Benvinguts a Mallorca

Les îles Baléares… Une combinaison de mots si délicate qu’elle laisse rêveur, à moins que ce ne soit les images de sable clair et d’eau teintée de camaïeux turquoise que l’on y associe… Il ne nous en faut pas plus pour choisir Majorque comme destination pour notre pause soleil du printemps. Une escapade en pleine mer Méditerranée, là où l’on est à peu près sûr de trouver de la chaleur et de la bonne humeur, le tout pour pas trop cher et pas trop loin !

Alors, que faire à Majorque ? Spoiler : visiter des criques paradisiaques…  Mais pas que !

  1. Arriver tranquille

On descend de l’avion cueilli par un beau soleil de fin de journée, des palmiers trainent un peu partout, ça sent bon les vacances ! La voiture de location récupérée (indispensable pour profiter pleinement du charme de l’île), nous filons direction le nord pour retrouver notre hôtel situé à Platja de Muro.

Bon, autant vous le dire tout de suite, le quartier en lui-même a zéro intérêt. C’est une longue avenue presque en front de mer, bordée de vieilles boutiques de souvenirs et de restaus à fritures tous plus pourris les uns que les autres, le truc ultra touristique et sans charme. L’hôtel par contre est top : moderne, joli, une graaande piscine avec lignes de nage dans la cour intérieure du bâtiment, et un super restaurant qui propose un buffet à volonté le soir… Autant vous dire qu’on n’a pas cherché plus loin !

  1. Découvrir des criques de cartes postales

Bien entendu, c’est l’un des attraits majeurs de l’île. Alors j’en parle parce que c’est du classique, mais au risque de vous décevoir… Si on a passé une demie journée à la plage sur l’ensemble du séjour, c’est le bout du monde ! L’envie de barouder était trop forte… Mais j’y reviendrai 😉

Notre première rencontre avec l’eau turquoise qui fait rêver se fait à la Cala Figuera, une crique juste en dessous du Cap de Formentor (joli point de vue, soit dit en passant). La plage est en gros galets (pas top pour poser ses fesses durablement) mais l’endroit est vraiment joli. En prime, vous avez une petite chèvre sauvage qui vient renifler votre sac et essayer de voler vos Bensimon (et là vous pensez très fort à Ted et the goat dans HIMYM, et vous lui dites gentiment de dégager).

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Cap de Formentor

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Cap de Formentor

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Cap de Formentor

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Cala Figuera

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Cala Figuera

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Cala Figuera

L’autre petit coin de paradis que nous investissons le deuxième jour est la Cala Mitjana, une crique accolée à une grande propriété d’un monsieur très riche. Il faut s’accrocher pour la trouver et y accéder, mais une fois qu’on a nos orteils dans ce sable blanc tout fin… Ça vaut toutes les marches par un soleil de plomb.

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Cala Mitjana

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Le long de la route de la Cala Mitjana

  1. Rouler sur des routes pittoresques

Sorti de la quasi unique autoroute qui relie le sud-ouest de l’île au nord-est, Majorque est traversée d’une multitude de petites routes toutes plus belles les unes que les autres. Tantôt bordées de champs blonds, tantôt de petits arbres plantés dans une terre ocre. Des murs en pierres sèches et claires délimitent les terrains, parfois il y a aussi des palmiers, des pins, des moulins.

Pour ceux qui ne craignent pas les routes sinueuses, le nord-ouest de l’île abrite la Serra de Tramuntana, le principal massif montagneux de Majorque. Il y a de quoi se perdre dans les virages en épingle, les terrasses d’oliviers, les cols et les forêts, mais ça vaut cent fois le détour ! On roule les fenêtres ouvertes, ça sent le vent et les pins, on croise des lacs de montagne et des miradors magnifiques, c’est l’aventure quoi 🙂

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Mirador sur la route de la Serra de Tramuntana

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Route du col de Soller

  1. Visiter des villages mignons

Ça va un peu avec les routes de campagne trop choupi. Majorque regorge de petits villages en pierres dorées, rues pavées, églises travaillées, et ça, c’est pas pour me déplaire !

