La La Land, ou l’émerveillement à l’état pur

Je dois vous avouer quelque chose. Je sors de La La Land. Et la seule chose que j’ai envie de dire, c’est qu’il m’a rarement été donné de voir un film qui rend aussi heureux.

Je pourrais m’arrêter là, car cette phrase résume parfaitement l’état de béatitude qui a pris possession de mon corps depuis que je suis rentrée chez moi. Mais je vais quand même faire l’effort de vous expliquer brièvement pourquoi, si bien sûr je trouve par quoi commencer…

La beauté des acteurs ? Une Emma Stone rayonnante et un Ryan Gosling touchant (je ne vais pas dire charmant parce que c’est un adjectif bien trop commun pour le décrire) crèvent l’écran par leur grâce et leur simplicité. Ils nous offrent un ballet d’une sensibilité magistrale, qu’on ne lâche pas des yeux deux heures durant.

La musique ? C’est peu dire. Les thèmes enjoués qui font taper du pied et qui donnent des frissons tant leur mise en scène est juste se mêlent aux mélodies émouvantes que l’on fredonne malgré soi, et la bande originale est déjà un classique qu’il faut ajouter sans plus attendre à sa bibliothèque musicale. (C’est déjà fait pour moi, soit dit en passant !)

La photo ? Damien Chazelle a su bien s’entourer et créer un univers féérique, jouant avec les couleurs comme personne. Lumière, peinture, décors, vêtements, ciel… Rien n’est laissé au hasard, chaque tableau reflétant une ambiance particulière, toujours un peu acidulée, pétillante, gaie. C’est un Los Angeles pop et infiniment romantique qui y est dépeint, de quoi faire rêver !

Je pourrais aussi vous parler des chorégraphies, éblouissantes de fluidité et de technique (on peut souligner l’abnégation des acteurs qui ont passé de longues heures à apprendre la maitrise du piano et des claquettes), des costumes apportant une touche vintage délicieuse dans cet hommage résolument moderne aux grands classiques du genre – le réalisateur s’étant inspiré de l’univers de Jacques Demy et ses Parapluies de Cherbourg.

L’histoire, enfin. Celle d’une rencontre, comme on aime en voir, comme on aime en vivre, que l’on aime aimer. Racontée avec délicatesse et poésie, c’est une histoire qui fait sourire, qui fait rire aussi, qui remplit d’espoir. La La Land donne envie de vivre ses rêves, de mettre un peu de légèreté partout… Et surtout d’apprendre à danser ! (et aussi un peu de refaire sa garde-robe pour devenir aussi classe que Mia et Sebastian).

Ah ! Qu’est-ce que j’ai aimé ce film. Je ne le dirais jamais assez. C’est sublime. Juste sublime.

lalaland

 

BO – La La Land

Advertisements

L’hiver et le jour qui meurt

Beaucoup de froid, un peu d’errance, de la beauté.
On croit toujours qu’il faut partir loin pour s’émerveiller.

Mais parfois il suffit juste de savoir regarder au bon endroit.

 

mur_darbresServoz – France

 

branche_enneigeeServoz – France

 

ruches_1Petites ruches.
Servoz – France

 

ruches_2Petites ruches.
Servoz – France

 

ruches_3Petites ruches.
Servoz – France

 

branches_gelees_1Servoz – France

 

branches_gelees_2Servoz – France

 

branches_gelees_3Le froid tel un bijou.

Servoz – France

 

riviere_brumeuseServoz – France

 

sapins_etoile_polaireServoz – France

 

chapelleNotre Dame du Lac.

Servoz – France

 

 

Je caresse ton absence
La montagne et l’errance
Et puis l’ennui
La rivière te ressemble
Au moins en apparence
Pourtant tu fuis

 

Travel Report #7 : Norvège (et Copenhague / Part 2)

Jour 7 : Geiranger
Après une petite soirée lecture et une nuit pas trop froide, nous nous éveillons avec le brouuufff brouuufff brouuufff de la cascade. Un petit déjeuner plus tard, nous nous payons le luxe de faire la vaisselle dans un vrai évier, avec de l’eau chaude, de la place et tout et tout. Le genre de petits plaisirs du quotidien qu’on a tendance à oublier, voire même à taxer de corvée.
Faites donc la vaisselle dans 25 cm2 avec un filet d’eau froide pendant une semaine, et on en reparle, hein.

Nous partons ensuite à l’assaut de Geiranger, sous un temps plus que maussade. Le village est minuscule, mais il y a une petite rue adorable et … il y a des cafés ! OMG je suis dans un état d’extase avancé. Cependant, avant d’aller nous prélasser devant une grosse boisson chaude, nous décidons – une fois encore – de faire nos touristes moyens, et de faire le tour des boutiques de souvenirs.

47 minutes plus tard (au bas mot) nous en ressortons avec : des cartes postales (au bout du 7e jour, il serait temps), des verres à shooters, des autocollants, des caleçons avec des petits rennes dessus (oui oui), une nouvelle coque d’Iphone avec des petits rennes dessus (oui, encore), un set de balles de golf, deux petits porte-manteaux en forme de rennes (… no comment) et une belle photo de nous avec des casques de Vikings.

Papa, maman, estimez-vous heureux d’avoir échappé aux trolls !

Bon, par contre, une micro balade sur le port et quelques recherches internet nous apprennent que les belles cascades du fjord ne sont en fait accessibles que par bateau. Les prix étant évidemment prohibitifs, nous pouvons donc royalement nous asseoir dessus. Shit. Quoi de mieux pour se consoler… Qu’un petit caffe latte dans un gros fauteuil ? Je vous le demande.

Le programme se poursuit par une petite découverte des environs, jusqu’au point de vue d’Ørnesvinger (accessible par la route, rassurez-vous). Bon, nous qui pensions pouvoir apercevoir un bout de cascade, c’est raté. Roh.

jour6_point_de_vue_geiranger

Geiranger Fjord

On file ensuite au Norsk Fjordsenter, un grand centre d’étude des fjords qui fait aussi musée, cafet’ et surement tout un tas d’autres trucs (mais je ne peux pas vous dire quoi parce qu’on ne l’a pas visité…). Le bâtiment est très beau, moderne à la scandinave quoi, et il y a une passerelle qui permet de voir des cascades de près, c’est sympa. On en a profité pour regarder une carte topographique du coin affichée sur un grand panneau, pour trouver le point de départ d’une petite balade que l’on avait repéré.

Direction : la ferme de Westerås (ET NON PAS WESTEROS, T’INQUIÈTE J’Y AI PENSÉ AUSSI mais non)
De cette petite ferme, qui manifestement peut accueillir du public pour dormir, partent une multitude de chemins permettant d’accéder à différentes cascades. Nous choisissons de monter à Storseterfossen, une impressionnante cascade sous laquelle on peut passer. Génial non ?
Slalomant entre les crottes de biques dans une piste 4×4 bien raide, nous arrivons rapidement sur un sentier préparé en large pierres plates, façons escaliers. Décidemment les norvégiens, ils font ça bien ! La montée fait 2km, autant dire qu’on engloutit ça rapido presto. Et puis accessoirement il commence à pleuvoir, donc on sort les k-way, et on se bouge !

Arrivés en haut, nous contemplons un grand plateau habillé de belles couleurs automnales, une large rivière arrivant tout droit des hauteurs. Franchement parfait pour pique-niquer en plein été. Hm.
Pour descendre à la cascade, nous suivons un petit bout de chemin tout étroit, à flanc de rocher, équipé d’une chaine sur l’extérieur pour pouvoir se tenir et éventuellement éviter de cubeller dans le vide et mourir dans d’atroces souffrances. Nice !
Plus on avance, et plus le chemin se rétrécit : à la fin, on se retrouve plié en deux pour passer sous la roche et accéder à la petite cavité derrière l’eau ! Du coup, on peut dire que c’est une chouette balade, et que l’effet est assez sympa, voire bien impressionnant.

img_3203

Storseterfossen

La suite de l’après-midi revêt légèrement moins d’intérêt, sauf si vous aimez les histoires qui parlent de gens qui lisent un livre allongés sous un plaid en polaire, ou de ceux qui écrivent des cartes postales en buvant une tisane. #PapyMamieSontDansLaPlace

 

Jour 8 : Geiranger – Lillehammer
Si le ciel était d’un noir puissamment étoilé la veille au soir, la nuit qui s’en est suivie était d’un froid assez intense elle aussi. Faut dire que le toit relevable du van n’est fait que de toile, donc c’est un peu comme si on dormait en tente quoi.

Après notre petite journée détente et repos, il nous faut packer et repartir sur la route, direction Lillehammer. Nous avons fait la moitié de l’itinéraire, il est maintenant temps de redescendre vers le Danemark. Nous reprenons la route de Trollstigen, mais à la montée cette fois, ce qui nous offre un autre point de vue, tout aussi splendide qu’à l’allée.

On décide d’ailleurs, puisqu’on repasse devant, de monter jusqu’à Dalsnibba, même si c’est 15nok pour passer. OSEF. C’était une excellente idée, car le point de vue sur la route est hyper impressionnant, tout comme le point de vue sur le glacier, qui parait gigantesque d’ici. Une sacrée jouissance photographique. Bon par contre les 5° par jesaispascombien de kilomètres heure de vent, c’est vachement vachement moins sympa. Autant dire qu’on n’a pas traîné nos guêtres là-haut très longtemps.

La suite de la route ne sera qu’émerveillement. En plein cœur des parcs nationaux entourant Geiranger se dévoile une nature brute peinte de couleurs puissantes – des herbes brun et brique, une rivière bleu glacier, des arbres vert profond. Là voilà enfin, la Norvège telle qu’on l’avait imaginée. Sans aucun doute l’une des plus belles régions que l’on ait traversée, voire presque ma préférée !

On traverse le petit village de Fossberg – Lom, qui donne très envie d’y rester flâner, de boire des chocolats chauds en regardant la neige tomber dehors… La meuf s’y voit déjà quoi.

jour7_eglise_lom_route_geiranger_lillehammer

Eglise en bois debout de Fossberg – Lom

La route jusqu’à Lillehammer est assez longue. De montagneuse, on revient tout petit à petit vers une région de nouveau plus agricole, en apercevant de sacrément belles propriétés. Chacune a son portail entouré de deux gros troncs peints ou sculptés. Certaines ont même une sorte de petit clocher sur le toit… Etonnant !
La température quant elle remonte… bah elle remonte pas en fait. On stagne à 8°, alors qu’on a quitté les hauts reliefs il y a un bon moment… Je sens qu’on va se cailler ce soir.

Nous arrivons à Lillehammer vers 16h30. Le temps de se tromper de route et de faire un bon détour pour revenir vers le centre, nous atterrissons dans un parking souterrain… sans barrière. Une machine semble servir de système de paiement, mais ses obscures explications tout en norvégien nous amènent à la conclusion qu’on stationnera gratos. Un peu concon les touristes des fois hein.

Moi qui étais ravie de visiter une autre “grande” ville, je suis un peu désolée de débarquer dans la jolie rue principale qui se trouve être désespérément vide. Hormis le supermarché Kiwi (#deuxiememaison) et un restau au bout de la rue, les boutiques sont toutes fermées. Je suis en passe de développer un Où sont les norvégiens ? librement inspiré de Où est Charlie ?. Je sens qu’il y a du potentiel.

Frustrée mais pas découragée, je propose que nous allions à l’autre extrémité de la rue, voir ce qui s’y passe (de loin, rien, mais bon). Au moins, nous n’aurons pas de regret. Et puis je n’ai pas lâché le morceau : il est pas encore 17h, je ne veux pas aller me poser maintenant. Je veux boire un peu petit thé avant. Oui, je suis reloue.

Prêts à aller squatter les tables d’un petit bar à soupe moderne et joli (mais qui a fortement l’air d’être en train de plier boutique), chéri repère une petite devanture « croquignolette » comme dit le Routard, et BINGO BINGO BINGO le café est ouvert. Et puis alors, quel café !
J’ai nommé l’Atelier Kakao, un grand salon de thé / concept store (mais plus salon de thé que concept store), en mode carreaux de ciment, grandes tables en bois épais, couleurs douces, petites fleurs des champs sur les tables… OMG comme j’aime la Scandinavie [smiley cœur dans les yeux]
Et puis le chai latte y est absolument exquis.

On se prélasse un bon moment devant nos boissons chaudes, avant de monter se cacher quelques kilomètres au-dessus de la ville, derrière le tremplin de saut. Je sens que je vais adorer ce parking désert entouré de forêt cette nuit !
[Je ne mentionnerai pas le moment où, à 9 secondes près, je me faisais prendre en flagrant délit de pipi derrière un arbre par deux inconnus qui cherchaient leur chemin. #larchouma]

 

Jour 9 : Lillehammer – Åsa
Nous qui voulions voir des élans, on a dû se contenter de gros moutons odorants et d’oiseaux aux piaillements assez terrifiants (en tout cas quand t’es dans ton toit de van emmitouflé dans ton duvet et que t’entends ces affreux cris glougloutants bizarres, c’est pas ultra ultra rassurant). Disons que pour un réveil matin, c’est gé-nial.

