Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible.

En cet hiver douteux (ou cet hiver tout court), quoi de mieux que d’aller flâner dans une petite exposition pour occuper son après-midi pluvieux ? [Non, la réponse n’est pas chiller devant Netflix, déso.]

Je suis donc allée me dégourdir les yeux devant la chouette expo “Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible” à la Fondation Gianadda de Martigny, et c’était pour le moins enrichissant ! A l’initiative du Musée Marmottan Monet (Paris), l’exhibition cherche à confronter les similitudes qui existent entre le parcours de recherche artistique de ces trois artistes du XXe, qui ont travaillé avec le même acharnement sur certaines thématiques, mais sans jamais se rencontrer pour autant.

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Ferdinand Hodler, Le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn (détails), 1904, huile sur toile, 71×105 com, collection Christoph Blocher

La neige, l’eau et ses reflets, sa transparence, le soleil, la nuit… C’est principalement via la beauté exceptionnelle et mystérieuse de la nature que les trois peintres ont cherché à traduire leurs visions du monde. Chacun avec son œil et ses méthodes quasi scientifiques. Ainsi, l’exposition se dévoile sous formes de thématiques, dont les interprétations si diverses fascinent. Edvard Munch nous plonge dans un univers abstrait et onirique (Le Soleil, 1910-1912, Nuit Etoilée, 1922 – 1924), tandis que Monet cherche à se rapprocher de la réalité en captant le mouvement : des herbes oscillant au fond de l’eau (La Barque, 1887), la lumière changeante d’un jour qui se lève ou qui se couche (Le fameux Impression Soleil Levant, 1872). Hodler enfin s’attarde plus sur l’harmonie et l’unité de ses œuvres, avec la volonté farouche d’en représenter les couleurs et les reliefs avec le plus de justesse possible. En découlent des séries d’une douce beauté, pleines de luminosité et d’éclat : celle sur le Lac de Thoune et la chaine du Stockhorn, ou ses représentations du Lac Léman.

munch_la_pluieEdvard Munch, La Pluie, 1902, huile sur toile, 86,5 x 115,5 cm, Oslo, Nasjonalmuseet for kunst, arkitektur og design

monet-le-train-dans-la-neigeClaude Monet, Train dans la neige, 1875, huile sur toile, 78 x 59 cm, Musée Marmottan Monet, Paris

Une mise en perspective passionnante, qui montre à quel point les paysages qui nous entourent ont été et sont encore une source d’inspiration obsédante pour les artistes.
A méditer !

L’exposition est présentée du 3 février au 11 juin 2017 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse).

 

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Travel Report #7 : Norvège (part 1)

Vi sees snart… Ainsi clôturai-je ma dernière diatribe sur la chaleur exotique et colorée du Sri Lanka, vous laissant à coup sûr frétillants d’impatience à l’idée de découvrir le sens de ces étranges mots (les plus pragmatiques n’ayant pas attendu tous ces mois pour le taper dans Google Trad.)

Eh bien nous y sommes ! C’est en Norvège que m’a donc porté ma nouvelle envie de voyage, ou plutôt conduit, car je m’y suis rendue… en van. Comprendre : j’ai loué un van à Annecy, je l’ai chargé à Chamonix, et je m’en suis allée tranquillou bilou jusqu’à Hirtshals (Cf : pointe nord du Danemark), en traversant la Suisse, puis l’Allemagne, à savoir quelques 1593 petits kilomètres de trajet.

Je ne m’étendrai pas trop sur la campagne un peu grise et paradoxalement industrielle de la Suisse, ni sur les autoroutes affreuses et pleines de travaux mal indiqués de l’Allemagne. Sans parler des aires de repos, dont l’offre culinaire se résume à de grosses saucisses accompagnées d’un morceau de pain. Tout en simplicité quoi.
Première nuit un peu fastidieuse près d’Hanovre, rythmée par le bruit des camions et de l’autoroute, ambiance parking crade et caravanes abandonnées. Du PUR bonheur. Autant dire qu’on a pas trainé le lendemain matin, pas mécontents de passer au Danemark ! Ici, la campagne est tout de suite beaucoup plus bucolique, des couleurs pastelles, des petits vallons décorés par une ferme ou une église, des champs verts ou jaunes, un ciel bleu strié de quelques nuages épars. J’aime bien.
On arrive à Hirtshals dans l’après-midi, soit un peu tôt pour notre ferry qui est à 20h45. On patiente devant la grille du port en regardant le premier épisode de Vikings, histoire de se mettre dans l’ambiance.