A quelques encablures de notre hôtel se trouve le village fortifié d’Alcùdia, une petite merveille traversée de rues étroites, aux maisons claires et bordées de plantes, une longue rue commerçante offrant quelques restaurants familiaux et de belles boutiques. On en profite également pour acheter de la Flor de Sal d’Es Trenc aromatisée citron lavande (miam !), pour se balader sur les remparts et admirer les toits de la ville… Une bonne petite trouvaille quoi !

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Alcùdia

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Alcùdia

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Alcùdia

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Alcùdia

Lors de notre escapade en perdition sur les routes du sud, nous traversons (entre autres) le village de Ses Salines. Des petites terrasses et jolies bodegas m’attirent l’œil, mais malgré mon irrésistible regard de chien battu disant “s’il te plaiiit, arrête-toi là que nous mangions une glace dans ces endroits trop beaux et bien décorés”, je n’obtiens pas gain de cause. Du moins pour l’instant…

Le programme, c’est d’abord de retrouver le bourg de la Cala d’Or, qui contrairement à ce que son nom laisserait penser n’abrite que des bâtisses toutes blanches ! On se promène dans des petites rues pleines de boutiques de souvenirs et de restaurants du monde entier… C’est si calme en cette saison ! Mais c’est plutôt agréable. Je m’extasie devant d’énormes cygnes et flamants roses gonflables, puis nous reprenons les routes de campagne pour rejoindre l’hôtel.

Côté nord-ouest, c’est le village de Fornalutx qui attise ma curiosité, celui-ci s’auto proclamant plus beau village d’Espagne. Je demande à voir ! C’est ainsi que nous nous retrouvons à sillonner le col de Soller avec ses épingles à faire frémir Sébastien Loeb et ses cyclistes relous venus se faire mal aux cuisses en vue de l’Ironman organisé sur l’île le 13 mai… Nous nous arrêtons d’abord à Soller, dont l’attrait principal est sa belle cathédrale et son petit tramway à l’ancienne. Une jolie place et une rue commerçante donnent au village une âme conviviale, mais nous ne nous y attardons pas… Nous préférons rejoindre le port de Soller, qui se trouve à quelques kilomètres en contrebas, et qui est lui vraiment agréable ! De jolis restaurants, quelques collines environnantes et une grande plage… De quoi faire une sympathique balade !

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Cathédrale de Soller

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Tramway de Soller

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Port de Soller

Quelques virages plus haut puis quelques virages plus bas (quand je vous dis que c’est vallonné) nous atterrissons à Fornalutx (ou Forlanutx pour ceux qui ont un peu du mal à le prononcer du premier coup). Je fonds littéralement devant ses moult escaliers en pierre, ses rues toutes plus étroites et pleines de plantes les unes que les autres et sa belle lumière dorée du soleil de 16h. C’est aussi adorable que je m’y attendais !

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Fornalutx

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Fornalutx

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Fornalutx

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Fornalutx

  1. Manger dans des supers restaurants

Si on a préféré jouer la sécurité et profiter du buffet de l’hôtel le soir, on voulait quand même se faire plaisir le midi, et découvrir des endroits un peu typiques. Mon œil ayant été accroché par les belles devantures de Ses Salines, j’ai fait quelques recherches pour tomber sur le Cassai Grand Café and Restaurant, un bar restau à la décoration juste magique, avec petite cour intérieure, carte alléchante et prix plus que corrects… On n’a pas été déçu ! Un service impeccable, une ambiance ensoleillée et agréable à coup de playlist bien chillout, et bien sûr des plats délicieux, entre jambon serrano ultra fin, tartare de thon bien relevé et salade aux grosses gambas citronnées… Sans oublier le petit gâteau aux amandes, dessert typique de Mallorca ! Une adresse à conserver bien précieusement.

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

La seconde bonne surprise gastronomique, c’est au port de Soller que nous la trouvons. Après avoir arpenté toutes les terrasses en décortiquant les menus et en analysant d’un œil discret les assiettes des clients, nous décidons de tenter l’expérience Ca’n Quiros. On a eu du nez ! Que ce soit le gaspacho bien frais, les filets de dorade au feu de bois ou les pinxets d’une agréable finesse, tout nous ravi sur ce coin de port bercé par les bateaux qui clapotent.