Aujourd’hui, nous quittons donc officiellement la Norvège. Déjà ?! Eh oui. Bon, vous vous avez surement l’impression que ça fait mille ans qu’on y est vu le temps que vous avez perdu à lire tout ce galimatias, mais en vrai je vous jure que c’est passé très vite.

Nous redescendons de notre colline pour poursuivre la route le long d’une large rivière, dont les abords sont piquetés de jolies fermes et de forêts…. Jusqu’à ce qu’on bifurque sur une autoroute. La première du voyage dit ! Bon du coup, bye bye la Norvège traditionnelle, hello les IKEA tous les 75 bornes. On passe les abords d’Oslo qui sont franchement pas jojo, achetons des cafés et des kanelbullar à la pistache un peu secos pour liquider nos couronnes norvégiennes (mais bizarrement ils nous en reste encore) et finissons par passer en Suède. Sacrée frontière ! Pas âme qui vive, pas un bâtiment de douane, juste un panneau « Toll ». Ok merci !

Si on trouvait la Norvège plutôt sauvage, nos premières minutes en Suède donnent le ton. Des sapins sombres à perte de vue, des criques ponctuées de maisonnettes rouges, dont les rochers déchirés baignent dans l’eau argentée… Encore plus pittoresque.
Malheureusement le concept de l’autoroute gâche un peu le plaisir, parce que de 1 on roule vite, et de 2, on ne passe pas nécessairement par les plus jolis endroits. N’ayons pas de regret, il n’existe pas de petite route longeant la côte du nord au sud par laquelle on pourrait perdre 3h38 de notre temps en roulant à 70km/h.

L’étape d’aujourd’hui ne revêt donc pas un immense intérêt, si ce n’est pour le spot que l’on a repéré en bord de mer. Les quelques kilomètres de route pour rejoindre le village d’Åsa nous font renouer avec nos premières amoures (= de la campagne), mais arrivés là bas, le GPS nous fait défaut. On se perd donc dans les méandres d’une étroite route résidentielle, qui a le mérite d’être absolument charmante avec sa bordure d’arbres touffus et roux (parce que c’est l’automne, au cas où je ne l’ai pas assez répété).

Sur ce coup, merci l’Iphone, qui nous a permis de choisir la gauche plutôt que la droite à l’intersection, et ainsi d’atterrir pile poil sur le parking ensablé d’un petit port, face à la mer. Celui que nous cherchions.

Jour 10 : Åsa – Lund – Copenhague
Sans nul doute le meilleur spot du voyage. Soirée pêche aux crabes / safari photos / lecture, seuls au monde face à un coucher de soleil dément. Il n’y a bien qu’en van qu’on pouvait vivre de telles choses… Avant de partir vers notre dernière (et pas des moindres !) étape du voyage, nous nous octroyons le plaisir d’un petit brunch. Un vrai exercice de style que de faire cuire le bacon sur un gaz cook dehors dans le vent ! Mais on a réussi. Et on a kiffé.

Avant de repartir, nous faisons un petit crochet par le Tjolöholms Slott, un petit château (ou gros hôtel particulier) style néo-Tudor (pour ceux à qui ça parle), posé dans une grande propriété, agrémenté d’un beau jardin. +1 pour la vue sur la mer. D’ailleurs je viens d’apprendre sur Wikipédia que Lars Von Trier y a tourné des scènes de son film Melancholia. Voilà.

dsc_0652

Tjolöholms Slott

Bon par contre on n’a pas pu prendre de vraie douche depuis notre départ de Geiranger, et les lingettes commencent à épuiser leur ressource cache-misère. On se met donc en quête de petites structures publiques, comme celles qui nous ont sauvé les fesses en Norvège, mais on fait chou blanc. CHOU BLANC.

Nous roulons plutôt à bonne allure (forcément, sur l’autoroute) et arrivons à Lund en début d’après-midi. Lund, c’est une petite ville étudiante non loin de Malmö, mais qui, selon le Routard, est beaucoup sympa, avec ses petites rues pavées et… Non bah pas la peine d’en dire plus, si y’a des rues pavées mignonnes, je fonce.

Comme y’a des travaux, on se perd. Et puis va faire demi-tour dans des rues étroites et piétonnes avec un van. Par chance, les suédois sont aussi chelous que les norvégiens avec leurs parkings souterrains sans barrière, on finit donc par pouvoir se garer sans encombre, et par chance assez proche du centre-ville.

Pas de doute sur le fait que Lund est une ville étudiante. Je dirais même un lycée à ciel ouvert, tant nous croisons de jeunes (je ne vais pas rajouter « boutonneux », n’étant moi-même pas totalement débarrassée de cet épineux problème propre aux adolescents).
Il y a aussi une jolie cathédrale, quelques bâtiments historiques, et des petites rues piétonnes remplies de belles boutiques et de petits cafés qui font briller mes petits yeux d’envie. J’ai déjà dit que j’aimais la Scandinavie ?

On ne s’attardera pas l’aprèm entière, je ne vais pas forcer chéri à poser ses fesses dans un énième salon de thé (d’autant qu’on va passer les deux prochains jours à Copenhague, donc bon, vous imaginez ce qu’il va endurer…). Mais j’ai quand même réussi à le traîner dans pas moins de trois magasins de déco ! C’est ce qui s’appelle être de bonne composition…

Il est maintenant temps pour nous de traverser le fameux pont de l’Øresund, et retrouver le Danemark que nous n’avions fait que traverser à l’allée. A nous Copenhague ! Ce n’était pas vraiment prévu à la base, mais comme il est encore tôt, nous allons pouvoir dormir en périphérie de la ville.
Nous échouons le long d’une large promenade en front de mer, où se côtoient skateurs, kite surfeurs et passants venus manger une grosse glace au soleil. D’ailleurs en parlant de grosse glace… Coucou le petit food truck posé le long de la plage ! Nous nous baladons un peu, puis décidons de changer d’endroit : il y a des nuées de petits moucherons partout autour des arbres, et c’est passablement désagréable.

Nous passerons donc la nuit sur un autre petit parking, coincé entre un bout de port assez mignon et un long parc qui se trouve être le lieu de RDV des promeneurs de chiens. Bon, on aura aussi droit à des gonz venant squatter à 23h30, ambiance musique à fond et bruit de bouteilles. Pas ultra rassurant je dois l’avouer

img_3229

Jour 11 : Copenhague
Copenhague (ou København pour les intimes) est donc la capitale du Danemark. Et, au cas où certains émettraient quelques doutes, une ville absolument superbe. Genre, le coup de cœur absolu.

Au petit matin, nous plions donc bagage assez rapidement afin de filer à la découverte de cette capitale mythique. Premier constat : il y a des vélos partout et de magnifiques bâtiments, en brique ou en pierre, donnant à la ville un aspect cossu au charme ancien parfaitement préservé. Je valide.
Nous posons le van, puis nos valises à l’hôtel (oui on s’est fait plaiz sur ce coup) et partons explorer le quartier carte en main.

jour10_1_cathedrale_copenhagueOn commence par la rue très commerçante de Støget (coucou Søstrene Grene ! coucou boutique Légo !) puis dévions un peu pour aller voir une antique boutique de thé : AC Perch’s Thehandel. Autant dire que l’odeur de ce micro magasin fait rêver, tout comme les prix. Hm. Ils font aussi salon de thé à l’étage, mais celui-ci n’était pas encore ouvert. Dommage !
Nous repartons dans les petites rues plutôt paisibles du centre, quand nous au détour d’une rue nous tombons nez à nez avec une foule de personnes faisant la queue sur le trottoir. WTF ? Des burgers. Ces gens attendent devant Yo Burger, à 10h45 du matin. TOUT VA BIEN. (On note pour plus tard que par ici les burgers doivent être pas mal)

On redescend la rue jusqu’aux fameux quais de Nyhavn, LA carte postale de la ville. Mais faut avouer, c’est cute. Puisqu’on est sur notre lancée, on continue en direction d’Amalienborg. MAIS juste avant d’arriver sur la fameuse place du palais royal, nous découvrons Mormor’s, un salon de thé qui ferait passer l’intérieur de chez ta grand-mère pour un lieu d’une modernité incontestable. Je m’explique : napperons en dentelle, vieux journaux, fauteuils en velours à frange (je passe le détail de la couleur), vieilles poupées, tapis persans… Enfin vous avez compris le principe quoi. Mais l’ensemble est plutôt marrant et cosy, suffisamment pour avoir envie de s’y arrêter boire un chai latte (tiens donc).

Juste à côté se trouve la Marmorkirken, une magnifique église datant du XVIIIe siècle, dotée d’un dôme de 31 mètres de diamètre. Sur la place du palais d’Amalienborg, nous assistons au balais de la garde royale, qui est toujours un spectacle atypique et sympathique (paye ta rime).
Nous continuons en direction de la citadelle de Kastellet (un lieu à l’ambiance un peu étrange, qui abrite entre autres le service de renseignement militaire du pays) et de la fameuse petite Sirène (qui est fameuse mais pas très impressionnante il faut l’avouer), passons devant la jolie église anglicane, et repartons par une grosse avenue pas très jolie (QUOI ?!! Quelque chose de pas joli à København ?!!) jusqu’au château de Rosenborg et son grand parc. Madre de dios quel tour ! Rien qu’à le relire je suis essoufflée.

Avec tout ça, il est laaargement l’heure de manger (d’ailleurs étrange que personne n’ait encore succombé à une crise d’hypoglycémie), nous filons où ? A Yo Burger !
Bon, je veux pas faire ma chauvine de base hein, mais…. ils font pas le poids face à Big Fernand. Déso les gars !

Ainsi repus, il est temps d’aller satisfaire un autre besoin primaire (roh non pas celui-là bande d’obsédés !) : celui de PRENDRE UNE DOUCHE. Tout comme le fait de dormir dans un vrai lit, avec une couette et tout, et aussi celui que j’évoquais précédemment de faire la vaisselle avec un outillage adéquat, prendre une douche fait partie des rituels qui nous procurent un bien-être insoupçonné et bien trop sous-estimé.

Après cette petite pause salvatrice, nous ressortons pour aller nous perdre dans le quartier latin. Les rues sont animées, colorées, pleines de petits troquets en entresol avec de micros terrasses, et de boutiques sympa. J’a-dore.
Nous nous passons devant la Rundetårn, une sorte de tour multi-tâches, servant à la fois d’observatoire astronomique, d’église et de bibliothèque universitaire. Rien que ça ! Tant qu’à faire, nous montons au sommet, ce qui nous offre une jolie vue à 360° sur la ville et ses nombreux clochers.
Puis la balade se poursuit jusqu’au Toverhallerne Market, autrement dit les magnifiques halles de Copenhague, renfermant sous leur structure verre et métal contemporaine des corners du monde entier, dans une ambiance festive et chaleureuse (ça vend du rêve hein ?). En tout cas, on a trouvé où manger demain soir !

Pour finir, on fait un stop dans un 7 Eleven pour s’acheter de quoi manger tranquille dans la chambre à un prix pas trop exorbitant (oui parce qu’alors Copenhague ça fait du bien aux yeux mais beaucoup de mal à ta banquière, c’est un peu l’effet papillon). Très [agréablement] étonnée de voir que les 7 Eleven danois sont des petits paradis du bio et de la détox, là où ceux des US sont des petits enfers de la malbouffe et… de la malbouffe. Dommage que leur taboulé soit beaucoup BEAUCOUP trop épicé.

 

Jour 12 – Copenhague
Ayant tout de même parcouru la ville en long en large et en travers pour un total de 15 kilomètres, autant dire qu’on n’a pas fait de vieux os une fois couchés (ou alors la faute à TV5 Monde et son programme à déchaîner les foules). Et puis alors ce lit… C’est la pub Kinder Chocolat avec la meuf dans son nuage mais en vrai.

Aujourd’hui, le programme est plus culturel. Après avoir flâné pendant 10 jours, faut bien qu’on alimente un peu nos cerveaux ! Nous commençons par un petit tour du côté du Christiansborg Slot, avec ses grandes écuries et ses hautes fenêtres derrière lesquelles on devine le faste d’un intérieur chargé d’histoire. Pour information, ce palais abrite aujourd’hui le Parlement Danois, le ministère d’Etat et la Cour suprême.

jour10_13_canal_christianhavn_copenhague

Quartier de Christianshavn

On traverse ensuite pour aller se balader dans le quartier de Christianshavn, mais qui se trouve être moins mignon et paisible que ce à quoi on s’attendait. Une bonne averse ventée prise sur la tronche plus tard, on est en route pour le Musée National du Danemark, qui rassemble entre autres un espace dédié à l’histoire du pays, de l’âge de pierre jusqu’aux Vikings. Beaucoup de vestiges et de vieux objets très bien conservés, des petits films pour amener un peu d’interactivité… Un musée intéressant en somme !

