Balade aux Lumières

Cette année encore, c’est un univers féérique qui embrasse la ville pour quelques jours. Des effluves de vin chaud épicé parcourent les rues.
Place Sathonay, les gens dansent la valse. Malgré le froid, malgré la bruine parfois, rien ne vient perturber leur joie. Simple et entière.

Merci Lyon pour cet interlude magique.

 

 

 

Edvard Grieg – In the Hall of the Mountain King

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Love Lust Faith + Dreams

Hier, c’était la St Valentin. Certains étaient sûrement en mode “petite soirée romantique à deux”, d’autres simplement fidèles à leur orgie du vendredi soir. Moi, j’étais à la Halle Tony Garnier pour voir Thirty Seconds To Mars.

Je vais donc devoir essayer de raconter tout ça sans passer pour une groupie insupportable (que je ne suis pas) et sans utiliser de mots trop cochons (pourtant je vous jure, j’ai vraiment pris mon pied).

Me voilà donc à nouveau rendue dans cette grande fosse, entourée de centaines – et bientôt de milliers – de personnes de tous styles et de toutes générations, tous frustrés par la même attente. J’ai pris ma place au mois de novembre. Trois mois que j’écoute en boucle l’album Love Lust Faith + Dreams, chaque fois en me disant Mon dieu qu’est-ce que ça va être dingue en live ça. J’ai du mal à réaliser que ça y est, j’y suis.

Les lumières s’éteignent, première partie. J’ai jamais été fan des premières parties.

Puis les lumières se rallument, pendant quasiment une heure de temps (les mecs savent se faire attendre). Heureusement, il y a de la musique pour nous faire patienter. Entre autre un petit Billie Jean du King of Pop, dont le refrain sera chanté en chœur par toute la salle. J’avoue que ça m’a fait un sacré effet.

Tout à coup, noir. Les premières notes de Birth résonnent. Mais on crie un peu trop pour les entendre. Comme d’habitude, je ne me suis pas trop mal démerdée, je dois être à une quinzaine de mètres de la scène. Sauf que là, y’a trop de mains levées, je ne vois rien. Du tout. On aperçoit quand même Shannon (Leto), derrière sa batterie de malade mental, puis Tomo (Milicevic), au clavier. Et là… Et là Jared (Leto) arrive.

Bon ok, j’avoue j’ai un peu fait ma groupie à ce moment là.

Après, ça n’a été que de la folie, pendant presque deux heures. Les gens sautent, les gens crient, les gens lèvent les bras, l’ambiance est survoltée. J’y croyais pas vraiment, mais c’est comme dans leurs clips.

A la troisième chanson, des dizaines et des dizaines de ballons de baudruches géants et de toutes les couleurs nous tombent dessus, rebondissent, volent. C’est irréel. Le concert n’a pas commencé depuis 20 minutes qu’on se croirait déjà au final.

Ils enchainent sur Do or Die, je suis transportée.

“I will never forget, the moment, the moment”

Puis la pression redescend un peu, Jared se met à nous parler, il plaisante, nous dit que son “français est un peu dégueulasse” et que l’ambiance “c’est un truc de ouf”, il nous filme en train de crier “Happy Valentine’s Day”.

Il fait quelques chansons en acoustique, lumières allumées, c’est intimiste, parfait. J’ai l’impression d’être à la maison, c’est indescriptible, comme s’il n’y avait pas 20 000 personnes autour de moi.

On a ensuite droit à leur cover de Stay de Rihanna, qui passe très bien avec sa voix un peu éraillée. Puis le gros son repart, avec notamment Closer To The Edge, qui fut pour moi la consécration de cette soirée. La chanson avec laquelle je les ai connu. Mon instant de transe.

Mais la fin approche, je le sens. Je me sens déjà nostalgique. Jared se met à faire monter des gens sur scène : une, deux, dix, trente personnes. On entend des samples de Up In The Air. Les minutes s’étirent, on (j’en) peut plus d’attendre. Et puis enfin… le final de dingue. Tout le monde qui saute à l’unisson, qui chante, un seul corps, une seule voix.

Je pense que je n’ai pas besoin de préciser qu’à ce jour, c’est le meilleur concert que j’ai fait. Ces mecs sont des mythes. Bon, certes, ils le savent

“Those for whom this is the first time, I have one question : why did that take you so fucking long ?” Dixit Jared

mais maintenant je comprends mieux pourquoi.

Mention spéciale à Shannon Leto qui a lancé ses baguettes dans la foule à la fin du concert, et à mes potos Thomas et Flo qui ont réussi à en chopper une. C’était beau.

 

Bonne chance à celui qui devra rivaliser avec cette St Valentin 2014.

 

#1 – Chroniques : Roman Etudiant France Culture – Télérama 2014

Février rime avec litté(rature).

Oui je sais, ça ne ravira pas tout le monde. Mais il se trouve que je fais partie, pour sa première édition, du jury du Roman Etudiant France Culture – Télérama 2014. Une perspective assez réjouissante, je dois le dire.

C’est également l’occasion de lire à peu près une demie douzaine de livres en un mois. Qui plus est pendant l’année scolaire. Une première !

Mais c’est surtout l’occasion de lire des choses différentes. Et de les faire partager, parce que c’est plus sympa.

 

Un petit rappel des 10 livres en lice pour le concours :

Yannick Haenel – Les Renards pâles – Gallimard

Céline Minard – Faillir être flingué – Rivages

Frédéric Verger – Arden –  Gallimard

Jean-Philippe Toussaint – Nue – Minuit

Philippe Vasset – La conjuration – Fayard

Edouard Louis – En finir avec Eddy Bellegueule – Seuil

Maïlys de Kerangal – Réparer les vivants – Verticales

Lola Lafon – La petite communiste qui ne souriait jamais – Actes Sud

Célia Lévi – Dix yuans un kilo de concombres – Tristram

Jacques A. Bertrand – Comment j’ai mangé mon estomac – Julliard

Autant d’ouvrages éclectiques. Des romans de société, des romans sur l’identité, peut-être des autofictions. Auteurs aguerris ou premières publications. On a l’embarras du choix.

 

J’ai commencé avec Nue, de Jean-Philippe Toussaint.

Dernier volet de la quadrilogie Marie Madeleine Marguerite de Montalte (il faudra que je m’attèle prochainement à lire les trois autres), ce roman est une petite île, quelque chose d’à part. A travers les yeux du narrateur, il nous transporte dans le sillage de Marie, un personnage fort et fascinant. De ces femmes qui portent la grâce en elle. Qui semblent évoluer dans une insouciance pleine de beauté, une insouciance qui les rend inébranlables. Marie est la femme que l’on veut être, que l’on veut aimer.

Jean Philippe Toussaint nous emmène à Tokyo. A Paris. Sur l’Ile d’Elbe. Il pleut souvent. On rencontre des personnages un peu étranges, un peu mystérieux. Et pourtant, ce qu’on retient de ces 170 pages, c’est quelque chose de lumineux.

Ce roman est un roman d’amour, mais un amour subtil. On le ressent plus qu’on ne le lit, et c’est là toute sa force. Et j’ai beau n’en avoir lu qu’un seul sur les quatre, je ne saurais que trop vous conseiller d’aller à la rencontre de Marie. En commençant par le début, cette fois-ci.

 

“Les journées sont toujours affreusement longues et la vie dramatiquement courte” P. 153