  1. Faire du shopping à Palma

Ou déjà juste se balader dans les rues étroites et colorées, lever la tête vers les balcons et le linge qui sèche, profiter de l’ombre fraîche des maisons silencieuses. Palma est une grande ville, avec son centre historique tournant autour de sa magnifique cathédrale et faisant face au littoral. Une ville au folklore typiquement espagnol, avec des arbres feuillus, des pavés et des ruelles… Tout ce qu’on aime quoi !

En prime, on peut même aller faire un (ou plusieurs, soyons fous) tours à Zara, et ça, ça fait toujours plaisir.

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Cathédrale de Palma

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Cathédrale de Palma

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Rue de Palma

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Rue de Palma

Pour les plus intrépides (ou ceux qui n’ont jamais vraiment cessé d’avoir 18 ans dans leur tête), il y a aussi la possibilité de pousser une vingtaine de kilomètres plus loin, jusqu’à la débauche de Magaluf. Un front de mer plutôt agréable, un super Boardriders shop, mais surtout beaucoup de bars. Beaucoup beaucoup. Et des tatoueurs, des magasins de souvenirs vendant des merdouilles et des zizis en plastique, de quoi se payer une bonne tranche de rire gras et d’humour pipi caca bite avec ses vieux potes de fac (ou avec son amoureux-se, chacun son style…)

  1. Se faire arnaquer comme de vrais touristes

Certains diront que de vraies bonnes vacances ne sont pas de vraies bonnes vacances si on ne se fait pas avoir à un moment ou à un autre (ayant un jour douloureux payé 21€ une sangria sur les Ramblas de Barcelone, je sais de quoi je parle). C’est ainsi que tout naïvement, guidés par notre estomac aux abois et notre envie de tâter la couleur locale, nous prenons place sur une petite terrasse à la décoration vive. Ambiance place calme et ombragée, ardoise de tapas et mosaïques : c’est l’ES3 bar.

L’humeur de la serveuse (aussi gaie que si elle venait de se planter un clou dans le pied) aurait déjà dû nous alerter sur la qualité du boui boui. Pas découragés, nous commandons non pas trois, ni quatre mais cinq tapas à se partager. Que n’avions-nous pas fait là… Nous attendions des albondigas, nous avons de grosses boulettes indéchiffrables au savoureux goût cantine du collège. Les gambas à l’ail ? De vulgaires crevettes grisâtres à peine cuites baignant dans l’huile. Du jambon trop épais, une part de tortilla et du houmous pas pires mais pas exceptionnels non plus… Le tout pour la modique somme de… 45€ !

Si on ajoute à ça les cookies à 10€ de l’aéroport (ouch) et la sangria d’il y a trois ans, on obtient comme morale : NE JAMAIS ACHETER QUELQUE CHOSE SANS REGARDER LE PRIX AVANT. Voilà.

 

Bon, évidemment, c’est un peu cruel de terminer cet article sur une note aussi piquante (ahah le mauvais jeu de mot. Vous l’avez ?) parce que bon, Majorque c’est quand même super cool, et on a bien l’intention d’y retourner un jour pour terminer notre exploration. Et vous, ça vous tente ?

PS : pour les ignares comme nous, Benvinguts (ou Béé-vin-gu pour la dame du GPS) n’est pas une autre manière de dire “Bienvenue” en Allemand (on sait tous que c’est Willkommen, hein). Non, ça veut dire bienvenue en Catalan. De rien.

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Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible.

En cet hiver douteux (ou cet hiver tout court), quoi de mieux que d’aller flâner dans une petite exposition pour occuper son après-midi pluvieux ? [Non, la réponse n’est pas chiller devant Netflix, déso.]

Je suis donc allée me dégourdir les yeux devant la chouette expo “Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible” à la Fondation Gianadda de Martigny, et c’était pour le moins enrichissant ! A l’initiative du Musée Marmottan Monet (Paris), l’exhibition cherche à confronter les similitudes qui existent entre le parcours de recherche artistique de ces trois artistes du XXe, qui ont travaillé avec le même acharnement sur certaines thématiques, mais sans jamais se rencontrer pour autant.