On enchaine avec le Ny Carlsberg Glyptotek, une belle bâtisse donnant sur le jardin de Tivoli, dotée d’un jardin d’hiver en carreaux de ciment, abritant de grandes plantes vertes. L’intérêt de ce musée ? Une collection de peintures danoises et françaises, dont Monet, Renoir, Cézanne, Van Gogh ou encore Gauguin. Autant dire qu’il ne m’en fallait pas plus pour l’ajouter en top de ma to do list !
La bonne surprise, c’est aussi la découverte de la peinture danoise, avec des artistes comme Jens Juel, Christoffer Wilhelm Eckersberg ou Christen Købke, qui nous offrent un beau voyage dans le Danemark du XIXe.

[Pause déjeuner]

Nous ressortons pour une ultime balade. Nous commençons à connaître Stroget par cœur ! On craque pour des chouchous aux amandes – un régal –, puis allons prendre un petit thé au Paludan Book and Café, LE lieu de rendez-vous de tous les étudiants de la ville. Et pour cause : le café est aussi une librairie, ou une bien c’est la librairie qui fait café, au choix. Toujours est-il que l’ambiance est studieuse tout en étant détendue, et que le décor ne peut être plus authentique !
Le plus, c’est aussi la vue sur la magnifique bibliothèque universitaire. Avis aux amoureux de Poudlard !

Bibliothèque universitaire

Bibliothèque universitaire

Comme prévu, nous terminons notre tour aux Halles, et nous laissons tenter par… le stand à sushis. Bon ok c’est pas du tout original, mais voir le gonz fabriquer ses petits nigiris et consors pendant tout le repas, c’était assez cool !
Dans un vent plus que glacé, nous regagnons laborieusement notre chambre : demain, une loooongue journée de route nous attends, il ne s’agit pas de faire la bringue !

img_3236

Vous l’aurez compris, notre voyage touche à sa fin. Si les premiers jours étaient sous le signe du soleil, le retour lui se fait sous une pluie battante. Voire même une atmosphère quasi apocalyptique, si ce n’est pas trop exagérer.

Heureusement ça n’a pas duré la vie des rats, passé la frontière allemande, on a enfin pu revoir un peu de ciel bleu ! Par contre toujours autant de travaux chiants à signaler, mais moins de ralentissements, il faut le reconnaître.

Le GPS nous annonçant une arrivée vers 1h du matin, nous décidons de tenter la route d’une traite. Même pas peur ! Bon, on va pas se mentir, les 200 derniers kilomètres ont été une torture sans nom. Mais on l’a fait ! Plus de 15h de voyage, rythmé par quelques pauses syndicales repas et pipi, et un ou deux vieux Rihanna par-ci par-là pour garder la motivation (#plaisirshonteux).

Nous voilà de retour. Il est temps de vider et nettoyer le van, notre cher compagnon de fortune (et de le rendre, accessoirement). Pas de repas typique organisé cette-fois ci, mais plus de 900 photos à trier… Et une envie irrésistible de repartir à la conquête de ces pays du Nord, qui font définitivement partie de mes destinations favorites.

 

Of Monsters and Men – Beneath The Skin

Travel Report #7 : Norvège (part 1)

Vi sees snart… Ainsi clôturai-je ma dernière diatribe sur la chaleur exotique et colorée du Sri Lanka, vous laissant à coup sûr frétillants d’impatience à l’idée de découvrir le sens de ces étranges mots (les plus pragmatiques n’ayant pas attendu tous ces mois pour le taper dans Google Trad.)

Eh bien nous y sommes ! C’est en Norvège que m’a donc porté ma nouvelle envie de voyage, ou plutôt conduit, car je m’y suis rendue… en van. Comprendre : j’ai loué un van à Annecy, je l’ai chargé à Chamonix, et je m’en suis allée tranquillou bilou jusqu’à Hirtshals (Cf : pointe nord du Danemark), en traversant la Suisse, puis l’Allemagne, à savoir quelques 1593 petits kilomètres de trajet.

Je ne m’étendrai pas trop sur la campagne un peu grise et paradoxalement industrielle de la Suisse, ni sur les autoroutes affreuses et pleines de travaux mal indiqués de l’Allemagne. Sans parler des aires de repos, dont l’offre culinaire se résume à de grosses saucisses accompagnées d’un morceau de pain. Tout en simplicité quoi.
Première nuit un peu fastidieuse près d’Hanovre, rythmée par le bruit des camions et de l’autoroute, ambiance parking crade et caravanes abandonnées. Du PUR bonheur. Autant dire qu’on a pas trainé le lendemain matin, pas mécontents de passer au Danemark ! Ici, la campagne est tout de suite beaucoup plus bucolique, des couleurs pastelles, des petits vallons décorés par une ferme ou une église, des champs verts ou jaunes, un ciel bleu strié de quelques nuages épars. J’aime bien.
On arrive à Hirtshals dans l’après-midi, soit un peu tôt pour notre ferry qui est à 20h45. On patiente devant la grille du port en regardant le premier épisode de Vikings, histoire de se mettre dans l’ambiance.

jour1_hirtshals

Tarmac du port – Hirtshals

La traversée passe assez vite, trois petites heures, tout confort. Je me caille le c** parce que j’ai voulu faire ma ouf en restant en short, mais dans le bateau le chauffage n’est pas aussi efficace que dans le van. Puis enfin, la consécration : nous arrivons à Kristiansand. Norvège, nous voilà.

 

Jour 1 : Kristiansand – Mandal – Voll
N’ayant pas repéré de spot sympa aux alentours du port de Kristiansand, on décide de rouler jusqu’à Mandal, un petit village de pêcheurs un peu plus loin sur la côte. Si on trouve un coin cool avant, tant mieux, sinon, on dormira là bas. Bon, certes, il fait nuit, mais j’aperçois déjà dans la pénombre des petites maisons en bois rouge au bord de petits lacs, je suis toute émoustillée. Ce sera la seule fois où on roulera de nuit, et c’est franchement pas désagréable : la route est nickel, éclairée comme en ville, et surtout, il n’y a per-sonne. Le rêve !
Bon, vous vous en doutiez, on finit par arriver à Mandal. Il est presque 1h du matin, mais l’excitation nous a redonné un coup de pêche. Malgré la nuit, le village est hyper accueillant, les maisons et magasins sont tous en bois blanc, et tous illuminés ! Vitrines ou devantures, on se croirait presque à Noël. En tout cas, ça nous plait. On suit le GPS qui nous emmène dans un dédale de rues, jusqu’à ce qu’on arrive sur un parking goudronné face à la mer, entouré de quelques petits immeubles jolis et modernes. Là, je crois qu’on est en place.

Le réveil sous la pluie le lendemain ne nous désespère pas, la météo indique plutôt du soleil pour les prochains jours, on table donc sur une averse passagère. Et puis on vient de passer la nuit bercé par le bruit des vagues, on va pas non plus se plaindre !
Avant de prendre la route, nous nous arrêtons dans le centre du village, histoire de visiter un minimum. Pas déçus ! Les maisons sont hyper jolies, et puis il y a plein de boutiques à tomber, remplies de mobilier et déco à la scandinave… Heureusement que j’ai la voix de la sagesse avec moi. Et puis dommage qu’il ne fasse pas hyper beau et surtout que ce soit l’intersaison, car avec du soleil et plus de monde, on serait sûrement resté un peu plus ! On repart donc en suivant l’E39 qui longe la côte sud, en direction de Stavanger. Le temps est encore gris, mais au moins, il ne pleut plus !

On croise quelques lacs, quelques villages qui ressemblent plus à des hameaux, mais surtout, beaucoup d’exploitations agricoles ! Il y a des moutons partout, on se croirait en Irlande. Et puis il y a peu de reliefs, du moins les montagnes ne sont pas hautes. Et elles sont très arides, très caillouteuses. Nous qui nous attendions à de grandes forêts de sapins partout… Bon, pas de panique, la route est quand même belle. Ca tourne, ça monte, ça descend, il y a quelques tunnels, et il y a des fjords ! Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas.

Une bonne heure après Mandal, on fait un stop à Flekkefjord, autre village de pêcheurs recommandé par le Routard. Très mimi lui aussi, toujours ces bâtisses blanches en bois, aux façades un peu travaillées. Mérite un petit arrêt, en effet ! Et puis nous avons l’immense et agréable surprise d’y trouver sur le port un petit espace dédié aux touristes, avec douches, toilettes et wifi gratuit. Le tout évidemment ultra propre hein, on est Norvège, faut pas déconner. Ni une ni deux, on fait un aller retour au van prendre de quoi se laver, on va pas gâcher une telle occasion !
Une douche chaude plus tard, on repart flanqués d’un petit sourire satisfait. Un petit tour au supermarché Kiwi pour s’acheter du saumon frais, et nous pouvons continuer. J’avoue que le petit saumon grillé mangé au bord du fjord 45 minutes plus tard passe très, très bien.

jour1_repas_fjordLe coin que nous avons repéré pour dormir ce soir se trouve une trentaine de kilomètres avant Stavanger, tout au bord de la mer. Nous bifurquons donc de l’E39 pour rejoindre la route qui longe vraiment la côte, histoire de changer un peu de décor. Un peu sauvage d’abord, le paysage évolue pour devenir très agricole. Un peu trop même, jusque dans l’odeur. J’ai beau aimer le terroir, j’avoue que la crotte de mouton ça peut vite prendre à la gorge. En bref, ça pue quoi. La traversée des champs va donc paraître un peu longuette, même si, faut pas chipoter, l’endroit est joli. Et puis le ciel se dégage enfin ! Et puis on aperçoit la mer au loin ! Ca fait beaucoup d’émotion à gérer d’un coup…

A quelques 6 kilomètres de notre point de chute, l’ordinateur de bord nous demande de vérifier la pression du pneu arrière gauche. “Merde alors, le mec ne l’a pas fait avant de partir ! Ce sagouin”, pensons-nous. On verra demain. Le point de chute en question, c’est un petit parking de pêche en terre battue tout riquiqui, en contrebas de la route. On y descend, trop heureux de ce spot qui domine la mer, et sur lequel nous sommes absolument seuls. Bon, il y a du vent. Beaucoup. Mais c’est canon. Beaucoup. On se balade un peu sur la plage, et remontons pour profiter un peu du van, se mater un bout de série en regardant dehors et en se disant qu’on a trop de chance et… Putain je crois que y’a un autre van qui arrive. Le con !

Là, on est dégouté. Le mec se met devant nous de l’autre côté du parking, on voit qu’il essaye de faire ça bien pour trop nous gêner. Bon. Sur ce, n’ayant pas encore digéré notre énervement, un deuxième arrive. Un camping car cette fois. Et allemand en plus ! Bordel. Et puis alors là, tranquille, le mec se pose devant nous, en travers, nous cachant toute la vue. A l’aise papy.
Résistant à l’envie d’aller lui expliquer les règles de base du respect de la vie en communauté (et me rappelant qu’à part Guten tag et Danke schön je ne sais pas dire grand chose en allemand), on opte pour reculer le van de quelques mètres, nous permettant ainsi de jouir d’une vue un peu plus dégagée sur le panorama qui n’est pas des plus désagréables.

Un peu plus tard, d’autres vans et camping cars viendront, certains repartiront (dont l’allemand relou, qui n’était en fait venu que pour voir le beau coucher de soleil – Cimer) mais nous déciderons de ne plus y prêter attention (trop de poésie dans cette phrase).

On aura aussi la chance de voir une lune énorme et très jaune se lever au dessus des champs. J’aurais adoré pouvoir en garder la trace en photo, mais mes 57 essais sont restés vains, mon matériel n’étant certainement pas assez sophistiqué pour réaliser un tel cliché.

 

Jour 2 : Voll – Preikestolen – Ardal
Nuit pas trop mal, malgré le bruit du ressac qui faisait un peu essorage de machine à laver permanent. Bon au moins, t’entends pas les voisins. Fraicheur relative, le plus gênant étant sans doute l’humidité (qui du coup donne l’impression que t’as froid).
On déjeune face à l’immensité de l’océan, on fait même pipi sur nos toilettes chimiques face à l’immensité de l’océan. Quel luxe. Puis on lève le camp, l’objectif de la journée étant d’arriver assez tôt à Preikestolen pour monter voir le rocher de la Chaire, afin de profiter du temps splendide. On décide du coup de zapper Stavanger (qui paraît-il vaut quand même le détour… tant pis !)

