Pourquoi toujours courir après la suite ?

Je me suis interrogée sur la nécessité de toujours avoir des perspectives. Peut-on être réellement heureux quand on ne poursuit aucun but, si ce n’est celui de vivre les journées les unes après les autres sans penser à ce qui viendra ensuite ?

C’est une question que je me pose sincèrement.

Question d’éducation ou d’ambition personnelle, il m’apparaît aujourd’hui difficile d’envisager la vie sans avoir un projet qui motive mon corps à sortir du lit tous les matins. Même quelque chose de dérisoire. Aller à l’université ne suffit pas, surtout quand que je sais que la visibilité que j’ai sur l’orientation de mon avenir s’arrête au mois de juin 2014. D’ici là, il me faudra trouver une suite à mon parcours, épanouissante et garante d’un débouché acceptable si possible. Autant de stress et de pression supplémentaires qui donnent envie de s’évader.

C’est pourquoi au milieu de ce brouillard angoissant j’ai envie de construire quelque chose. De viser un ailleurs, un mieux. Avoir des perspectives qui m’aident à rendre le quotidien plus motivant. Il me semble que les projets que l’on entreprend sont des défis qui servent à nous prouver que l’on peut toujours s’améliorer, que l’on est capable d’accomplir des actions nouvelles, différentes. De se dépasser. Alors on se lance à corps perdu dans la recherche d’un stage, dans l’écriture d’un livre, dans la composition de musique…

Et si ce ne sont pas des projets dont on est le principal acteur qui nous font avancer, il nous faut au moins la promesse que quelque chose de plaisant est prévu pour bientôt.

Les vacances.

Un voyage.

Une fête.

Ou simplement penser à quelqu’un. Autant de détails qui donnent un sens à l’existence et qui permettent de ne pas vivre que pour soi.

Tout cela se rapporte en fin de compte au même phénomène : le fait d’être constamment dans l’expectative. On ne vit jamais vraiment dans le présent, mais plutôt dans un futur plus ou moins proche, que l’on se plait à imaginer parfait, pleinement épanouissant. On serait presque effrayé parfois à l’idée d’atteindre cette plénitude, craignant qu’elle nous échappe. Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve.

C’est une course sans fin.

Mais finalement c’est peut être ça qui rend heureux : toujours croire que le bonheur se trouve dans ce qui nous attend.

 

 

The Shoes – Wastin’ Time

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Pourquoi mon avenir n’est (peut-être) pas en France

Aujourd’hui j’ai presque dix-neuf ans. Un bac + 2 bientôt en poche, il faut que je m’élance vers des terres inconnues. A nouveau. Je me rappelle de cette même peur qui m’était tombée dessus avant le BAC, quand paniquée je m’étais retrouvée à devoir choisir une orientation, comme si ce choix allait conditionner ma vie entière, sans retour possible.

Bien sûr aujourd’hui je suis plus mesurée, je sais que les choses ne sont pas aussi figées. Mais il y a toujours mon caractère un peu alarmiste et inquiété qui m’empêche d’être pleinement sereine et détendue. Ca et ma vision de la France. De la France ou du monde d’ailleurs ? Qu’on en convienne, plus rien de réjouissant aux infos depuis longtemps. Au pire des actualités que je qualifierais de “neutres”, puisqu’elles ne relèvent pas d’une catastrophe naturelle, d’une guerre, du chômage, de licenciements et j’en passe. Mais prévoir des éditions spéciales sur le conclave ne suffit pas à faire oublier que partout ailleurs, c’est la merde.

Et malheureusement, si pendant longtemps nous étions heureux de pouvoir nous retrancher derrière les belles prestations et la bonne économie et la relative paix sociale qui définissaient la France, force est de constater que nos frontières se sont ouvertes aux problèmes du monde.

Cela devait arriver. Oui, personne n’est épargné après tout. Et nous ne sommes pas les plus mal lotis, c’est sûr. Mais si encore j’avais la sensation que la tête de l’Etat prenait les choses en main, maitrisait un tant soit peu la situation, je me contenterais de procrastiner, comme mes semblables.

Le fait est que je ne peux m’empêcher de réfléchir à demain (à dans dix ans quoi), et de me demander ce qu’il en sera, où je serai ? Quand j’entends qu’on propose que les retraites ne soient plus indexées sur l’inflation ; qu’une rumeur circule sur la création d’une nouvelle taxe que les propriétaires auraient à payer après remboursement de leur emprunt ; que je vois que dans le débat, les “rythmes scolaires” ont chassé la “mariage pour tous” ; je me dis mais où va-t-on ? Est-ce que quelqu’un, quelque part, se pose les bonnes questions ?

Quand le pays était déjà à bout de souffle en 2012, épuisé par une politique pour le moins imparfaite, je me demande dans quel état on nous le laissera en 2017, au vu de la trajectoire incertaine sur laquelle il circule.

J’en viens donc au cœur de ma réflexion, qui est de me demander si il y a vraiment une place pour moi, ici, dans quelques années. Parce qu’à l’heure actuelle, je suis plutôt dubitative quant à ce qu’il pourrait advenir de ma carcasse si je reste (je vous l’avais dit, j’ai une tendance forte à l’alarmisme). Et comme l’herbe est toujours plus verte ailleurs, je me dis qu’après tout, peut-être que je m’en sortirais mieux de l’autre côté de l’Atlantique, dans un système complétement autre, qui n’a probablement pas que des désavantages. Oui, peut-être que mon avenir n’est pas en France en fait, mais plutôt au Canada ou aux Etats-Unis, où la vision de l’entreprenariat est différente, où les mentalités sont différentes, où la cohérence gouvernementale est un peu présente.

Mais cela ouvre un autre débat : il y a une grande différence entre passer une année à l’étranger pour ses études (entendre “une année de fête, de rencontres, de bouffe, et éventuellement, quelques heures passées sur un campus”) et puis le grand saut : vivre à l’étranger, pour de vrai, pour toujours quoi. C’est à dire laisser les paysages, la culture, la nourriture, la liberté d’expression, le charme de la France pour d’autres horizons. Se fondre dans une autre masse, en troquant le chapeau, les chaussettes dans les sandales et l’appareil photo en bandoulière du touriste moyen pour un quotidien où plus personne ne se rend compte que vous n’êtes pas vraiment du coin.

A me lire on pourrait presque me croire un peu chauvine. Je ne vais pas m’en cacher, j’adore mon pays. Et la vérité c’est que je ne veux pas en partir, en fait. Je veux voyager, découvrir le monde entier, pour pouvoir mieux revenir au pied de mon petit Mont-Blanc, la tête pleine de souvenirs et de découvertes.

En bref, je veux rester. Donc chère France, qu’as-tu m’offrir ?

 

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