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Ferdinand Hodler, Le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn (détails), 1904, huile sur toile, 71×105 com, collection Christoph Blocher

La neige, l’eau et ses reflets, sa transparence, le soleil, la nuit… C’est principalement via la beauté exceptionnelle et mystérieuse de la nature que les trois peintres ont cherché à traduire leurs visions du monde. Chacun avec son œil et ses méthodes quasi scientifiques. Ainsi, l’exposition se dévoile sous formes de thématiques, dont les interprétations si diverses fascinent. Edvard Munch nous plonge dans un univers abstrait et onirique (Le Soleil, 1910-1912, Nuit Etoilée, 1922 – 1924), tandis que Monet cherche à se rapprocher de la réalité en captant le mouvement : des herbes oscillant au fond de l’eau (La Barque, 1887), la lumière changeante d’un jour qui se lève ou qui se couche (Le fameux Impression Soleil Levant, 1872). Hodler enfin s’attarde plus sur l’harmonie et l’unité de ses œuvres, avec la volonté farouche d’en représenter les couleurs et les reliefs avec le plus de justesse possible. En découlent des séries d’une douce beauté, pleines de luminosité et d’éclat : celle sur le Lac de Thoune et la chaine du Stockhorn, ou ses représentations du Lac Léman.

munch_la_pluieEdvard Munch, La Pluie, 1902, huile sur toile, 86,5 x 115,5 cm, Oslo, Nasjonalmuseet for kunst, arkitektur og design

monet-le-train-dans-la-neigeClaude Monet, Train dans la neige, 1875, huile sur toile, 78 x 59 cm, Musée Marmottan Monet, Paris

Une mise en perspective passionnante, qui montre à quel point les paysages qui nous entourent ont été et sont encore une source d’inspiration obsédante pour les artistes.
A méditer !

L’exposition est présentée du 3 février au 11 juin 2017 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse).

 

Travel Report #6 : Le Sri Lanka (part 1)

Les intros, c’est ce qu’il y a de plus dur à faire. J’adorerais vous introduire ce voyage d’une manière un peu cool et fofolle, mais comme ce qui compte, c’est que je vais raconter après, je vous propose de passer directement à la suite.

Ce 21 avril 2016, je me suis donc envolée pour… le Sri Lanka. Point géo : le Sri Lanka est une île en forme de goutte, qui se situe à la pointe de l’Inde. Pour les 35 ans et + (roh, c’est mesquin), vous la connaissez peut-être sous son ancien nom, île de Ceylan. Comme le thé, oui.

Flanquée de mon amoureux et de son père, je pars donc à Genève prendre l’avion qui nous emmènera à Doha, avant de poursuivre vers Colombo. Nous avons des sacs très lourds, qui bien évidemment sont sans roulettes, mais comme mes hommes sont gentlemen, c’est pas moi qui souffre à les porter. Hihi.

On s’envole à 18h, pour sept heures de voyage jusqu’à l’escale. Nos tentatives d’endormissement étant restées vaines, on sent que la nuit va être longue (et la journée qui suivra aussi). Arrivés à Doha, on aurait adoré profiter de tous les équipements de ce Disneyland des aéroports, mais notre vol est annoncé en LAST CALL, donc on court jusqu’à notre porte, comme plein d’autres petits Sri Lankais tous stressés à l’idée de rater leur correspondance. L’avion est grand, on se dit « chouette ». Mais placés au fond à côté des toilettes, et comptant sur l’égoïsme forcené de cette enfant qui hurle à la mort au milieu de tous ces gens fatigués alors qu’il est 4h du matin, nous ne fermons pas plus l’œil.

Mais quand j’aperçois le soleil et les palmiers à travers le hublot, ma joie est intense, et ma frustration oubliée.

Jour 1 (amour n°1… pardon) 

Nous y sommes ! Le temps de changer nos euros en roupies, nous retrouvons notre guide, un petit sri lankais en chemisette vert anis, au doux nom de Siri (ça s’écrit comme le gonz de l’Iphone oui. Mais ça se prononce chiri. Bon ok, ça nous a fait rire des fois). La sortie de l’aéroport me fait rêver : il y a une allée, des fleurs roses, des palmiers, et une chaleur digne d’un hammam. Je sens que je vais vite regretter mon jogging doublé pilou.