On a pas fait 3 mètres avec le van que chéri me dit : “on a crevé”. “Non, c’est pas possible”. “Si, je te jure”. “Putain, putain”. On rejoint la route, puis roulons à 40, en pestant. Ni lui ni moi n’avons jamais crevé, et il faut que ça nous arrive au fin fond de la campagne norvégienne, un dimanche. Oui parce que sinon, ce serait pas drôle. Et puis c’est pas comme si c’était le deuxième jour du voyage quoi.
On rejoint donc péniblement la première station service du coin, un peu dépité. Là, chéri confirme son diagnostic. Il faut prendre les choses en main. J’appelle l’assistance, il appelle le mec de l’agence de loc et va voir les gens de la station service. Résultat :
– La meuf de l’assistance me dit que ça prendrait beaucoup (trop) de temps qu’ils prennent en charge le truc, le temps de faire venir quelqu’un, et qu’il vaut donc mieux qu’on trouve nous de quoi se faire dépanner sur place. Topitop.
– Le mec de l’agence nous dit que c’est balo parce qu’en plus y’a pas d’outils dans le van pour changer la roue (oui parce qu’on a une roue de secours quand même) mais espère que tout va bien pour nous.
– La meuf de la station service nous dit que c’est dimanche et qu’on trouvera rien pour se faire dépanner, MAIS que des gonz doivent passer vers 12h et qu’ils pourront sûrement nous aider. Génioul.

Pas trop plus avancés, on se demande quoi faire et râlons beaucoup. Puis je regarde dans le manuel du van, sait-on jamais. Et là BINGO ! Il a une mallette d’outils cachée dans le coffre (ce qui paraît somme toute logique, vu qu’il y a une roue de secours. Mais bon.) Ni une ni trois, on sort l’intégralité de nos affaires sur le parking, rien à foutre. La mallette contient un cric, une clé… Tout ce qu’il faut quoi ! Habité par la joie et la détermination, chéri monte le van sur le cric et commence à déboulonner la roue. Un, deux, trois, quatre boulons… Et le cinquième qui ne veut pas venir. Mais genre pas du tout du tout. On s’y met à deux, on s’y met à pieds joints, on s’y met en riant jaune de désespoir, rien à faire. Genre le sort est contre nous. Genre on a pas été assez gentils quoi.
On retourne à la boutique, la fille nous dit que finalement les gonz ne seront là qu’à 15h (tu te foutrais pas un peu de notre gueule toi par hasard ?), on veut acheter une autre clé, mais la seule taille qui manque, c’est celle qu’il nous faut… Je commence à détester cette journée.

jour2_galere_parkingPuis après moults essais ratés appuyant toujours plus fort sur notre impuissance, nous décidons de tout remballer et d’aller dans une autre station service. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de Kleppe, qui en compte trois ou quatre. Les deux premières sont trop riquiqui, mais la troisième nous paraît pas mal. Je file à la boutique demander de l’aide et là miracle ! Je tombe sur un jeune super gentil qui prend direct son téléphone pour appeler une dépanneuse à Stavanger, et qui en attendant nous prête une clé. Comme quoi la bonne volonté parfois peut suffire à vous sauver un dimanche ! Il vient même avec moi jusqu’au van voir de quoi il en retourne.
Nous n’avons pas encore pris une décision concernant la dépanneuse (qui coûte bonbon) qu’une voiture débarque avec deux mecs baraqués dedans – les copains du jeune. On n’a jamais su si c’était du pur hasard ou s’il les avait appelé, toujours est-il que les mecs ont pris la clé, l’un la tenant l’autre sautant dessus, et qu’en trois essais le boulon était dévissé. Un truc de fou !
A peine le temps de les remercier qu’ils étaient déjà repartis. L’ascenseur émotionnel ainsi fini, on se retrousse les manches et changeons la roue. Un peu plus de 2h de perdues au final, mais qui paraissent si peu quand on se préparait mentalement à devoir passer la nuit sur ce pauvre parking…

Un mauvais hot-dog plus tard, on peut donc repartir vers de nouveaux horizons. Une petite route vallonnée qui nous amène jusqu’à notre premier ferry. Quelle excitation ! Evidemment, on fait nos touristes moyens en allant à l’avant du bateau regarder le paysage et prendre quelques photos, mais faut dire ce qui est : ça vaut le coup !

jour2_traversee_ferryAprès avoir débarqué, on arrive vite en bas du chemin qui mène au Preikestolen. Il est un peu plus de 15h, le soleil est radieux, et on a besoin d’évacuer un certain stress : rien de mieux qu’une petite marche ! Réserve d’eau et de biscuits en poche (ayant la moitié du rayon goûter de Super U dans les tiroirs du van, on peut large tenir une semaine si on se perd), nous partons donc d’un pas décidé à l’assaut du Rocher de la Chaire.

A part les 100 premiers mètres qui montent bien raide bien dur (…) le reste du chemin est plus du faux plat, tantôt montant tantôt descendant, bien préparé avec de larges pierres plates. On évolue au coeur d’une forêt orangée par l’automne, qui baigne dans le soleil de fin d’après-midi et qui nous offre au fur et à mesure de la montée des panoramas magnifiques sur le fjord à l’horizon. On ne peut pas rêver mieux. On croise aussi beaucoup de monde qui descend, et ça ne parle pas un mot de norvégien ! (Même si bien entendu on palpe rien au norvégien)
On finit par sortir de la forêt, pour arriver dans un endroit beaucoup plus aride et caillouteux, mais certainement pas moins beau. Je ne m’en remets pas. Et puis alors, ce temps ! Si j’osais, je dirais qu’on une chance de cocus. Mais bon, on serait un peu dans la merde du coup. Bref. On arrive en haut, en 1h et 5 ou 6 minutes, là où les guides en annoncent 2 (vlà les machines). Et ça en jette sévère ! C’était bien la meilleure manière d’évacuer toute cette tension mécanique accumulée dans la matinée.

Une fois redescendu, on décide de bouger, pas envie de rester dans le camping cher et attrape touristes du Preikestolen. On avance donc jusqu’au village suivant, Jorpeland, Park4night nous ayant indiqué que là aussi se trouvait une petite douche publique sur le port. Heureusement que nous croisons deux gosses en vélo, sinon on pourrait se croire dans Walking Dead IRL. Juste des feuilles qui volent dans les rues vides. Vlà l’ambiance.

La douche en question est toute neuve et là encore super propre, un vrai bonheur. Et comme on a une pièce de 20nok, on est super heureux de se dire qu’on va pouvoir prendre une douche de 8 minutes (Oui, 10nok = 4 minutes d’eau chaude). Ce n’est qu’une fois tous nus et dans les startin’ blocks qu’on se rend compte que la machine ne prend que des pièces de 10nok. Dans l’cul lulu ! Chéri se dévoue donc pour essayer d’aller faire du change. Un dimanche. Dans village déserté par ses habitants. Easy. Moi je reste dans la douche, et j’attends. Un poil inconfortable comme situation, je dois avouer.
Pour finir, il a réussi à trouver de quoi changer la pièce dans un bowling bien glauque, et nous avons pu savourer 4 minutes de douche. J’ai même réussi à me laver les cheveux ! Comme quoi, dans l’urgence on est capable de tout hein…

Propres et frais, nous roulons quelques kilomètres supplémentaires jusqu’à un petit spot au bord d’un lac (ou d’un fjord, pas toujours facile de les distinguer…), au cœur d’un petit hameau de maisons. Joli coucher de soleil, ambiance calme et rassurante… Une bonne nuit en perspective !

 

Jour 3 : Ardal – Odda – Bergen
Tirés du sommeil à une aube relative, nous prenons la route avant 10h. C’est balo, l’étape prévue aujourd’hui est plutôt courte ! Dans une campagne encore couverte de rosée, balayée par un timide soleil matinal, nous avançons jusqu’à l’embarcadère du bac. Une traversée de plus ! En débarquant de l’autre côté, nous empruntons directement une route serpentant à flanc de montagne, longeant un grand fjord sur notre droite. D’un bleu profond, strié d’argent par la lumière désormais plus vive. Je joue au reporter et mitraille à la volée, étant donné qu’on ne peut pas vraiment s’arrêter… Bon, du coup le résultat n’est pas vraiment probant. Dommage.

jour2_fjord_route_asa_bergenArrivés à un carrefour, le GPS nous fait quitter la route principale pour en prendre une qui n’est même pas indiquée sur notre carte routière. Même pas peur. On peut dire qu’on se retrouve tout à coup dans la Norvège profonde. On traverse quelques hameaux, croisons pas mal de maisons fermées à l’allure presque délabrée (les scénaristes d’American Horror Story se feraient bien plaiz ici, vu le nombre de baraques flippantes qu’on a croisé !) et chéri ne cesse de répéter que “c’est vraiment pas le moment de crever”. Je lui dis d’arrêter parce que j’ai peur qu’il conjure le sort et qu’on se retrouve en rade au milieu de… rien.
Nous finissons par arriver à Gullingen, station de ski nordique qui doit probablement être très sympa sous 1m50 de neige, mais qui en plein automne prend un côté un peu fantomatique avec tous ces chalets en bois noir vides. Bon par contre les couleurs sont très belles. Des rangées de bouleaux et de plein d’autres arbres égayent le bord de route, et là encore je peste de ne pas pouvoir en faire mon quatre heures photographique.

En redescendant de Gullingen, nous retrouvons un peu de civilisation (= un supermarché et des maisons avec des voitures garées devant), et passons par des coins absolument grandioses… (Cf : ci-dessous)

Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Roldal, qui se trouve être elle aussi une station de ski en hiver. Le village est éclaté dans une grande prairie en pente, et est doté d’une jolie petite église en bois debout (stavkyrkje pour les natifs).
Nous croisons également les chutes du Lakefossen. On nous avait dit qu’elles aspergeaient les voitures jusque sur la route, du coup on s’attendait à une tempête d’eau, mais elles étaient surement un peu trop calmes ce jour là… Même pas une petite éclaboussure !

Nous avançons ensuite jusqu’à Odda, qui est une ville plus importante, mais très industrielle. Si elle est connue pour porter l’histoire industrielle de la région, elle ne l’est certainement pas pour son charme… Pas découragés, nous faisons quand même un petit tour dans la rue piétonne principale (bon ok j’avoue c’est aussi parce que j’avais noté qu’il y avait un petit café stylé dans ce coin). Mais ne trouvant ni café ni boutique retenant notre attention, nous repartons pour aller manger sur une aire de repos au bord du fjord un peu plus loin.

jour2_fjord7_route_asa_bergenLa route est jolie : après la moyenne montagne et les morceaux de glaciers apparaissant au détour de virages, nous entrons dans la région des vergers. Des petites cahutes vendant essentiellement des pommes et des prunes jalonnent la route, mais on ne voit jamais personne dedans. C’est très bucolique. Nous traversons plusieurs villages au charme incontestable, qui étaient censés constituer des points d’arrêt potentiels, mais devant le manque de vie manifeste, nous continuons à avancer… Si bien que nous nous retrouvons à deux petites heures de Bergen ! Et qu’il est à peine 16h… Tant qu’à faire, autant continuer à rouler.

Mais, plus nous approchons de Bergen, plus les coins sympas se raréfient. De la campagne dorée et authentique, nous passons aux villages gris et industriels. Et malgré toute la bonne volonté du monde, impossible de trouver un spot un peu chouette pour passer la nuit. Avec bientôt 8h de route dans les pattes, on commence à en avoir légèrement marre, et l’environnement n’est pas vraiment là pour nous remonter le moral !

18h27 : un peu désespérés, nous regardons les campings potables alentours
18h31 : nous constatons qu’il n’y en pas beaucoup
18h39 : nous tentons une percée dans un hameau voir s’il n’y a pas un bout de chemin sur lequel on pourrait se mettre discrètement
18h40 : on tombe sur une espèce de presbytère chelou qui nous fait rebrousser chemin fissa
18h43 : nous pestons parce que c’est pas possible que tout soit moche comme ça ici
18h48 : nous passons devant un camping en contrebas de la route et hésitons à s’y arrêter. Aller, on continue on sait jamais
18h55 : on se retrouve sur un parking glauque, summum de la déprime.
18h56 : nous hésitons à tracer jusqu’à Bergen et se prendre un hôtel
18h59 : nous venons de mettre notre couple à l’épreuve
19h01 : on décide de retourner au camping en contrebas de la route
19h06 : nous arrivons au camping. Notre couple a résisté. OUF.