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Tarmac du port – Hirtshals

La traversée passe assez vite, trois petites heures, tout confort. Je me caille le c** parce que j’ai voulu faire ma ouf en restant en short, mais dans le bateau le chauffage n’est pas aussi efficace que dans le van. Puis enfin, la consécration : nous arrivons à Kristiansand. Norvège, nous voilà.

 

Jour 1 : Kristiansand – Mandal – Voll
N’ayant pas repéré de spot sympa aux alentours du port de Kristiansand, on décide de rouler jusqu’à Mandal, un petit village de pêcheurs un peu plus loin sur la côte. Si on trouve un coin cool avant, tant mieux, sinon, on dormira là bas. Bon, certes, il fait nuit, mais j’aperçois déjà dans la pénombre des petites maisons en bois rouge au bord de petits lacs, je suis toute émoustillée. Ce sera la seule fois où on roulera de nuit, et c’est franchement pas désagréable : la route est nickel, éclairée comme en ville, et surtout, il n’y a per-sonne. Le rêve !
Bon, vous vous en doutiez, on finit par arriver à Mandal. Il est presque 1h du matin, mais l’excitation nous a redonné un coup de pêche. Malgré la nuit, le village est hyper accueillant, les maisons et magasins sont tous en bois blanc, et tous illuminés ! Vitrines ou devantures, on se croirait presque à Noël. En tout cas, ça nous plait. On suit le GPS qui nous emmène dans un dédale de rues, jusqu’à ce qu’on arrive sur un parking goudronné face à la mer, entouré de quelques petits immeubles jolis et modernes. Là, je crois qu’on est en place.

Le réveil sous la pluie le lendemain ne nous désespère pas, la météo indique plutôt du soleil pour les prochains jours, on table donc sur une averse passagère. Et puis on vient de passer la nuit bercé par le bruit des vagues, on va pas non plus se plaindre !
Avant de prendre la route, nous nous arrêtons dans le centre du village, histoire de visiter un minimum. Pas déçus ! Les maisons sont hyper jolies, et puis il y a plein de boutiques à tomber, remplies de mobilier et déco à la scandinave… Heureusement que j’ai la voix de la sagesse avec moi. Et puis dommage qu’il ne fasse pas hyper beau et surtout que ce soit l’intersaison, car avec du soleil et plus de monde, on serait sûrement resté un peu plus ! On repart donc en suivant l’E39 qui longe la côte sud, en direction de Stavanger. Le temps est encore gris, mais au moins, il ne pleut plus !

On croise quelques lacs, quelques villages qui ressemblent plus à des hameaux, mais surtout, beaucoup d’exploitations agricoles ! Il y a des moutons partout, on se croirait en Irlande. Et puis il y a peu de reliefs, du moins les montagnes ne sont pas hautes. Et elles sont très arides, très caillouteuses. Nous qui nous attendions à de grandes forêts de sapins partout… Bon, pas de panique, la route est quand même belle. Ca tourne, ça monte, ça descend, il y a quelques tunnels, et il y a des fjords ! Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas.

Une bonne heure après Mandal, on fait un stop à Flekkefjord, autre village de pêcheurs recommandé par le Routard. Très mimi lui aussi, toujours ces bâtisses blanches en bois, aux façades un peu travaillées. Mérite un petit arrêt, en effet ! Et puis nous avons l’immense et agréable surprise d’y trouver sur le port un petit espace dédié aux touristes, avec douches, toilettes et wifi gratuit. Le tout évidemment ultra propre hein, on est Norvège, faut pas déconner. Ni une ni deux, on fait un aller retour au van prendre de quoi se laver, on va pas gâcher une telle occasion !
Une douche chaude plus tard, on repart flanqués d’un petit sourire satisfait. Un petit tour au supermarché Kiwi pour s’acheter du saumon frais, et nous pouvons continuer. J’avoue que le petit saumon grillé mangé au bord du fjord 45 minutes plus tard passe très, très bien.

jour1_repas_fjordLe coin que nous avons repéré pour dormir ce soir se trouve une trentaine de kilomètres avant Stavanger, tout au bord de la mer. Nous bifurquons donc de l’E39 pour rejoindre la route qui longe vraiment la côte, histoire de changer un peu de décor. Un peu sauvage d’abord, le paysage évolue pour devenir très agricole. Un peu trop même, jusque dans l’odeur. J’ai beau aimer le terroir, j’avoue que la crotte de mouton ça peut vite prendre à la gorge. En bref, ça pue quoi. La traversée des champs va donc paraître un peu longuette, même si, faut pas chipoter, l’endroit est joli. Et puis le ciel se dégage enfin ! Et puis on aperçoit la mer au loin ! Ca fait beaucoup d’émotion à gérer d’un coup…