Siri nous embarque dans son van neuf et climatisé, qui sera notre titine de la semaine. Hormis le fait qu’il n’y a pas de ceintures de sécurité, on est plutôt carrément confort ! Commence alors l’émerveillement permanent, un état qui ne quittera qu’à mon retour en France. Tout, absolument tout est nouveau, beau, exotique.

Les maisons colorées, les boutiques bordéliques et poussiéreuses, la végétation, les gens. Bon, la route aussi, faut qu’on en parle. Ici, pas de code de la route. La règle c’est : je ne veux pas attendre et ça passe. Comprendre : si je me retrouve derrière plus lent que moi, je double, coûte que coûte. Même si un bus ou un camion arrive à toute berzingue sur la voie d’en face. On a dû faire 500 mètres avant que je ne prenne conscience de ça, et que j’attrape frénétiquement le bras de mon cher et tendre en criant « oh putain le bus LE BUS ! pfiouuu…. » « oh putain le CAMION ! aaah… » « Mais il est dingue ! ». Enfin bref, vous avez compris le délire.

On fait route comme ça jusqu’à Pinnawala, où se trouve un orphelinat d’éléphants. C’est aussi là que nous prendrons notre premier repas. On peut apercevoir un petit troupeau se baignant dans une rivière sous surveillance d’un gardien, puis dans le parc, des éléphants en semi-liberté. Au final, le lieu est plus touristique qu’autre chose, et nous aurons d’autres occasions de voir des éléphants dans des circonstances bien plus exceptionnelles.

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Rue de Pinnawela

On repart, et malgré mon obstination à ne vouloir rien louper du paysage qui m’entoure, je finis par m’endormir. J’ouvre un œil lorsqu’on passe Kandy, ancienne capitale du pays. Les échoppes et le bordel sont les mêmes que dans les villages qu’on a pu traverser jusqu’à maintenant, mais juste en plus grand. Je me rendors. Quand je me re-réveille, il nous reste 16km à parcourir jusqu’à notre premier hôtel, un lodge perché sur les hauteurs, au milieu des plantations de thé. Je me dis « chouette ! On est quasi arrivé ! ». En fait non. La route monte, tourne, est étroite, escarpée. On roule donc « doucement », même si on continue de farouchement se doubler alors que la route est à flanc de falaise. Je suis quand même contente d’être sortie de ma torpeur : grands arbres majestueux, petits singes malicieux, étendues pleines de thé, petites baraques bleues, jaunes, vertes… Cette route est d’une beauté ! On passe près d’une fabrique de thé toute en tôle bleu pâle, puis on continue. La route se transforme en chemin mi goudron mi terre ocre, où le 4X4 serait plus indiqué que le van. On aperçoit des ramasseuses de thé que l’on a juste le temps d’immortaliser, puis dernier village avant d’apercevoir le lodge. La route devient plus étroite encore. Mais Siri en vrai c’est Fangio, il passe vite et partout.

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Here we are au Madukelle Tea & Eco Lodge. Déco coloniale, resto donnant sur un petit potager, piscine dominant la vallée, et lodges individuels perchés un peu partout dans le domaine. Les terrasses des chambres offrent une vue imprenable : c’est le paradis. La douche apparait comme un cadeau du ciel, puis après avoir pris un peu de repos, on descend manger. On ne s’éternisera pas : demain, il faut se lever tôt.

Jour 2 

Après une nuit passée comme dans un cocon, on se réveille avec le soleil qui tape déjà comme il faut sur la toile tente. Un petit air de flûte monte du village d’en dessous, c’est intriguant mais plutôt rigolo pour se réveiller. Bien que très répétitif au bout d’un moment. On s’habille, on mange un petit dej et gargantuesque, et c’est parti pour Kandy. Comme je suis bien éveillée cette fois, je redécouvre toute la partie de la route que j’ai ratée la veille. On croise beaucoup de crèches et d’écoles sur le chemin !