Ca devait bien arriver à un moment, hein. Ou comment payer 240nok pour se faire mater par des gros allemands dégueulasses et même pas avoir de lumière dans la douche. Qui en plus est même pas gratuite quoi. Coincés entre la route et un petit lac, on préfère regarder le lac, pour essayer de se dire qu’on est pas trop mal tombés. Mais bon, vivement demain matin quand même.

 

Jour 4 : Bergen – Voss
S’il fallait trouver un point positif à ce sympathique endroit, c’est qu’on est plus qu’à 15km de Bergen. C’est vrai qu’hier, on a un peu fait 3 étapes en une quoi. Nous qui avions prévu de faire des stops et de partir à la découverte des environs… Bon faut dire ce qui est, moi qui imaginait des parcs nationaux accessibles et verdoyants, on s’est retrouvé entre deux montagnes et pas la trace d’un seul chemin de rando pas trop difficile… Donc bon, ça réduit un peu les possibilités de balades et de flâneries !

Bref. Nous partons donc en direction de la ville, sous une petite couche de grisaille. Si la ville est plutôt grande et les abords pas vraiment charmants, le centre “historique” et touristique est lui peu étendu et très mignon. Bâtiments cossus en pierre, ou petites maisons fleuries et colorées, au bord rues pavées et bien entretenues. Nous commençons par le marché aux poissons, halle moderne avec plein de trucs qui donnent très envie d’être mangés, ça nous plait. Nous dégustons même un petit morceau de saumon mariné qui passe crème, même à 10h du matin.

jour3_bergen_marche

Marché couvert de Bergen

Etape suivante : les quais de Bryggen. Comme je l’avais déjà pas mal entendu, les pas de portes ont été vendus à des boutiques, pour la plupart des trucs à touristes pas bien heureux. Sauf si tu adores les trolls et les t-shirts/mugs/magnets/stylos/merdouilles à l’effigie de Norvège. Finalement, c’est l’envers du décor qui nous a le plus plu : entre chaque maison un petit passage qui amène de l’autre côté des quais, et qui respire déjà plus l’authenticité.
Un petit détour par la Mariakirken, une cathédrale au double clocher datant du Moyen Age, avant de filer vers le quartier de la gare de Floyen. C’est là que se trouvent toutes les adorables petites ruelles qui font le charme de la ville. Et accessoirement un génialissime salon de thé littéraire, le Krok og Krinkel, où nous avons pu nous délecter d’un cappuccino et d’une camomille absolument divins. Je ne parle même pas des pâtisseries, entre les Kanelbullar et les brioches à la crème de noisette, des petites merveilles.


Le temps s’étant un peu découvert, on décide de prendre le funi pour monter au Mont Floyen. De là, une vue imprenable sur la ville, une boutique de souvenirs avec pour une fois de vrais trucs jolis, et surtout d’infinies possibilités de balades en pleine forêt (dans la deuxième plus grande ville de Norvège, normal). N’étant pas hyper originaux, et commençant à avoir un peu faim, nous optons pour la redescente immédiate. Une bonne grosse demi-heure quand même ! Mais fort agréable, sur un large chemin ombragé, avec passage par les rues biquounettes en fin de balade pour que bibi puisse s’extasier et prendre plein de photos.
Pour le déjeuner, nous retournons au marché aux poissons, pour s’acheter quelques sushis frais et une soupe de homard, que nous dégustons dehors, face aux quais de Bryggen.

Retrouver l’agitation douce de la ville nous a fait le plus grand bien. Et Bergen s’est révélée être vraiment agréable et pleine de bonnes surprises ! Nous repartons forts satisfaits.
Le point étape de ce soir se trouve à deux petites heures de route, dans une station du nom de Voss. Sur le chemin, disséminées le long du fjord que nous suivons, nous croisons plein de petites cabanes en bois servant probablement d’abribus, avec des petits arbres poussant sur le toit. Trop cute.

A Voss, nous avons le choix entre deux spots : un très haut, près des remontées mécaniques, c’est à dire dans l’ombre, paumé en bordure d’une forêt qui fait peur ; un en bas, à l’entrée de la ville, face à un petit motel au bord d’un lac baigné par le soleil de fin de journée. Dilemme dilemme…

Spot de Voss

Spot de Voss

 

Jour 5 : Voss – Balestrand
Nuit un peu bruyante, mais pas trop froide. Pour une fois ! Oui parce que les pyjamas sexy faut oublier hein, là c’est chaussettes en laine style avec sweat à capuche et legging, il faut c’qui faut !

Aujourd’hui, nous allons rejoindre Balestrand, en passant par le village de Laerdal. La route pour y aller est assez impressionnante, bordée par de grandes montagnes et de gros éboulis venant presque jusqu’au bitume. On préfère ne pas trop traîner par ici, pas envie de se faire ensevelir !
Pour traverser toutes ces montagnes, nous enchainons les tunnels. Et pas des moindres : 5km, 7km, 12km… On passe plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur ! En même temps, la grisaille s’est installée pour de bon, et nous avons perdu quelques degrés, donc sous la terre ou dehors…
Nous finissons par arriver au Laerdalstunnelen qui n’est autre que le plus long tunnel routier du monde, 24,5km de long ! Eh bah ça fait un sacré morceau… Ils ont même creusé à l’intérieur trois grottes éclairées de bleu, afin de casser la monotonie de la route. Celui-là, on était content d’en ressortir !

Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de Laerdal, dans une région agricole qui cette fois-ci exploite des pommes de terres. A Laerdal, le point d’intérêt se trouve dans une petite rue constituée de maisons anciennes, certaines datant du XVIe siècle ! Nous galérons un peu à trouver l’entrée de la fameuse rue, malgré la taille du village, qu’on ne peut pas qualifier d’étendu.
Les maisons sont vraiment mignonnes, on dirait des maisons de poupées grandeur nature ! Certaines abritent des petites boutiques d’antiquité, d’autres des petits cafés… Tous fermés malheureusement. Nous faisons un petit tour, je regarde par les fenêtres ; impossible de savoir si des gens vivent à l’intérieur ou non. Nous croisons quelques chinois, qui semblent émerveillés par l’endroit, allant jusqu’à prendre en photo les pissenlits du bas côté. C’est une curiosité comme une autre après tout…

Nous mangeons un bout, puis décidons d’aller voir l’église en bois debout de Borgund, qui se trouve à une trentaine de kilomètres. Vraisemblablement bâtie avant 1200, c’est l’une des mieux préservées du pays. Sur le chemin, un petit panneau qui fait bifurquer à gauche indique une “historic route”. Nous décidons de l’emprunter, et nous retrouvons sur une petite route passant près de jolies maisons, et longeant une profonde rivière à droite. Nous qui cherchions des petites randonnées faciles et accessibles, ici il y en a à la pelle !

L’église de Borgund est toute petite. C’est ce qui nous frappé quand nous sommes arrivé ! Et elle est en bois tellement noir qu’on croirait qu’elle a brûlé. Elle n’en est pas moins jolie, avec ses têtes de dragons et ses différents étages. Au moment où nous repartons, le car de chinois de Laerdal débarque et envahit les alentours. C’était moins une !

Nous repartons direction Balestrand, notre étape de ce soir. Nous repassons devant Laerdal, puis filons à Naddik, où nous prenons le bac… dans la soute ! En ressortant du bateau, on a l’impression d’être en moyenne montagne. Partout autour de nous, d’immenses forêts de sapins vert très foncé, et loin en contrebas, un fjord. Les maisons ressemblent plus à des chalets en rondins qu’à des petites maisons typiques norvégiennes… On se croirait presque chez nous !

Nous passons la ville de Sogndal, qui est une vraie ville ! Plein de boutiques ouvertes, plein de gens dans les rues… On ne s’y attendait pas !
Nous continuons la route qui longe le Sognefjord. C’est magnifique ! Nous traversons plein de villages adorables, des rochers aux arêtes déchirées plongent dans l’eau, dévoilant au détour d’un virage une petite baraque de pêcheur rouge avec son bateau amarré… On en prend plein les yeux.
Nous arrivons à Dragsvik pour prendre un ferry, que nous attendons un peu. En débarquant de l’autre côté, nous ne sommes plus qu’à 6km de l’arrivée. Nous faisons le tour d’un petit bout de fjord encaissé en fond de vallée, les maisonnettes ont des couleurs adorables.

A Balestrand, nous filons poser le van au Sotjun Camping, que nous avions repéré auparavant. Un pré en pente légère d’un vert surnaturel, face au bleu gris du fjord, plein de petites hytte d’un rouge profond… Un vrai décor de film ! Nous repartons à pied pour visiter les alentours. D’abord la St Olaf Church, avec sa forme typique église en bois debout, et ses couleurs pour le moins originales. Puis le grand Kviknes Hôtel, lieu de villégiature du roi Guillaume II, qui rappellera sans doute aux amoureux de Wes Anderson l’esprit de son Grand Budapest Hotel (en moins rose quand même). On a même pu visiter l’intérieur, avec ses multiples salons donnant sur le fjord, et dont le style début du siècle ne manquera pas de faire voyager ceux qui y séjournent !

Calme, paisible et romantique, Balestrand pousse même le charme jusque dans les panneaux à l’ancienne du village. En bref, c’est une adorable destination. Et le camping est au top : des douches flambant neuves et jolies, avec eau chaude à volonté. Une première ! Autant dire qu’on en a bien profité…

 

Jour 6 : Balestrand – Geiranger
Ce matin, réveil sous une petite pluie. On n’a toujours pas vu le type du camping, limite on pourrait partir sans payer. Mais bon, on n’est pas des délinqu’.
Après avoir réglé notre dû, nous reprenons le bac à Dragsvik. Depuis la veille, la route n’a pas changé, elle est toujours aussi belle. Nous dépassons Sogndal et partons à gauche, sur une route montant gentiment. De là, nous entrons dans une vallée aux couleurs flamboyante, un bout de fjord lisse à droite reflétant l’éclat du paysage sur sa surface miroir. Je suis émerveillée. Plus loin, un énorme glacier surgit entre deux sommets, oscillant entre le blanc et le bleu. Nous nous arrêtons pour le prendre en photo sous tous les angles.

jour5_vue_glacier_route_balestrand_geirangerNous passons ensuite à Skei, où nous faisons quelques courses, et, curieux, entrons dans un énorme christmasshop (comprendre : un énorme magasin de souvenirs, dont une partie est dédiée à des décos de Noël au summum de la kitshitude). Un peu plus loin, dans le village de Byrkjelo, nous tombons sur une petite boulangerie / épicerie fine, où nous passons vingt bonnes minutes à regarder chaque produit, avant de repartir avec un pot de miel, des confitures, des pains sucrés à l’anis, au chocolat… Une bonne petite razzia quoi.

Nous mangeons à Fjelstova sur un grand plateau tout orangé, qui en hiver sert de point de départ pour un large domaine skiable, avec vue sur l’envers du glacier que nous avons croisé plus tôt sur la route. Nous redescendons par une petite route serpentant dans une forêt clairsemée, chaque virage nous ouvrant un peu plus la vue sur les rives du fjords en contrebas. Là encore, les couleurs semblent avoir été travaillées à la gouache. Et pour une fois, j’arrive à attraper quelques images au vol, nettes ET cadrées ! Du grand art.

Nous faisons le tour complet de plusieurs fjords, passant de vallées en vallées, traversant moult petits villages, avant de passer Stryn, une ville relativement éloignée de tout, mais bien vivante. Nous continuons la route tout droit dans la vallée, nous enfonçant entre de larges montagnes. Il commence à pleuvoir beau propre, et nous ne croisons pas grand monde. Puis nous nous retrouvons au pied d’une route qui fait assez peur à voir quand on voit son tracé GPS !
On entame donc la montée, croisant sur le chemin quelques jolies cascades. Puis viennent les tunnelen (tiens ! Ca faisait longtemps…), qui à la sortie nous offrent un paysage pour le moins déroutant : on se croirait sur Mars ! Que des rochers, partout, quelques filets d’eau pour rivières, quelques herbes orangées pour donner un semblant de couleur, et voilà. Pas d’habitation, pas de végétation… Un désert pelé !

Nous traversons un dernier tunnel, avant de bifurquer à gauche… sur la fameuse route de Trollstigen. Nous avons déjà perdu pas mal de degré, passé en dessous des 10 ! Le début de la route serpente à plat, le long d’un lac, jusqu’à ce que surgisse sur la gauche un énorme glacier tout plat. C’est hyper impressionnant ! Nous passons à proximité de la route montant au point de vue de Dalsnibba, puis nous attaquons la descente… Et là, attention les yeux ! On enchaine les épingles, les virages sont hyper serrés. Ca fait un sacré effet ! Mais c’est vraiment magnifique… Même sous la pluie.

