Humeur du jour – 4 –

Parmi les petits plaisirs simples de la vie, il en est un que j’affectionne particulièrement : c’est celui d’écouter un peu de Michel Delpech de temps à autres. Non ne partez pas !! Je vais vous apprendre à apprécier la candeur de ces chansons, que vous puissiez à votre tour connaitre la joie de fredonner des petits airs rétro.

Si j’ai toujours eu un penchant pour la musique kitsch (penchant que j’assume totalement, les vrais savent), les paroles de Michel Delpech me fascinent plus encore que les autres. Bien que certains aient mis la barre très haut – Jean-Luc Lahaye qui crie haut et fort qu’il dort dans le corps d’une meuf, Gilbert Montagné qui, à court d’idée de rimes, finit son couplet par “fa mi fa sol do” – Michel, lui, est quand même l’un des rares chanteurs français qui a réussi à glisser dans l’un de ses textes le mot “épagneul”. E-pa-gneul quoi. Bon d’accord, c’est parce que la chanson parle de chasse.


Mais quand on y pense, c’est quand même une sacrée thématique. Le dernier en date à avoir fait ça, c’est Sami Naceri, et on voit bien le suicide social que ça a été pour lui… Ne parle donc pas de chasse en chanson qui veut ! Chapeau, Michel.
D’ailleurs, même lorsqu’il décide de s’attaquer à THE sujet (l’amour, quoi), Michel le fait avec une désuétude tellement mignonne qu’on ne peut s’empêcher de sourire. Voire même de rêver qu’un jour, un garçon nous fasse la cour en chantant Pour un flirt. Enfin moi j’en ai rêvé en tout cas. Regardez plutôt :

” Je ferais l’amoureux
Pour te câliner un peu
Pour un flirt avec toi
Je ferais des folies
Pour arriver dans ton lit
Pour un flirt avec toi “

C’est pas trop choupi ? “Te câliner un peu”. Moi j’adore en tout cas. Cette douce naïveté, cette voix ronde et chaleureuse qui murmure “Ma pauvre Cécile, j’ai 73 ans”… On n’aurait plus idée de faire des chansons pareilles aujourd’hui. Et c’est bien dommage !
Michel, tu nous manques.

Advertisements

14 ans, encore.

Bon dieu mais que m’arrive-t-il ? Réminiscence subite en ce vendredi pré-commémoratif, j’ai soudain eu envie de retrouver ma bonne vieille playlist “Summer ’08”. Bien évidemment, elle n’existe plus depuis longtemps, mais qu’à cela ne tienne, je la refais, j’ai pas peur.
Puis, toute émoustillée que je suis, je clique sur play et là pouf ! me revoilà cinq ans en arrière.

Mais quelle folie, on a pas idée de faire des choses pareilles.

Photo 89

A cette époque, tu n’as pas encore saisi le sens des mots “style” et “assortir”, c’est pourquoi dans ta garde robe rien ne va avec rien. Mais ce n’est pas grave, pour toi ne comptent que tes fringues préférées – un sweat camel et turquoise, des Rockets Dogs marron à pin’s dorés – et tant que tu les as sur le dos, tu te sens trop puissante. Donc peu importe si tu les porte avec un pantacourt en jean et une chemise kaki à fleurs rose fushia.

A cette époque, ton Samsung semi tactile est rose – édition limitée Rip Curl –, et tu as mis plein de musiques trop cool dessus pour pouvoir les écouter avec tes potes en glandant sur une table de pique-nique. C’est à celui qui aura le plus de Dub Inc, Sizzla et autre Damian Marley, parce que c’est peaaace.

A cette époque, regarder les mecs faire du skate au skate park, avoir la permission de minuit et galérer avec le train pour aller en ville lorgner sur les portes monnaie Billabong pour la 5e semaine consécutive, c’est la vie rêvée. Mieux, comme tu es un peu fofolle, tu bois du Redbull et crapote des Marlboro. Et ouais, t’es un peu une délinqu’.

A cette époque toujours, tu vois Requiem For A Dream pour la première fois, et ça devient ton film préféré (même si tu n’arrives pas à le prononcer correctement). Tellement préféré que direct tu mets Purple in the morning, blue in the afternoon, orange in the evening en pseudo MSN, parce que tu es quelqu’un de mélancolique, de torturé et bien évidemment, de très original.

A cette époque enfin, ta meilleure amie c’est trop ta sœur, et le mec que t’aime en secret, c’est au moins ton âme sœur (voir plus). Même si tu lui as jamais dit autre chose qu’un “salut” tout rouge et tremblotant.

J’ai bien aimé avoir quatorze encore une fois cet après-midi. Mais juste cet après-midi. Car cette période, quand on y repense, c’est un peu une longue traversée du désert. Heureusement sur le coup on ne le sait pas, on se contente juste de coller ses tickets de ciné dans son journal en mettant plein de cœurs à côté, et de pleurer en écoutant exprès des chansons tristes sur son Ipod. Et puis on est moche. Mais on a la belle vie, il faut l’avouer.

Pour la dernière fois… Rastafaride !

Shaggy ft Sizzla & Collie Buddz – Mad Mad World