Pourquoi toujours courir après la suite ?

Je me suis interrogée sur la nécessité de toujours avoir des perspectives. Peut-on être réellement heureux quand on ne poursuit aucun but, si ce n’est celui de vivre les journées les unes après les autres sans penser à ce qui viendra ensuite ?

C’est une question que je me pose sincèrement.

Question d’éducation ou d’ambition personnelle, il m’apparaît aujourd’hui difficile d’envisager la vie sans avoir un projet qui motive mon corps à sortir du lit tous les matins. Même quelque chose de dérisoire. Aller à l’université ne suffit pas, surtout quand que je sais que la visibilité que j’ai sur l’orientation de mon avenir s’arrête au mois de juin 2014. D’ici là, il me faudra trouver une suite à mon parcours, épanouissante et garante d’un débouché acceptable si possible. Autant de stress et de pression supplémentaires qui donnent envie de s’évader.

C’est pourquoi au milieu de ce brouillard angoissant j’ai envie de construire quelque chose. De viser un ailleurs, un mieux. Avoir des perspectives qui m’aident à rendre le quotidien plus motivant. Il me semble que les projets que l’on entreprend sont des défis qui servent à nous prouver que l’on peut toujours s’améliorer, que l’on est capable d’accomplir des actions nouvelles, différentes. De se dépasser. Alors on se lance à corps perdu dans la recherche d’un stage, dans l’écriture d’un livre, dans la composition de musique…

Et si ce ne sont pas des projets dont on est le principal acteur qui nous font avancer, il nous faut au moins la promesse que quelque chose de plaisant est prévu pour bientôt.

Les vacances.

Un voyage.

Une fête.

Ou simplement penser à quelqu’un. Autant de détails qui donnent un sens à l’existence et qui permettent de ne pas vivre que pour soi.

Tout cela se rapporte en fin de compte au même phénomène : le fait d’être constamment dans l’expectative. On ne vit jamais vraiment dans le présent, mais plutôt dans un futur plus ou moins proche, que l’on se plait à imaginer parfait, pleinement épanouissant. On serait presque effrayé parfois à l’idée d’atteindre cette plénitude, craignant qu’elle nous échappe. Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve.

C’est une course sans fin.

Mais finalement c’est peut être ça qui rend heureux : toujours croire que le bonheur se trouve dans ce qui nous attend.

 

 

The Shoes – Wastin’ Time

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Ou comment être plus heureux, peut-être

Lana Del Rey – Summertime Sadness

 

19h. Je suis en terrasse de mon QG de l’été. Un été qui, malgré tous mes efforts pour le faire durer, semble bel et bien terminé. Fini. Nada. En fait, il s’est achevé le 20 août, quand j’ai posé le pied sur le quai de la gare de Genève. Si j’avais su… Les trois semaines d’errance et de désoeuvrement qui ont suivi m’ont presque fait regretter que la rentrée ne se fasse pas le 1er septembre (un dimanche ouais).

Mais ça, c’était avant de lire le livre qui a révolutionné ma vie… au moins pour cette année.

Ci-présenté L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle. Eloge.

hommeL’histoire, c’est celle du narrateur, un type en vacances à Bali. On ne sait rien de lui, hormis que ses vacances s’achèvent et qu’il ne veut pas repartir sans avoir rencontré Maitre Samtyang, un guérisseur de grande renommée. Il n’est pas malade, juste curieux de rencontrer cet homme dont on lui a dit beaucoup de bien. Peut-être est-il également mu par son instinct.

Et s’il est en bonne santé, la rencontre avec le vieux sage va lui apprendre qu’il n’est tout simplement pas heureux. Un triste constat qu’il refuse de croire dans un premier temps, jusqu’à ce que par d’habiles questions, Maitre Samtyang lui fasse toucher du doigt les raisons pour lesquelles il n’est pas pleinement épanoui. Commence alors une succession d’expériences qui vont l’amener à tout remettre en question…

Avec son roman, Laurent Gounelle nous transporte littéralement. On part à la découverte de Bali et de ses trésors, il n’y a plus qu’à fermer les yeux pour voir les couleurs, humer l’air aux accents fleuris, réapprendre à vivre de manière saine et simple. Une toile de fond idyllique et apaisante, ça fait toujours du bien.

Mais le voyage n’est pas seulement pour les sens. On part aussi à la recherche de soi-même, en tirant des enseignements de tout ce qu’apprend le personnage au cours de ses rencontres initiatiques. Ce qu’il en ressort, c’est que l’on ne soupçonne pas à quel point notre vie, nos perceptions, nos pensées sont en notre pouvoir. Nous maitrisons bien plus de choses que ce que l’on pourrait penser, il suffit juste d’en prendre conscience. Ainsi, la réalité ne paraît plus aussi figée, les attitudes plus autant innées, le monde semble soudain ouvert sur des tonnes de possibilités.

Je ne suis pas forcément une fan du genre, préférant les histoires longues, romancées, ou les polars. Mais là, je ne peux que saluer le talent de l’auteur devant le bienfait de son livre, tout en simplicité et en intelligence.
En refermant ces 168 pages, je me suis sentie sereine. Rassurée quant à ma capacité à être bien dans ma vie. Et ça c’est chouette. Donc je recommande très sincèrement ce petit ouvrage à tous ceux qui veulent être en paix avec eux-mêmes. Voilà.

 

Florence + The Machine – Dog Days Are Over