Puis enfin nous retrouvons un peu de civilisation, les premières maisons apparaissent. On ne dirait pas qu’on va arriver sur les rives de l’un des fjords les plus connus de Norvège : celui de Geiranger.
Quelques virages plus loin, nous voyons enfin apparaître l’eau. Nous n’irons pas jusqu’au village ce soir, le camping que nous avons choisi se trouve quelques lacets au dessus du centre.

jour5_vue_geiranger_route_balestrand_geirangerNous nous établissons au Vinje Camping, un petit bout de nature avec une grosse cascade à proximité des emplacements, des terrasses d’herbes abritées par quelques arbres, des sanitaires tous neufs… Nous y resterons deux nuits ! Nous choisissons un emplacement pas très loin de la cascade (qui fait quand même un sacré boucan), puis nous installons confortablement devant une petite série. Ce soir, c’est détente !

Travel Report #6 : Le Sri Lanka (part 2)

Jour 4

Aujourd’hui, gros programme : la visite du site archéologique de Polonnaruwa, et un safari en Jeep dans le parc de Minneriya. On a la joie de trouver une petite grenouille dans notre salle de bain (décidemment, c’est la foire ici). Mais bon, on va pas faire nos farouches. Et puis de toute façon, c’est l’heure de partir.

Première étape, un petit arrêt devant le fameux temple de Dambulla et son Bouddha doré géant. Une esplanade pleine de jarres fleuries, une tête de dragon qui surplombe l’escalier, des fleurs roses sculptées… Ça fait très chinois tout ça. Mais ça n’en est pas moins joli et impressionnant. Et puis maintenant qu’on est vraiment en bas des escaliers qui montent aux grottes, on regrette encore un peu plus de ne pas pouvoir y monter. Rah.

Retour dans le bolide, pour rouler jusqu’à l’ancienne cité de Polonnaruwa. Sur une surface de 89km2 s’éparpillent vestiges de palais, temples, bains… Une visite que l’on voulait faire à vélo, histoire varier les plaisirs et faire un peu d’exercice. Mais quand il fait pas loin de 40° sous le soleil de midi, le vrai plaisir, c’est de retrouver le vent frais de l’air conditionné dans la voiture entre chaque découverte. Siri nous a donc gentiment transportés de lieu en lieu, ne sélectionnant que ceux réellement dignes d’intérêt. Il faisait une chaleur de dingue. J’ai même fait péter le chèche sur la tête. Pour dire.

On a fait une petite pause sympathique pour boire une noix de coco fraiche à l’ombre. Rien à voir avec celles qu’on a en France ! Il y a beaucoup plus d’eau dedans… Et elles sont jaunes orangées à l’extérieur. Voilà pour le cours de sciences nat.

Pour le repas de midi, on a mangé chez l’habitante. Notre hôtesse nous a cuisiné le rice and curry typique sri-lankais. Délicieux ! Et pour la première fois nous avons eu la chance de goûter au dessert le plus répandu là-bas : le curd and treacle. Autrement dit, une sorte de yaourt au lait de buffle accompagné de Kithul. Pour ma part, le lait de buffle se résume à la mozzarella di buffala. En yaourt, ça passe beaucoup moins bien… Par contre le kithul, fait à base du jus d’une fleur de palmier, peut être considéré comme l’équivalent du sirop d’érable sri –lankais, et ça c’est vraiment bon !

Après ce repas copieux, nous reprenons la route direction le parc de Minneriya, pour notre safari. En chemin, Siri nous explique que, les éléphants migrant en fonction des saisons, nous allons plutôt nous orienter vers le Hurulu Eco-park, réserve naturelle forestière adjacente au parc de Minneriya. C’est là que ce trouves les animaux pendant la saison sèche. Qu’à cela ne tienne !

Jour4_barque-lacUne belle Jeep vert foncé nous attend lorsque nous arrivons. Aaah je me sens l’âme d’une aventurière tout à coup ! On part sur les chemins défoncés, et autant dire que cahote sec. On se fait bousculer dans tous les sens, c’est presque impossible de prendre une photo du paysage. Dès que tu lâches la barre de toit, c’est à tes risques et périls. Quand tu te l’es prise deux fois dans les côtes, tu intègres vite la leçon. Nous partons donc à la chasse aux éléphants (FACON DE PARLER hein, n’allez pas me taxer de démon ou d’horreur humaine, ce n’est qu’une expression) et, chance pour  nous, ça aura été vraiment fructueux ! Nous avons croisé plusieurs troupeaux, les bêtes n’étant parfois qu’à un mètre de la voiture, admiré pendant plusieurs minutes une maman et son petit, qui devait avoir 3 mois tout au plus… Trop cute.

Bon évidemment je vous passe les détails sur la chaleur accablante et le soleil qui me tapait méchant sur la tête, ça fait partie de l’expérience dirons-nous ! Et puis la fin du safari s’est soldée par un retour par la route, cheveux aux vents… Comme dans un clip wesh.

Une bien bonne journée en somme, que nous avons conclue par un petit cocktail à l’hôtel. Bon, je dois dire que l’arrack, même mélangé à des fruits cool, ça fait un peu tousser. Mais à part ça, la soirée était fort sympathique. Nous avons même pu nous amuser à chasser le lézard sous le lit, ce qui était vraiment bienvenu, juste avant d’aller se coucher…

Jour 5

Ce matin, c’est pas la même. Le réveil entonne sa douce mélopée à 6h, car nous devons être frais et dispos pour 7h : nous allons monter au sommet du Rocher Lion. Ici, le jour se lève bien plus tôt qu’en France, vers 5h je pense, et en toute logique, se couche plus tôt aussi : à 18h30, y’a plus personne là-haut.

A 6h donc, le jour filtre déjà à travers le rideau, et en ouvrant l’œil, n’aperçois-je pas deux petites ombres lézarder sur le mur d’en face ? Ah, les petits fdp, ils se sont introduits dans la chambre et nous ont peut-être courus dessus toute la nuit ! Je ne les quitte pas du regard, pas apeurée, mais pas rassurée non plus. Et Bibi, à côté de moi, n’arrive pas à ouvrir l’œil, il est trop tôt.

Une heure plus tard, la panse remplie de pancakes et de pastèques, on décolle pour le Lion’s Rock. Il est en effet recommandé d’y grimper tôt le matin, afin d’éviter les trop grosses chaleurs et le soleil qui tape. Etant donné qu’il fait déjà plus de 30° à l’heure qu’il est, je me demande bien comment ça peut être pire.

Jour5-nenupharsPour la petite minute culture, le Rocher Lion est une grosse pierre d’environ 200 mètres de haut, et dont la surface plane a accueilli, il y a bien bien bien longtemps le palais d’un roi. Très peu mégalo, celui-ci avait 500 épouses, et avait fait en sorte que pour monter la dernière volée d’escaliers menant à sa demeure, il fallait passer entre les pattes et dans la gueule d’une immense tête de lion sculptée. Oui bon ok c’est super stylé, mais un peu too much quand même, non ?

Jour5-vue-Rocher-LionBref. Il est 7h et des patates, Siri nous a de nouveau confié à une guide plus calé sur le sujet et plus sportif que lui (pardon, Sisi), et nous partons donc à l’assaut de la montagne. Nous traversons d’abord les anciens jardins de bassins : le côté droit est excavé, pas le gauche. Mais le guide nous confirme que les jardins étant parfaitement symétriques, il y a les mêmes bassins à gauche, à la différence qu’ils sont encore enterrés.

Puis nous arrivons au pied des premiers escaliers. Certains sont encore d’époque, en marbre blanc. Les autres sont en béton, et avec une hauteur de marche un peu mesquine ! Le guide fait des arrêts réguliers, pour nous expliquer un petit peu l’histoire de tout ce qui nous entoure. Je décède un peu plus à chaque pas, mon corps se liquéfiant lentement dans la chaleur et dans l’effort. J’ai chaud. Chaud. Chauuuuud cacao.

En chemin, nous visitons une grotte qui abrite des peintures représentant 18 des 500 femmes du loustic. Faudrait un sacré grand mur pour qu’elles y soient toutes faut dire ! Elles sont ultra bien conservées, et surtout magnifiques, super colorées… Puis l’ascension continue encore, jusqu’à une grande plateforme, où nous retrouvons les fameux escaliers entourés des pattes de lion. C’est l’unique vestige qu’il reste de la sculpture, malheureusement.

Jour5-vue-bas-rocherEnfin, il y a moi aussi. Un beau vestige tout rouge et déshydraté, qui se renverse une bouteille d’eau sur la tronche, sous l’œil compatissant du guide. I’m good, I’m good. Après cinq petites minutes de répit à l’ombre, nous entamons donc la dernière partie du périple, sur des marches en fer qui jaillissent de la roche (admirez le lyrisme de cette phrase). J’ai beau ne pas avoir le vertige, je reconnais que je ne suis pas ultra rassurée. Et ce sera pire à la descente ah ah ah.

Puis, la consécration. Enfin, nous arrivons au sommet, et pouvons jouir de l’imprenable vue à 360° sur toute la région de Sigirya. Les montagnes brumeuses au fond, la vallée verdoyante, et… ooh regarde, c’est notre hôtel ! Hihi. Coucou l’hôtel !  #Touslesmemescestouristes

Jour5-vue-sommet-rocherNous prenons quelques selfies, histoire de garder pour la postérité cette rougeur humide qui recouvre mon visage. Puis nous redescendons, par ces mêmes marches en métal qui font peur, avant de prendre un chemin différent pour filer jusqu’en bas. En tout, nous aurons grimpé près de 1104 marches.

Quand nous retrouvons Siri, il nous félicite de la vitesse à laquelle nous sommes montés, puis redescendus. De vrais cabris ! Enfin, si on peut dire. Nous repassons un coup à l’hôtel, pour faire le check-out, prendre une douche et faire un plongeon dans la piscine (mais pas dans cet ordre-là). Je me rends tristement compte que je ne peux pas remettre mes habits, ils sont trop mouillés. Je ne pensais pas que mon corps pouvait expulser autant d’eau dans l’effort. Merde.

Nous poursuivons ensuite notre route vers Anuradhapura, un autre site archéologique de renom : cette ville fut la capitale de l’île pendant plus de 1000 ans, à l’époque de JC (Jésus Christ, pas Jean-Christophe), et même avant. Conscient que nos petits organismes d’européens ne peuvent pas supporter trop de chaleur et de soleil, Siri nous a prévu la visite en milieu d’après-midi. Nous nous installons donc à l’hôtel pour y passer quelques heures en attendant.

Même topo que pour Polonnaruwa : Siri nous trimballe de lieu en lieu, nous prenons des photos, faisons le tour du propriétaire… Anuradhapura recèle de nombreux stupa, que nous pouvons assimiler à des temples ou reliquaires, censés contenir des défunts ou des reliques de Bouddha. Certains sont blancs, comme la plupart de ceux que nous avons croisé jusqu’à maintenant, mais d’autres sont en pierre brune, immenses !

Et, comble du bonheur, nous sommes seuls. Absolument seuls. Nous aurions réservé les lieux que nous n’aurions pas été plus tranquilles. Alors que nous déambulons nonchalamment dans les grandes esplanades, l’orage gronde. Et on craint fortement de se prendre une grosse mousson sur la tronche.

On se rend donc au dagoba Ruvanvelisaya, le plus vénéré de la cité. On y voit des moines en pleine prière, entonnant des chants sacrés. On se sent très chanceux de voir ça, mais on a envie de se faire tout petit. Une cérémonie est d’ailleurs en train de se préparer, mais nous ne pouvons pas rester : nous avons rendez-vous avec le plus vieil arbre du monde…

Lieu majeur et magique du site. L’arbre Bô est entouré d’un temple, et, comme à Kandy, les bouddhistes viennent y déposer des offrandes auprès de ses nombreux autels. Le jour décline, et les croyants chantent. Ils apportent des fleurs et des tissus chamarrés, déambulent en silence. L’atmosphère est unique, sacrée.

On ne peut pas toucher l’arbre, mais simplement contempler ses branches qui tiennent grâce à d’immenses tuteurs dorés. 22 siècles quand même, le p’tit.

On repart avec la frustration de ne pas pouvoir rester plus longtemps dans l’enceinte d’Anuradhapura. Siri marche au pas de course, pendant qu’on bougonne derrière. Je crois qu’il est pressé parce qu’il ne veut pas conduire de nuit. En même temps je le comprends, bichette, déjà que la journée c’est pas la joie, je pense que la nuit c’est du suicide !

Jour 6

Last day before beach. Une grosse journée de route nous attend aujourd’hui : on doit remonter jusqu’à Trincomalee, faire une pause visite, puis redescendre jusqu’à Passikudah pour poser nos fesses sur des transats pour les 7 jours suivants. Sacré prog’ !