Première activité de la journée : un massage ayurvédique dans un spa traditionnel sri-lankais. Dans une jolie propriété ombragée, le spa prend la forme d’une maison blanche : au rez-de-chaussée l’accueil qui, je dois l’avouer, est quand même légèrement kitchouille avec son sofa en velours à franches vert olive et ses néons clignotant bleu et rose fluo. C’est le charme de l’Inde. On opte pour la formule tradi massage de la tête, du corps, et hammam. On ressort pour faire le tour de la maison et passer à l’étage. Les garçons, ensemble, moi, dans une petite salle dépouillée : deux tables en bois foncé recouvertes d’un matelas et d’une serviette. J’ai pour mission de me déshabiller (oulala !) et de m’envelopper d’une serviette à la forte odeur d’huile essentielle. Une masseuse arrive, l’air souriant et gentil. Elle me fait m’asseoir et me détache les cheveux, pour commencer par le massage de la tête. La biche n’y va pas par quatre chemins : elle ouvre une petite bouteille d’huile, et me la verse sur le crâne. Mon instinct féminin me dit : noooon, pas ça, je vais avoir les cheveux gras toute la journée. Mais bon, je suis à l’autre bout du monde, au diable les jugements (et les varices).

Si ayurvédique rime avec énergique, c’est pas pour rien. Même si ça détend, il ne faut pas s’attendre à de douces caresses. Après une bonne activation du cuir chevelu, je prends place sur la table pour le massage du corps, toujours avec de l’huile, beaucoup d’huile. Puis enfin après 40 bonnes minutes, je retrouve les garçons dans le hammam, très sommaire : trois bancs en bois étroits le long du mur, et une chaleur qui provient de vraies flammes… dans le sol. Un épais tamis en bois nous protège les pieds, mais on se garde bien de marcher dessus.

Première expérience d’immersion concluante ! On sent beaucoup l’huile, mais on repart emballé. Petit arrêt dans un resto à proximité pour manger un bout, où l’on découvre avec joie (et notre estomac avec crainte) le plat typique sri-lankais : une grande assiette de riz blanc accompagnée de sept ramequins contenant des curry, des sautés de légumes, un mallum (ou mallung : une salade de feuilles et de noix de coco avec des épices… the big coup de cœur), des papadums… Bref, un plat pour une personne qu’on aurait pu manger à trois sans problème.

La suite du programme, c’est la visite du Temple de la Dent à Kandy. De son vrai nom Sri Dalada Maligawa, ce temple blanc aux balcons dentelés abriterait la dent de Bouddha, relique vénérée et célébrée par une majestueuse fête, avec des éléphants parés d’ornements et des danseurs. Malheureusement, il n’y avait que des chinois quand on y est allé nous. Et la petite surprise sympathique à laquelle on ne s’attendait pas fut l’odeur devant le temple. Je n’ai pas tout de suite pu l’identifier, mon nez me disait juste qu’elle était très désagréable. Puis en voyant marcher partout tous ces gens avec leurs pieds nus, en les voyant se rincer ces mêmes pieds au jet d’eau, dans une grande flaque, j’ai fini par comprendre : c’était en fait une odeur d’eau parfumée aux pieds, stagnant sous un soleil de plomb. Mais quel DELICE ! Vous imaginez pas.

Jour2-Ext-temple-KandyBon en même temps, j’ai pas fait tout ce chemin pour m’arrêter ici à cause d’une pestilence dans l’air, donc qu’à cela ne tienne, moi aussi j’enlève mes chaussures, et je pars à la conquête du Temple de la Dent. L’intérieur est très joli, en bois foncé, pierre, tissus ornés d’or. A l’étage, une salle de prière, où les bouddhistes viennent déposer sur une grande table des fleurs de lotus en guise d’offrande. L’air est fleuri et chargé d’encens, l’atmosphère douce et calme. Vous vous en doutez, personne ne verra la dent (parait-il que la vraie de vraie n’est pas là en fait, ce n’est qu’une copie qui se trouverait à Kandy).