A quelques 6 kilomètres de notre point de chute, l’ordinateur de bord nous demande de vérifier la pression du pneu arrière gauche. “Merde alors, le mec ne l’a pas fait avant de partir ! Ce sagouin”, pensons-nous. On verra demain. Le point de chute en question, c’est un petit parking de pêche en terre battue tout riquiqui, en contrebas de la route. On y descend, trop heureux de ce spot qui domine la mer, et sur lequel nous sommes absolument seuls. Bon, il y a du vent. Beaucoup. Mais c’est canon. Beaucoup. On se balade un peu sur la plage, et remontons pour profiter un peu du van, se mater un bout de série en regardant dehors et en se disant qu’on a trop de chance et… Putain je crois que y’a un autre van qui arrive. Le con !

Là, on est dégouté. Le mec se met devant nous de l’autre côté du parking, on voit qu’il essaye de faire ça bien pour trop nous gêner. Bon. Sur ce, n’ayant pas encore digéré notre énervement, un deuxième arrive. Un camping car cette fois. Et allemand en plus ! Bordel. Et puis alors là, tranquille, le mec se pose devant nous, en travers, nous cachant toute la vue. A l’aise papy.
Résistant à l’envie d’aller lui expliquer les règles de base du respect de la vie en communauté (et me rappelant qu’à part Guten tag et Danke schön je ne sais pas dire grand chose en allemand), on opte pour reculer le van de quelques mètres, nous permettant ainsi de jouir d’une vue un peu plus dégagée sur le panorama qui n’est pas des plus désagréables.

Un peu plus tard, d’autres vans et camping cars viendront, certains repartiront (dont l’allemand relou, qui n’était en fait venu que pour voir le beau coucher de soleil – Cimer) mais nous déciderons de ne plus y prêter attention (trop de poésie dans cette phrase).

On aura aussi la chance de voir une lune énorme et très jaune se lever au dessus des champs. J’aurais adoré pouvoir en garder la trace en photo, mais mes 57 essais sont restés vains, mon matériel n’étant certainement pas assez sophistiqué pour réaliser un tel cliché.

 

Jour 2 : Voll – Preikestolen – Ardal
Nuit pas trop mal, malgré le bruit du ressac qui faisait un peu essorage de machine à laver permanent. Bon au moins, t’entends pas les voisins. Fraicheur relative, le plus gênant étant sans doute l’humidité (qui du coup donne l’impression que t’as froid).
On déjeune face à l’immensité de l’océan, on fait même pipi sur nos toilettes chimiques face à l’immensité de l’océan. Quel luxe. Puis on lève le camp, l’objectif de la journée étant d’arriver assez tôt à Preikestolen pour monter voir le rocher de la Chaire, afin de profiter du temps splendide. On décide du coup de zapper Stavanger (qui paraît-il vaut quand même le détour… tant pis !)

On a pas fait 3 mètres avec le van que chéri me dit : “on a crevé”. “Non, c’est pas possible”. “Si, je te jure”. “Putain, putain”. On rejoint la route, puis roulons à 40, en pestant. Ni lui ni moi n’avons jamais crevé, et il faut que ça nous arrive au fin fond de la campagne norvégienne, un dimanche. Oui parce que sinon, ce serait pas drôle. Et puis c’est pas comme si c’était le deuxième jour du voyage quoi.
On rejoint donc péniblement la première station service du coin, un peu dépité. Là, chéri confirme son diagnostic. Il faut prendre les choses en main. J’appelle l’assistance, il appelle le mec de l’agence de loc et va voir les gens de la station service. Résultat :
– La meuf de l’assistance me dit que ça prendrait beaucoup (trop) de temps qu’ils prennent en charge le truc, le temps de faire venir quelqu’un, et qu’il vaut donc mieux qu’on trouve nous de quoi se faire dépanner sur place. Topitop.
– Le mec de l’agence nous dit que c’est balo parce qu’en plus y’a pas d’outils dans le van pour changer la roue (oui parce qu’on a une roue de secours quand même) mais espère que tout va bien pour nous.
– La meuf de la station service nous dit que c’est dimanche et qu’on trouvera rien pour se faire dépanner, MAIS que des gonz doivent passer vers 12h et qu’ils pourront sûrement nous aider. Génioul.