Trincomalee, ou Trinco, pour les intimes, se situe au bord de la mer. Vous imaginez donc bien que quand on a commencé à apercevoir un bout de bleu, on était tout content content. Et puis la ville en elle-même est jolie. Enfin, la rue qu’on a traversée en tout cas était étroite, pleine de maisons très colorées, et même s’il y avait beaucoup de monde partout, j’avais quand même très envie de descendre du van. Mais j’ai pas pu.

On a directement filé au Fort Frederick, dans lequel se trouve le temple indou de Koneswaram. Ou plus simplement une petite merveille. Bon évidemment c’est un joyeux bordel de couleur. Il y en a tellement partout qu’on ne sait plus où donner de la tête, mais c’est tellement chatoyant, tellement différent, tellement fou quoi ! C’était interdit, mais j’ai pris des photos. Faut pas déconner quand même.

On a ensuite repris la route pour descendre vers la baie de Passikudah. Une région bien différente de tout ce qu’on avait pu voir jusqu’à présent ! Beaucoup plus vide, aride, et surtout pauvre. Siri nous explique que cette partie du pays a été touchée d’abord par la guerre civile, puis par le tsunami de 2004. Ceci explique cela…

Des kilomètres et des kilomètres plus tard, nous arrivons enfin. ENFIN !

Je vous passerai les détails pour le moins inintéressants de notre semaine rythmée par le choix du bon transat et les baignades régulières dans de l’eau trop chaude pour être rafraichissante…

Jour 7, 8, 9, 10 (variation du délice), 11, 12

Nous avons quand même tenté de varier les plaisirs en faisant des excursions en bateau, qui nous ont permis de voir de beaux poissons, et même de leur donner à manger. Nous avons aussi visité la ville de Batticaloa, et notamment son marché couvert, pour lequel j’ai eu une adoration particulière.

Et puis j’ai hurlé sur un jet ski, parce que ça allait vite et que ça faisait peur. Mais j’ai bien aimé.

Jour 13

Il est temps de quitter cet eldorado. Et hop on retraverse le pays dans l’autre sens ! Sur la route, nous repassons par des endroits que nous avons visités. Nostalgie, quand tu nous tiens… Puis nous faisons un arrêt après Kandy, dans une fabrique de thé surgissant au détour d’un des nombreux virages d’une petite route sinueuse dans la montagne. Au milieu de vieilles et imposantes machines, d’effluves de feuilles de thé, nous voyons étape par étape le processus de fabrication de la petite boisson fétiche de 17h. Eh bien mes amis, je peux vous dire que c’est pas simple ! Et puis bon évidemment, on s’est bien lâché dans la boutique… J’ai de quoi boire un thé sri lankais tous les matins pendant au moins un an !

Le voyage a continué jusqu’à Negombo, dernier point de chute avant de retourner prendre l’avion. Une ville immense (moi qui croyait que c’était une ancienne ville de pêcheurs… Sous-entendu petite et pittoresque), où j’ai eu la triste occasion d’y croiser un Burger King. Merde alors, ils sont venus jusqu’ici les cons !

Bon, le coup du village de pêcheurs, je ne l’ai pas inventé : Negombo est connu pour son marché aux poissons. C’est donc la dernière activité locale que nous allons découvrir, le nez bien accroché, vous vous en doutez. Avec le recul, nous sommes ravis d’avoir vu cela avant de partir, et non pas en arrivant, car sinon, on n’aurait pas mangé beaucoup de poisson pendant notre séjour… Posés à même le sol, découpés sur des tables à côté desquelles trainent des chiens, des corbeaux venant picorer des morceaux oubliés et un peu de sang… Hmm quel délicieux spectacle ! Un peu moins aseptisé que chez nous, ce n’est rien de le dire…

Le voyage s’achèvera donc là-dessus. Décollant à 3h du matin heure locale, nous avons quand même pris un hôtel histoire de pouvoir dormir un peu de 20h à minuit. On aura même l’occasion de voir une averse de mousson, et c’est bien ce à quoi on s’attendait. De grosses grosses grosses gouttes qui tombent très vite, pendant pas très longtemps.

Siri nous ramène à l’aéroport, à travers des rues absolument désertes, vu que c’est la nuit. Ca fait tout bizarre.

Comme à l’allée, nous faisons escale à Doha. Pas de LAST CALL cette fois, j’ai le temps de payer 12€ un chai latte, un jus d’orange et un pain au chocolat. Tout va bien. Puis nous nous envolons pour retrouver la fraicheur des Alpes, non sans un petit pincement au cœur. C’est passé beaucoup trop vite, évidemment.

Pour se consoler, on organise un repas sri lankais, histoire de malmener encore un peu notre transit (on n’en peut plus, de toutes ces épices partout tout le temps !) et de faire découvrir à la famille les joies du mallum et des papadums. Testé et approuvé !

 

Prochaine destination ? Un indice : Vi sees snart !

Travel Report #6 : Le Sri Lanka (part 1)

Les intros, c’est ce qu’il y a de plus dur à faire. J’adorerais vous introduire ce voyage d’une manière un peu cool et fofolle, mais comme ce qui compte, c’est que je vais raconter après, je vous propose de passer directement à la suite.

Ce 21 avril 2016, je me suis donc envolée pour… le Sri Lanka. Point géo : le Sri Lanka est une île en forme de goutte, qui se situe à la pointe de l’Inde. Pour les 35 ans et + (roh, c’est mesquin), vous la connaissez peut-être sous son ancien nom, île de Ceylan. Comme le thé, oui.

Flanquée de mon amoureux et de son père, je pars donc à Genève prendre l’avion qui nous emmènera à Doha, avant de poursuivre vers Colombo. Nous avons des sacs très lourds, qui bien évidemment sont sans roulettes, mais comme mes hommes sont gentlemen, c’est pas moi qui souffre à les porter. Hihi.

On s’envole à 18h, pour sept heures de voyage jusqu’à l’escale. Nos tentatives d’endormissement étant restées vaines, on sent que la nuit va être longue (et la journée qui suivra aussi). Arrivés à Doha, on aurait adoré profiter de tous les équipements de ce Disneyland des aéroports, mais notre vol est annoncé en LAST CALL, donc on court jusqu’à notre porte, comme plein d’autres petits Sri Lankais tous stressés à l’idée de rater leur correspondance. L’avion est grand, on se dit « chouette ». Mais placés au fond à côté des toilettes, et comptant sur l’égoïsme forcené de cette enfant qui hurle à la mort au milieu de tous ces gens fatigués alors qu’il est 4h du matin, nous ne fermons pas plus l’œil.

Mais quand j’aperçois le soleil et les palmiers à travers le hublot, ma joie est intense, et ma frustration oubliée.

Jour 1 (amour n°1… pardon) 

Nous y sommes ! Le temps de changer nos euros en roupies, nous retrouvons notre guide, un petit sri lankais en chemisette vert anis, au doux nom de Siri (ça s’écrit comme le gonz de l’Iphone oui. Mais ça se prononce chiri. Bon ok, ça nous a fait rire des fois). La sortie de l’aéroport me fait rêver : il y a une allée, des fleurs roses, des palmiers, et une chaleur digne d’un hammam. Je sens que je vais vite regretter mon jogging doublé pilou.

Siri nous embarque dans son van neuf et climatisé, qui sera notre titine de la semaine. Hormis le fait qu’il n’y a pas de ceintures de sécurité, on est plutôt carrément confort ! Commence alors l’émerveillement permanent, un état qui ne quittera qu’à mon retour en France. Tout, absolument tout est nouveau, beau, exotique.

Les maisons colorées, les boutiques bordéliques et poussiéreuses, la végétation, les gens. Bon, la route aussi, faut qu’on en parle. Ici, pas de code de la route. La règle c’est : je ne veux pas attendre et ça passe. Comprendre : si je me retrouve derrière plus lent que moi, je double, coûte que coûte. Même si un bus ou un camion arrive à toute berzingue sur la voie d’en face. On a dû faire 500 mètres avant que je ne prenne conscience de ça, et que j’attrape frénétiquement le bras de mon cher et tendre en criant « oh putain le bus LE BUS ! pfiouuu…. » « oh putain le CAMION ! aaah… » « Mais il est dingue ! ». Enfin bref, vous avez compris le délire.

On fait route comme ça jusqu’à Pinnawala, où se trouve un orphelinat d’éléphants. C’est aussi là que nous prendrons notre premier repas. On peut apercevoir un petit troupeau se baignant dans une rivière sous surveillance d’un gardien, puis dans le parc, des éléphants en semi-liberté. Au final, le lieu est plus touristique qu’autre chose, et nous aurons d’autres occasions de voir des éléphants dans des circonstances bien plus exceptionnelles.

Jour1-Pinnawela

Rue de Pinnawela

On repart, et malgré mon obstination à ne vouloir rien louper du paysage qui m’entoure, je finis par m’endormir. J’ouvre un œil lorsqu’on passe Kandy, ancienne capitale du pays. Les échoppes et le bordel sont les mêmes que dans les villages qu’on a pu traverser jusqu’à maintenant, mais juste en plus grand. Je me rendors. Quand je me re-réveille, il nous reste 16km à parcourir jusqu’à notre premier hôtel, un lodge perché sur les hauteurs, au milieu des plantations de thé. Je me dis « chouette ! On est quasi arrivé ! ». En fait non. La route monte, tourne, est étroite, escarpée. On roule donc « doucement », même si on continue de farouchement se doubler alors que la route est à flanc de falaise. Je suis quand même contente d’être sortie de ma torpeur : grands arbres majestueux, petits singes malicieux, étendues pleines de thé, petites baraques bleues, jaunes, vertes… Cette route est d’une beauté ! On passe près d’une fabrique de thé toute en tôle bleu pâle, puis on continue. La route se transforme en chemin mi goudron mi terre ocre, où le 4X4 serait plus indiqué que le van. On aperçoit des ramasseuses de thé que l’on a juste le temps d’immortaliser, puis dernier village avant d’apercevoir le lodge. La route devient plus étroite encore. Mais Siri en vrai c’est Fangio, il passe vite et partout.

Jour1-Ramasseuses_the

Here we are au Madukelle Tea & Eco Lodge. Déco coloniale, resto donnant sur un petit potager, piscine dominant la vallée, et lodges individuels perchés un peu partout dans le domaine. Les terrasses des chambres offrent une vue imprenable : c’est le paradis. La douche apparait comme un cadeau du ciel, puis après avoir pris un peu de repos, on descend manger. On ne s’éternisera pas : demain, il faut se lever tôt.

Jour 2 

Après une nuit passée comme dans un cocon, on se réveille avec le soleil qui tape déjà comme il faut sur la toile tente. Un petit air de flûte monte du village d’en dessous, c’est intriguant mais plutôt rigolo pour se réveiller. Bien que très répétitif au bout d’un moment. On s’habille, on mange un petit dej et gargantuesque, et c’est parti pour Kandy. Comme je suis bien éveillée cette fois, je redécouvre toute la partie de la route que j’ai ratée la veille. On croise beaucoup de crèches et d’écoles sur le chemin !

Première activité de la journée : un massage ayurvédique dans un spa traditionnel sri-lankais. Dans une jolie propriété ombragée, le spa prend la forme d’une maison blanche : au rez-de-chaussée l’accueil qui, je dois l’avouer, est quand même légèrement kitchouille avec son sofa en velours à franches vert olive et ses néons clignotant bleu et rose fluo. C’est le charme de l’Inde. On opte pour la formule tradi massage de la tête, du corps, et hammam. On ressort pour faire le tour de la maison et passer à l’étage. Les garçons, ensemble, moi, dans une petite salle dépouillée : deux tables en bois foncé recouvertes d’un matelas et d’une serviette. J’ai pour mission de me déshabiller (oulala !) et de m’envelopper d’une serviette à la forte odeur d’huile essentielle. Une masseuse arrive, l’air souriant et gentil. Elle me fait m’asseoir et me détache les cheveux, pour commencer par le massage de la tête. La biche n’y va pas par quatre chemins : elle ouvre une petite bouteille d’huile, et me la verse sur le crâne. Mon instinct féminin me dit : noooon, pas ça, je vais avoir les cheveux gras toute la journée. Mais bon, je suis à l’autre bout du monde, au diable les jugements (et les varices).

Si ayurvédique rime avec énergique, c’est pas pour rien. Même si ça détend, il ne faut pas s’attendre à de douces caresses. Après une bonne activation du cuir chevelu, je prends place sur la table pour le massage du corps, toujours avec de l’huile, beaucoup d’huile. Puis enfin après 40 bonnes minutes, je retrouve les garçons dans le hammam, très sommaire : trois bancs en bois étroits le long du mur, et une chaleur qui provient de vraies flammes… dans le sol. Un épais tamis en bois nous protège les pieds, mais on se garde bien de marcher dessus.