On redescend, et Siri, ce coquinou, nous emmène dehors, pour aller voir un petit musée contenant la relique de l’éléphant sacré qui portait la dent, et un grand kiosque baptisé « King’s Speech » (pas la peine donc d’expliquer à quoi il servait). Sauf qu’on est pieds nus, et que les pieds nus sur la pierre qui crame au soleil depuis potron-minet (j’adore ce mot), eh bah ça fait pas DU TOUT bon ménage. J’ai couru en sautillant et en soufflant, cherchant désespérément une matière de sol qui ne soit pas grise et dure, en vain. Ca chauffait sévère sous mes petons, même si à chaque pas je me disais « tu vas t’habituer ». Non, on s’habitue pas en fait. Heureusement, il y avait un peu d’ombre au bout de l’allée, où j’ai pu prendre quelques minutes de convalescence avant de refaire le chemin en sens inverse. L’épreuve du feu, c’est le cas de le dire.

Visite terminée, retour dans la fraicheur bienvenue du van, direction l’hôtel. Petits flemmards que nous sommes, nous voulions pouvoir profiter de la piscine un peu… Toutes fenêtres ouvertes et tous objectifs dehors, on passe l’heure qui suit à mitrailler tout ce qui passe. JE VEUX DES PHOTOS DE TOUT. Non franchement, je suis prise d’une frénésie photographique, impossible de m’arrêter.

Comme il se doit, en arrivant, nous prenons un smoothie aux fruits frais et nous ébrouons dans l’eau. Ici, il fait beaucoup moins chaud qu’en bas, à Kandy, car on est quand même en altitude ! C’est pas pour nous déplaire (sauf quand le vent souffle et que tu sors tout mouillé de l’eau, là c’est moins chouette).

On profite de la terrasse à l’apéro, puis du bon dîner, puis des belles chambres, puis on finit par essayer de s’endormir, malgré le bruit chelou d’une bête non identifiée qui court sur la toile de tente…

Jour 3

Toujours cette flûte pour nous accompagner dans la difficile épreuve du réveil. Ce matin, c’est la lettre à Elise. Mais juste les 34 premières notes. Refaites l’air dans votre tête, vous comprendrez. Au bout de la troisième fois, c’est chiant.

A regret, nous quittons notre bel Eco Lodge. Tu vas nous manquer, Maduk’. Nous poursuivons la route par laquelle nous sommes venus, en direction de Dambulla. Une route à flanc de colline, qui traverse des petits villages, au milieu d’un paysage plus verdoyant encore que ce que nous avons vu jusqu’à maintenant. Un vert qui brille, qui pète, de belles étendues de thé sur des collines aux arrondis presque trop parfaits pour être réels.

Jour3-maisonbleue-routeAprès moult virages, nous débouchons sur le haut d’une vallée : celle de Matale. On s’arrête quelques minutes histoire de se dégourdir les jambes et prendre quelques photos, et c’est reparti pour la descente. Une route toujours aussi étroite et sinueuse, bordée d’arbres élancés et de gros rochers, des petites grappes de maisons, des fabriques de thé désaffectées… Nous croisons des écoliers et des ramasseuses de thé qui remontent le long de la route, avec une certaine admiration, vu la chaleur qu’il fait dehors et la dangerosité de l’endroit !

Jour3-Plot-Matale_roadNous finissons par arriver dans la ville de Matale, que nous ne ferons que traverser. Nous tombons derrière un camion benne qui ne va pas assez vite au goût de Fangio alias Siri. Celui-ci s’efforce de lui faire comprendre à coup de klaxons et d’appels de phares qu’il a envie de le doubler, mais monsieur dans son gros camion n’a manifestement pas envie de se laisser faire. Siri n’en a cure, et lui colle au fesses. Le manège dure de longues minutes, et moi, je filme, parce que je veux rapporter une preuve mouvante de ce qui passe sur le bitume sri-lankais. Et là BIM. Le camion pile fort, Siri pile très fort et Marie tombe de son siège beau propre. Et un bleu sur la fesse droite, un ! J’ai la preuve en vidéo.

Du coup, j’ai cherché un peu mieux et j’ai trouvé une ceinture, une petitoune ceinture qui ne prend que les hanches, mais qui a le mérite d’exister. Après ça, autant dire qu’elle ne m’a plus quittée.

