14 ans, encore.

Bon dieu mais que m’arrive-t-il ? Réminiscence subite en ce vendredi pré-commémoratif, j’ai soudain eu envie de retrouver ma bonne vieille playlist “Summer ’08”. Bien évidemment, elle n’existe plus depuis longtemps, mais qu’à cela ne tienne, je la refais, j’ai pas peur.
Puis, toute émoustillée que je suis, je clique sur play et là pouf ! me revoilà cinq ans en arrière.

Mais quelle folie, on a pas idée de faire des choses pareilles.

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A cette époque, tu n’as pas encore saisi le sens des mots “style” et “assortir”, c’est pourquoi dans ta garde robe rien ne va avec rien. Mais ce n’est pas grave, pour toi ne comptent que tes fringues préférées – un sweat camel et turquoise, des Rockets Dogs marron à pin’s dorés – et tant que tu les as sur le dos, tu te sens trop puissante. Donc peu importe si tu les porte avec un pantacourt en jean et une chemise kaki à fleurs rose fushia.

A cette époque, ton Samsung semi tactile est rose – édition limitée Rip Curl –, et tu as mis plein de musiques trop cool dessus pour pouvoir les écouter avec tes potes en glandant sur une table de pique-nique. C’est à celui qui aura le plus de Dub Inc, Sizzla et autre Damian Marley, parce que c’est peaaace.

A cette époque, regarder les mecs faire du skate au skate park, avoir la permission de minuit et galérer avec le train pour aller en ville lorgner sur les portes monnaie Billabong pour la 5e semaine consécutive, c’est la vie rêvée. Mieux, comme tu es un peu fofolle, tu bois du Redbull et crapote des Marlboro. Et ouais, t’es un peu une délinqu’.

A cette époque toujours, tu vois Requiem For A Dream pour la première fois, et ça devient ton film préféré (même si tu n’arrives pas à le prononcer correctement). Tellement préféré que direct tu mets Purple in the morning, blue in the afternoon, orange in the evening en pseudo MSN, parce que tu es quelqu’un de mélancolique, de torturé et bien évidemment, de très original.

A cette époque enfin, ta meilleure amie c’est trop ta sœur, et le mec que t’aime en secret, c’est au moins ton âme sœur (voir plus). Même si tu lui as jamais dit autre chose qu’un “salut” tout rouge et tremblotant.

J’ai bien aimé avoir quatorze encore une fois cet après-midi. Mais juste cet après-midi. Car cette période, quand on y repense, c’est un peu une longue traversée du désert. Heureusement sur le coup on ne le sait pas, on se contente juste de coller ses tickets de ciné dans son journal en mettant plein de cœurs à côté, et de pleurer en écoutant exprès des chansons tristes sur son Ipod. Et puis on est moche. Mais on a la belle vie, il faut l’avouer.

Pour la dernière fois… Rastafaride !

Shaggy ft Sizzla & Collie Buddz – Mad Mad World

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Ma rencontre avec Chattam

J’avais douze ans quand pour la première fois je me suis retrouvée avec un Chattam entre les mains. C’était excitant de lire un thriller, je me sentais adulte – beaucoup plus que lorsque que je sautillais d’impatience en attendant la sortie du dernier Harry Potter. Oui, à mon époque, on était content pour pas grand-chose à douze ans.

Ce livre, c’était Le Cinquième Règne. Une histoire d’adolescents, du spiritisme et des meurtres horribles : une parfaite entrée matière, qui annonçait le début d’une histoire longue et passionnée entre Maxime et moi.

Du coup, j’ai enchaîné avec la Trilogie du Mal TAC TAC puis avec Prédateurs BIM puis avec La Promesse des Ténèbres… Bon, ok, je ne vais pas tous les faire, vous avez compris le principe. Toujours est-il qu’à chaque fois, ça a été le coup de cœur. D’un livre à l’autre, il nous balade d’un univers surnaturel à une fresque historique [Le Sang du Temps], en passant par le thriller politique [Les Arcanes du Chaos], mais toujours avec ce fond un peu sordide et angoissant… Jouissif.

Et très réaliste aussi. Ayant fait des études de criminologie, toutes les descriptions qu’il nous livre sont d’une justesse qui fait qu’on s’y croirait vraiment. L’exercice n’est pas aisé… C’est peut-être pour cela que je l’ai toujours admiré, et que j’ai toujours nourri le secret espoir de pouvoir lui demander conseil.

Etvoilàquemonrêveseréalise.​

14 mai, fin de journée, je traîne sur Facebook. Ma page s’actualise et apparaît le pseudo qui changera ma vie : Maxime Chattam sera présent à la soirée de lancement du nouveau Samsung Galaxy Note 8, et il propose en toute simplicité d’envoyer un petit mail pour y assister et le rencontrer.

Qu’à cela ne tienne. J’envoie le mail dans la seconde, et j’attends. Pas très longtemps, parce que chez Samsung, ils sont aussi réactifs que moi, et me répondent dans les cinq minutes que je suis attendue le lendemain à leur MasterClass. #JubilationIntense

*Le lendemain soir*​

Nous sommes assis, Emma, moi et une quarantaine d’autres privilégiés, dans la salle du Café des Editeurs à St Germain. Nous assistons à un petit débat littéraire, mais moi, j’attends la suite. Les dédicaces. Je suis une mauvaise élève, un peu.

Puis enfin ils nous invitent à monter à l’étage.

Voilà, il est là, à quelques mètres. C’est un humain normal, qui parle et qui sourit, qui semble détendu. Il est là celui dont j’ai dévoré le dernier roman, La Conjuration Primitive, avec la même passion que pour tous les autres. Il est là, assis à une table, attendant d’un air affable que tous ces gens fébriles viennent le voir les uns après les autres pour une dédicace, une discussion.

C’est à mon tour. Tout à coup, j’ai chaud. J’ai les mains qui tremblent. Je crois que je suis rouge. Je parle et… ah, y’a ma voix qui tremble aussi. Pourtant, Maxime est tout ce qu’il y a de plus gentil, avenant, souriant, et ça me rassure un peu : même si j’ai l’air d’une petite fille qui passe au tableau pour la première fois, il répondra à mes questions avec attention et sincérité.

C’est fou. J’ai du mal à réaliser que je suis assise en face de mon mentor, mon auteur préféré de toute ma vie, et qu’il me donne des conseils, m’explique comment il construit ses romans. C’est carrément dingue. Je suis littéralement ravie. Emma prend une photo (on sait jamais hein, au cas où j’oublierais…) et Maxime prend son stylo pour me faire une petite dédicace.

Et puis c’est déjà fini. A regrets je cède ma place. Ma joie est trop grande, il faut que je fasse quelque chose. Tiens, un plateau de petits fours… FIN.

photo(Qualité de la photo = zéro, mais c’est une preuve OUI ! )