Première expérience d’immersion concluante ! On sent beaucoup l’huile, mais on repart emballé. Petit arrêt dans un resto à proximité pour manger un bout, où l’on découvre avec joie (et notre estomac avec crainte) le plat typique sri-lankais : une grande assiette de riz blanc accompagnée de sept ramequins contenant des curry, des sautés de légumes, un mallum (ou mallung : une salade de feuilles et de noix de coco avec des épices… the big coup de cœur), des papadums… Bref, un plat pour une personne qu’on aurait pu manger à trois sans problème.

La suite du programme, c’est la visite du Temple de la Dent à Kandy. De son vrai nom Sri Dalada Maligawa, ce temple blanc aux balcons dentelés abriterait la dent de Bouddha, relique vénérée et célébrée par une majestueuse fête, avec des éléphants parés d’ornements et des danseurs. Malheureusement, il n’y avait que des chinois quand on y est allé nous. Et la petite surprise sympathique à laquelle on ne s’attendait pas fut l’odeur devant le temple. Je n’ai pas tout de suite pu l’identifier, mon nez me disait juste qu’elle était très désagréable. Puis en voyant marcher partout tous ces gens avec leurs pieds nus, en les voyant se rincer ces mêmes pieds au jet d’eau, dans une grande flaque, j’ai fini par comprendre : c’était en fait une odeur d’eau parfumée aux pieds, stagnant sous un soleil de plomb. Mais quel DELICE ! Vous imaginez pas.

Jour2-Ext-temple-KandyBon en même temps, j’ai pas fait tout ce chemin pour m’arrêter ici à cause d’une pestilence dans l’air, donc qu’à cela ne tienne, moi aussi j’enlève mes chaussures, et je pars à la conquête du Temple de la Dent. L’intérieur est très joli, en bois foncé, pierre, tissus ornés d’or. A l’étage, une salle de prière, où les bouddhistes viennent déposer sur une grande table des fleurs de lotus en guise d’offrande. L’air est fleuri et chargé d’encens, l’atmosphère douce et calme. Vous vous en doutez, personne ne verra la dent (parait-il que la vraie de vraie n’est pas là en fait, ce n’est qu’une copie qui se trouverait à Kandy).

On redescend, et Siri, ce coquinou, nous emmène dehors, pour aller voir un petit musée contenant la relique de l’éléphant sacré qui portait la dent, et un grand kiosque baptisé « King’s Speech » (pas la peine donc d’expliquer à quoi il servait). Sauf qu’on est pieds nus, et que les pieds nus sur la pierre qui crame au soleil depuis potron-minet (j’adore ce mot), eh bah ça fait pas DU TOUT bon ménage. J’ai couru en sautillant et en soufflant, cherchant désespérément une matière de sol qui ne soit pas grise et dure, en vain. Ca chauffait sévère sous mes petons, même si à chaque pas je me disais « tu vas t’habituer ». Non, on s’habitue pas en fait. Heureusement, il y avait un peu d’ombre au bout de l’allée, où j’ai pu prendre quelques minutes de convalescence avant de refaire le chemin en sens inverse. L’épreuve du feu, c’est le cas de le dire.

Visite terminée, retour dans la fraicheur bienvenue du van, direction l’hôtel. Petits flemmards que nous sommes, nous voulions pouvoir profiter de la piscine un peu… Toutes fenêtres ouvertes et tous objectifs dehors, on passe l’heure qui suit à mitrailler tout ce qui passe. JE VEUX DES PHOTOS DE TOUT. Non franchement, je suis prise d’une frénésie photographique, impossible de m’arrêter.

Comme il se doit, en arrivant, nous prenons un smoothie aux fruits frais et nous ébrouons dans l’eau. Ici, il fait beaucoup moins chaud qu’en bas, à Kandy, car on est quand même en altitude ! C’est pas pour nous déplaire (sauf quand le vent souffle et que tu sors tout mouillé de l’eau, là c’est moins chouette).

On profite de la terrasse à l’apéro, puis du bon dîner, puis des belles chambres, puis on finit par essayer de s’endormir, malgré le bruit chelou d’une bête non identifiée qui court sur la toile de tente…

Jour 3

Toujours cette flûte pour nous accompagner dans la difficile épreuve du réveil. Ce matin, c’est la lettre à Elise. Mais juste les 34 premières notes. Refaites l’air dans votre tête, vous comprendrez. Au bout de la troisième fois, c’est chiant.

A regret, nous quittons notre bel Eco Lodge. Tu vas nous manquer, Maduk’. Nous poursuivons la route par laquelle nous sommes venus, en direction de Dambulla. Une route à flanc de colline, qui traverse des petits villages, au milieu d’un paysage plus verdoyant encore que ce que nous avons vu jusqu’à maintenant. Un vert qui brille, qui pète, de belles étendues de thé sur des collines aux arrondis presque trop parfaits pour être réels.

Jour3-maisonbleue-routeAprès moult virages, nous débouchons sur le haut d’une vallée : celle de Matale. On s’arrête quelques minutes histoire de se dégourdir les jambes et prendre quelques photos, et c’est reparti pour la descente. Une route toujours aussi étroite et sinueuse, bordée d’arbres élancés et de gros rochers, des petites grappes de maisons, des fabriques de thé désaffectées… Nous croisons des écoliers et des ramasseuses de thé qui remontent le long de la route, avec une certaine admiration, vu la chaleur qu’il fait dehors et la dangerosité de l’endroit !

Jour3-Plot-Matale_roadNous finissons par arriver dans la ville de Matale, que nous ne ferons que traverser. Nous tombons derrière un camion benne qui ne va pas assez vite au goût de Fangio alias Siri. Celui-ci s’efforce de lui faire comprendre à coup de klaxons et d’appels de phares qu’il a envie de le doubler, mais monsieur dans son gros camion n’a manifestement pas envie de se laisser faire. Siri n’en a cure, et lui colle au fesses. Le manège dure de longues minutes, et moi, je filme, parce que je veux rapporter une preuve mouvante de ce qui passe sur le bitume sri-lankais. Et là BIM. Le camion pile fort, Siri pile très fort et Marie tombe de son siège beau propre. Et un bleu sur la fesse droite, un ! J’ai la preuve en vidéo.

Du coup, j’ai cherché un peu mieux et j’ai trouvé une ceinture, une petitoune ceinture qui ne prend que les hanches, mais qui a le mérite d’exister. Après ça, autant dire qu’elle ne m’a plus quittée.

L’étape suivante, c’est la visite d’un spice garden, ou jardin d’épices pour les non-bilingues. Comme son nom l’indique, c’est un jardin dans lequel sont plantés toutes sortes d’arbres à épices ou d’arbres fruitiers : muscade, poivre, vanille, cacao, ananas, aloe vera… Nous avons même vu des ananas rouges ! (eh oui, ça existe)

Jour3-Ananas-spicegardenPour cette visite, Siri a délégué son job à un guide du jardin, parlant français. Un homme fort charmant, avec des connaissances assez étonnantes sur la France, soit dit en passant. On a ensuite eu droit à une démonstration de fabrication de poudre de curry en direct, avec torréfaction des épices à la poêle et mouture à la pierre. Pour finir, clou de la visite, ledit guide nous a emmené sous un petit kiosque, où il nous a fait la démonstration de tous les produits fabriqués avec les plantes et épices du jardin : dégustation de thé, test de crèmes, d’huiles, massages… On s’est fait chouchouter bien comme il faut, en somme. Evidemment, on s’est bien lâché dans la boutique à la fin, où tous les produits présentés étaient en vente… Pas possible de résister ! Et encore, j’ai été bien plus raisonnable que les garçons, curieusement ahah.

On poursuit notre chemin jusqu’à Dambulla, où l’on passe devant un temple orné d’un Bouddha géant de pas moins de 20 mètres… doré ! On ne manquera pas d’y revenir faire un tour. Après la pause déjeuner durant laquelle on déguste un délicieux porc au caramel (détail capital, vous en convenez), on file vers la ville de Sigirya, où il est prévu que nous fassions une balade à dos d’éléphant. On patiente un bon moment en attendant que la bête se rafraichisse dans le fleuve (il faut dire qu’il fait une chaleur à crever, je ne l’ai vraiment pas assez souligné je crois…), puis nos guides la préparent, en lui installant une nacelle sur le dos.

Jour3-homme-elephantNous voilà partis pour une petite promenade jusqu’au bord d’un lac, où la vue est imprenable sur le rocher de Sigirya (ou Rocher Lion), que nous grimperons le sur lendemain. L’expérience de la balade est vraiment cool : à chaque pas de l’éléphant, la nacelle penche d’un côté ou de l’autre, nous donnant vraiment l’impression que l’on va finir par se décrocher. Drôle hein ? Au retour, les guides nous font monter tour à tour sur le haut de son dos. On sent tous ses mouvements, on peut toucher sa peau et ses énormes poils, je suis comme une petite gosse. J’adore les éléphants.

Bon, ma petite déception du jour, c’est de n’avoir pas pu visiter le temple de Dambulla (celui du Bouddah géant). Si Siri avait été moins occupé à faire le foufou sur la route, peut-être qu’il aurait mieux anticipé le programme de la journée. Bon, ok, je suis un peu mauvaise langue, mais c’est vrai que nous avons pas mal attendu pour l’éléphant, plus que ce qui était prévu, et au final, on aurait peut-être eu le temps de visiter le temple. Il faut savoir qu’il faut compter un peu de marche pour accéder au cœur du bâtiment, qui se trouve dans une grotte, sur une montagne. En photo, ça avait l’air super.

On finit par rentrer à l’hôtel, où l’on fait connaissance avec nos amis les lézards jaunes translucides, qui sont absolument partout sur les murs. Coucou vous ! On en trouve même un mini dans la salle de bain.

On est un peu déçu de ne pas trouver de bar à l’hôtel, on était bien chaud pour un mojito. Du coup on passe à table à 19h, dans une salle vide et sans musique, ambiance ambiance ! Bon, d’accord, ce n’est qu’un petit détail, mais quand même, en vacances, ça compte les apéros !

Kazy Lambist, le mojito musical de l’été

J’ai découvert Kazy Lambist sur Virgin Radio (j’ai l’impression que ce n’est pas la première fois que je dois remercier Virgin Radio pour une découverte musicale, ça m’embête un peu.)

Bref. Un matin comme ça, ils ont passé un extrait, j’ai trouvé ça cool. Entre temps je suis partie au Sri Lanka (oui, je fais un peu de teasing au passage…), donc j’ai oublié. Puis en revenant, je suis tombée sur son nouveau clip, le-clip-de-la-chanson-que-j’avais-bien-aimé. Chouette !

Du coup j’ai écouté et ça n’a pas manqué… J’ai adoré.

kazy_lambist_web_lgmKazy Lambist, c’est en fait un montpelliérain de 23 ans qui s’appelle Arthur Dubreucq, et qui a beaucoup beaucoup de talent. Dans un portrait fait par Tafmag, on apprend qu’il ne veut pas donner de sens à sa musique, qu’il veut juste procurer des sensations à ceux qui l’écoutent. Donc ne cherchez pas ce que les paroles veulent dire. Fermez juste les yeux et laissez vous porter par ses crescendos. Des vagues délicieuses sur lesquelles vous serez obligé de bouger.

 

Commençons avec Big Fish par exemple. 4 minutes de musique fraiche et légère, au rythme à la gaité teintée d’une pointe de mélancolie. La voix claire d’Amoué qui vient se poser tranquillement à la fin de la chanson. On a envie de fermer les yeux et de danser un peu bêtement.

 

Il y a aussi Doing Yoga, plus profonde, plus onirique, avec d’exquises réminiscences de Thieves Like Us, à mon grand plaisir. Une musique de roof top / fin d’après-midi / soleil rasant.

 

Headson, elle se laisse découvrir petit à petit. Histoire de ne pas révéler tout de suite son harmonie. Douce comme de la guimauve, avec la voix vibrante de LC Elo, qu’on ne se lasse franchement pas d’écouter. Headson, c’est un paysage qui défile en voiture. De préférence aux Etats-Unis, pour plus de style.

 

Et puis il y a On You (la-fameuse-chanson-que-j’avais-bien-aimé), dont le clip est sorti là, y’a pas très longtemps. Les premières notes de piano sont envoûtantes, le rythme, la voix sont mystérieux. Et puis ensuite ça démarre… Le genre de chanson qu’on aime écouter très fort, parce qu’elle est très puissante.

 

Kazy Lambist en somme, c’est un petit bout d’électro pop sucrée et légère, qui va accompagner à ravir l’été qui s’annonce. Tout comme un petit mojito.