L’étape suivante, c’est la visite d’un spice garden, ou jardin d’épices pour les non-bilingues. Comme son nom l’indique, c’est un jardin dans lequel sont plantés toutes sortes d’arbres à épices ou d’arbres fruitiers : muscade, poivre, vanille, cacao, ananas, aloe vera… Nous avons même vu des ananas rouges ! (eh oui, ça existe)

Jour3-Ananas-spicegardenPour cette visite, Siri a délégué son job à un guide du jardin, parlant français. Un homme fort charmant, avec des connaissances assez étonnantes sur la France, soit dit en passant. On a ensuite eu droit à une démonstration de fabrication de poudre de curry en direct, avec torréfaction des épices à la poêle et mouture à la pierre. Pour finir, clou de la visite, ledit guide nous a emmené sous un petit kiosque, où il nous a fait la démonstration de tous les produits fabriqués avec les plantes et épices du jardin : dégustation de thé, test de crèmes, d’huiles, massages… On s’est fait chouchouter bien comme il faut, en somme. Evidemment, on s’est bien lâché dans la boutique à la fin, où tous les produits présentés étaient en vente… Pas possible de résister ! Et encore, j’ai été bien plus raisonnable que les garçons, curieusement ahah.

On poursuit notre chemin jusqu’à Dambulla, où l’on passe devant un temple orné d’un Bouddha géant de pas moins de 20 mètres… doré ! On ne manquera pas d’y revenir faire un tour. Après la pause déjeuner durant laquelle on déguste un délicieux porc au caramel (détail capital, vous en convenez), on file vers la ville de Sigirya, où il est prévu que nous fassions une balade à dos d’éléphant. On patiente un bon moment en attendant que la bête se rafraichisse dans le fleuve (il faut dire qu’il fait une chaleur à crever, je ne l’ai vraiment pas assez souligné je crois…), puis nos guides la préparent, en lui installant une nacelle sur le dos.

Jour3-homme-elephantNous voilà partis pour une petite promenade jusqu’au bord d’un lac, où la vue est imprenable sur le rocher de Sigirya (ou Rocher Lion), que nous grimperons le sur lendemain. L’expérience de la balade est vraiment cool : à chaque pas de l’éléphant, la nacelle penche d’un côté ou de l’autre, nous donnant vraiment l’impression que l’on va finir par se décrocher. Drôle hein ? Au retour, les guides nous font monter tour à tour sur le haut de son dos. On sent tous ses mouvements, on peut toucher sa peau et ses énormes poils, je suis comme une petite gosse. J’adore les éléphants.

Bon, ma petite déception du jour, c’est de n’avoir pas pu visiter le temple de Dambulla (celui du Bouddah géant). Si Siri avait été moins occupé à faire le foufou sur la route, peut-être qu’il aurait mieux anticipé le programme de la journée. Bon, ok, je suis un peu mauvaise langue, mais c’est vrai que nous avons pas mal attendu pour l’éléphant, plus que ce qui était prévu, et au final, on aurait peut-être eu le temps de visiter le temple. Il faut savoir qu’il faut compter un peu de marche pour accéder au cœur du bâtiment, qui se trouve dans une grotte, sur une montagne. En photo, ça avait l’air super.

On finit par rentrer à l’hôtel, où l’on fait connaissance avec nos amis les lézards jaunes translucides, qui sont absolument partout sur les murs. Coucou vous ! On en trouve même un mini dans la salle de bain.

On est un peu déçu de ne pas trouver de bar à l’hôtel, on était bien chaud pour un mojito. Du coup on passe à table à 19h, dans une salle vide et sans musique, ambiance ambiance ! Bon, d’accord, ce n’est qu’un petit détail, mais quand même, en vacances, ça compte les apéros !

C’est comment l’hiver, déjà ?

Brouillard du matin.
Le froid est saisissant, les toits fument.
Dehors, ça sent l’hiver, ça sent l’air glacial.
Novembre avance, la neige bientôt.

On a un peu oublié ce que ça fait.

En tout cas l’hiver dernier, c’était comme ça.

P1050848 copieServoz.

“Elle dansait, pour de vrai, pour lui plaire à lui seul. Il pensait quel malheur que vous ne m’aimiez même pas ce quart d’heure.”

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P1050953 copieChamonix.

DSCN5375 copieChamonix.

P1050944 copieLes Praz.

Ou comment finir en beauté une journée de ski.

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Flume – The Greatest View