Pas trop plus avancés, on se demande quoi faire et râlons beaucoup. Puis je regarde dans le manuel du van, sait-on jamais. Et là BINGO ! Il a une mallette d’outils cachée dans le coffre (ce qui paraît somme toute logique, vu qu’il y a une roue de secours. Mais bon.) Ni une ni trois, on sort l’intégralité de nos affaires sur le parking, rien à foutre. La mallette contient un cric, une clé… Tout ce qu’il faut quoi ! Habité par la joie et la détermination, chéri monte le van sur le cric et commence à déboulonner la roue. Un, deux, trois, quatre boulons… Et le cinquième qui ne veut pas venir. Mais genre pas du tout du tout. On s’y met à deux, on s’y met à pieds joints, on s’y met en riant jaune de désespoir, rien à faire. Genre le sort est contre nous. Genre on a pas été assez gentils quoi.
On retourne à la boutique, la fille nous dit que finalement les gonz ne seront là qu’à 15h (tu te foutrais pas un peu de notre gueule toi par hasard ?), on veut acheter une autre clé, mais la seule taille qui manque, c’est celle qu’il nous faut… Je commence à détester cette journée.

jour2_galere_parkingPuis après moults essais ratés appuyant toujours plus fort sur notre impuissance, nous décidons de tout remballer et d’aller dans une autre station service. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de Kleppe, qui en compte trois ou quatre. Les deux premières sont trop riquiqui, mais la troisième nous paraît pas mal. Je file à la boutique demander de l’aide et là miracle ! Je tombe sur un jeune super gentil qui prend direct son téléphone pour appeler une dépanneuse à Stavanger, et qui en attendant nous prête une clé. Comme quoi la bonne volonté parfois peut suffire à vous sauver un dimanche ! Il vient même avec moi jusqu’au van voir de quoi il en retourne.
Nous n’avons pas encore pris une décision concernant la dépanneuse (qui coûte bonbon) qu’une voiture débarque avec deux mecs baraqués dedans – les copains du jeune. On n’a jamais su si c’était du pur hasard ou s’il les avait appelé, toujours est-il que les mecs ont pris la clé, l’un la tenant l’autre sautant dessus, et qu’en trois essais le boulon était dévissé. Un truc de fou !
A peine le temps de les remercier qu’ils étaient déjà repartis. L’ascenseur émotionnel ainsi fini, on se retrousse les manches et changeons la roue. Un peu plus de 2h de perdues au final, mais qui paraissent si peu quand on se préparait mentalement à devoir passer la nuit sur ce pauvre parking…

Un mauvais hot-dog plus tard, on peut donc repartir vers de nouveaux horizons. Une petite route vallonnée qui nous amène jusqu’à notre premier ferry. Quelle excitation ! Evidemment, on fait nos touristes moyens en allant à l’avant du bateau regarder le paysage et prendre quelques photos, mais faut dire ce qui est : ça vaut le coup !

jour2_traversee_ferryAprès avoir débarqué, on arrive vite en bas du chemin qui mène au Preikestolen. Il est un peu plus de 15h, le soleil est radieux, et on a besoin d’évacuer un certain stress : rien de mieux qu’une petite marche ! Réserve d’eau et de biscuits en poche (ayant la moitié du rayon goûter de Super U dans les tiroirs du van, on peut large tenir une semaine si on se perd), nous partons donc d’un pas décidé à l’assaut du Rocher de la Chaire.

A part les 100 premiers mètres qui montent bien raide bien dur (…) le reste du chemin est plus du faux plat, tantôt montant tantôt descendant, bien préparé avec de larges pierres plates. On évolue au coeur d’une forêt orangée par l’automne, qui baigne dans le soleil de fin d’après-midi et qui nous offre au fur et à mesure de la montée des panoramas magnifiques sur le fjord à l’horizon. On ne peut pas rêver mieux. On croise aussi beaucoup de monde qui descend, et ça ne parle pas un mot de norvégien ! (Même si bien entendu on palpe rien au norvégien)
On finit par sortir de la forêt, pour arriver dans un endroit beaucoup plus aride et caillouteux, mais certainement pas moins beau. Je ne m’en remets pas. Et puis alors, ce temps ! Si j’osais, je dirais qu’on une chance de cocus. Mais bon, on serait un peu dans la merde du coup. Bref. On arrive en haut, en 1h et 5 ou 6 minutes, là où les guides en annoncent 2 (vlà les machines). Et ça en jette sévère ! C’était bien la meilleure manière d’évacuer toute cette tension mécanique accumulée dans la matinée.

Une fois redescendu, on décide de bouger, pas envie de rester dans le camping cher et attrape touristes du Preikestolen. On avance donc jusqu’au village suivant, Jorpeland, Park4night nous ayant indiqué que là aussi se trouvait une petite douche publique sur le port. Heureusement que nous croisons deux gosses en vélo, sinon on pourrait se croire dans Walking Dead IRL. Juste des feuilles qui volent dans les rues vides. Vlà l’ambiance.

