ans, encore.

Bon dieu mais que m’arrive-t-il ? Réminiscence subite en ce vendredi pré-commémoratif, j’ai soudain eu envie de retrouver ma bonne vieille playlist “Summer ’08”. Bien évidemment, elle n’existe plus depuis longtemps, mais qu’à cela ne tienne, je la refais, j’ai pas peur.
Puis, toute émoustillée que je suis, je clique sur play et là pouf ! me revoilà cinq ans en arrière.

Mais quelle folie, on a pas idée de faire des choses pareilles.

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A cette époque, tu n’as pas encore saisi le sens des mots “style” et “assortir”, c’est pourquoi dans ta garde robe rien ne va avec rien. Mais ce n’est pas grave, pour toi ne comptent que tes fringues préférées – un sweat camel et turquoise, des Rockets Dogs marron à pin’s dorés – et tant que tu les as sur le dos, tu te sens trop puissante. Donc peu importe si tu les porte avec un pantacourt en jean et une chemise kaki à fleurs rose fushia.

A cette époque, ton Samsung semi tactile est rose – édition limitée Rip Curl –, et tu as mis plein de musiques trop cool dessus pour pouvoir les écouter avec tes potes en glandant sur une table de pique-nique. C’est à celui qui aura le plus de Dub Inc, Sizzla et autre Damian Marley, parce que c’est peaaace.

A cette époque, regarder les mecs faire du skate au skate park, avoir la permission de minuit et galérer avec le train pour aller en ville lorgner sur les portes monnaie Billabong pour la 5e semaine consécutive, c’est la vie rêvée. Mieux, comme tu es un peu fofolle, tu bois du Redbull et crapote des Marlboro. Et ouais, t’es un peu une délinqu’.

A cette époque toujours, tu vois Requiem For A Dream pour la première fois, et ça devient ton film préféré (même si tu n’arrives pas à le prononcer correctement). Tellement préféré que direct tu mets Purple in the morning, blue in the afternoon, orange in the evening en pseudo MSN, parce que tu es quelqu’un de mélancolique, de torturé et bien évidemment, de très original.

A cette époque enfin, ta meilleure amie c’est trop ta sœur, et le mec que t’aime en secret, c’est au moins ton âme sœur (voir plus). Même si tu lui as jamais dit autre chose qu’un “salut” tout rouge et tremblotant.

J’ai bien aimé avoir quatorze encore une fois cet après-midi. Mais juste cet après-midi. Car cette période, quand on y repense, c’est un peu une longue traversée du désert. Heureusement sur le coup on ne le sait pas, on se contente juste de coller ses tickets de ciné dans son journal en mettant plein de cœurs à côté, et de pleurer en écoutant exprès des chansons tristes sur son Ipod. Et puis on est moche. Mais on a la belle vie, il faut l’avouer.

Pour la dernière fois… Rastafaride !

Shaggy ft Sizzla & Collie Buddz – Mad Mad World

Humeur du jour – 1 –

Tu es assise à la table de ta cuisine, une plaque de chocolat au lait entamée à portée de doigt, et tu te demande si ton plombier va te poser un lapin pour la sixième fois consécutive. Au delà du fait que c’est énervant parce que tu bloques des après-midi exprès pour lui, tu commences à être un peu en colère parce que tu n’as toujours pas de chauffage.

Mais ce n’est qu’un détail. Ce n’est pas comme si on était en novembre et qu’il pleuvait et qu’ils annonçaient 8° toute la semaine.

Pour te consoler, tu as le choix entre apprendre tes fiches d’économie internationale pour ton semi-partiel de demain, ou commencer tes fiches de Gestion des Ressources Humaines pour ton semi-partiel de la semaine prochaine. Une malheureuse association d’idées te fait penser que semi-partiel = semi-important, du coup, tu optes pour Breaking Bad. Tu as quand même quatre saisons de retard. Et ça c’est vraiment inacceptable.

Malgré tout, tu te sens quand même un peu coupable d’accumuler autant de flemme en toi, c’est pourquoi tu te mets à lister mentalement toutes les choses que tu as à faire cette semaine. Rien ne te vient précisément, mais tu as quand même ce sentiment désagréable d’être débordée. C’est terrible.

En plus il fait à moitié nuit et tu as super froid, tu décides de te faire un thé. Puis tu reprends un carré de chocolat en pensant au cours de Zumba que tu as séché pour venir attendre un plombier qui fait le mort. Tu te dis que pour une fois que tu étais motivée… La vie est injuste. Vivement Noël.

Puis on sonne à ta porte d’entrée. C’était tellement inespéré que tu vas ouvrir en sautillant, et toute ta colère s’évapore dans le bonjour le plus souriant et enjoué que tu n’aies jamais dit. Finalement tu aimes ton plombier. Ca te donne envie d’écouter Beautiful Day de U2.

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