La douche en question est toute neuve et là encore super propre, un vrai bonheur. Et comme on a une pièce de 20nok, on est super heureux de se dire qu’on va pouvoir prendre une douche de 8 minutes (Oui, 10nok = 4 minutes d’eau chaude). Ce n’est qu’une fois tous nus et dans les startin’ blocks qu’on se rend compte que la machine ne prend que des pièces de 10nok. Dans l’cul lulu ! Chéri se dévoue donc pour essayer d’aller faire du change. Un dimanche. Dans village déserté par ses habitants. Easy. Moi je reste dans la douche, et j’attends. Un poil inconfortable comme situation, je dois avouer.
Pour finir, il a réussi à trouver de quoi changer la pièce dans un bowling bien glauque, et nous avons pu savourer 4 minutes de douche. J’ai même réussi à me laver les cheveux ! Comme quoi, dans l’urgence on est capable de tout hein…

Propres et frais, nous roulons quelques kilomètres supplémentaires jusqu’à un petit spot au bord d’un lac (ou d’un fjord, pas toujours facile de les distinguer…), au cœur d’un petit hameau de maisons. Joli coucher de soleil, ambiance calme et rassurante… Une bonne nuit en perspective !

 

Jour 3 : Ardal – Odda – Bergen
Tirés du sommeil à une aube relative, nous prenons la route avant 10h. C’est balo, l’étape prévue aujourd’hui est plutôt courte ! Dans une campagne encore couverte de rosée, balayée par un timide soleil matinal, nous avançons jusqu’à l’embarcadère du bac. Une traversée de plus ! En débarquant de l’autre côté, nous empruntons directement une route serpentant à flanc de montagne, longeant un grand fjord sur notre droite. D’un bleu profond, strié d’argent par la lumière désormais plus vive. Je joue au reporter et mitraille à la volée, étant donné qu’on ne peut pas vraiment s’arrêter… Bon, du coup le résultat n’est pas vraiment probant. Dommage.

jour2_fjord_route_asa_bergenArrivés à un carrefour, le GPS nous fait quitter la route principale pour en prendre une qui n’est même pas indiquée sur notre carte routière. Même pas peur. On peut dire qu’on se retrouve tout à coup dans la Norvège profonde. On traverse quelques hameaux, croisons pas mal de maisons fermées à l’allure presque délabrée (les scénaristes d’American Horror Story se feraient bien plaiz ici, vu le nombre de baraques flippantes qu’on a croisé !) et chéri ne cesse de répéter que “c’est vraiment pas le moment de crever”. Je lui dis d’arrêter parce que j’ai peur qu’il conjure le sort et qu’on se retrouve en rade au milieu de… rien.
Nous finissons par arriver à Gullingen, station de ski nordique qui doit probablement être très sympa sous 1m50 de neige, mais qui en plein automne prend un côté un peu fantomatique avec tous ces chalets en bois noir vides. Bon par contre les couleurs sont très belles. Des rangées de bouleaux et de plein d’autres arbres égayent le bord de route, et là encore je peste de ne pas pouvoir en faire mon quatre heures photographique.

En redescendant de Gullingen, nous retrouvons un peu de civilisation (= un supermarché et des maisons avec des voitures garées devant), et passons par des coins absolument grandioses… (Cf : ci-dessous)

Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Roldal, qui se trouve être elle aussi une station de ski en hiver. Le village est éclaté dans une grande prairie en pente, et est doté d’une jolie petite église en bois debout (stavkyrkje pour les natifs).
Nous croisons également les chutes du Lakefossen. On nous avait dit qu’elles aspergeaient les voitures jusque sur la route, du coup on s’attendait à une tempête d’eau, mais elles étaient surement un peu trop calmes ce jour là… Même pas une petite éclaboussure !

Nous avançons ensuite jusqu’à Odda, qui est une ville plus importante, mais très industrielle. Si elle est connue pour porter l’histoire industrielle de la région, elle ne l’est certainement pas pour son charme… Pas découragés, nous faisons quand même un petit tour dans la rue piétonne principale (bon ok j’avoue c’est aussi parce que j’avais noté qu’il y avait un petit café stylé dans ce coin). Mais ne trouvant ni café ni boutique retenant notre attention, nous repartons pour aller manger sur une aire de repos au bord du fjord un peu plus loin.

jour2_fjord7_route_asa_bergenLa route est jolie : après la moyenne montagne et les morceaux de glaciers apparaissant au détour de virages, nous entrons dans la région des vergers. Des petites cahutes vendant essentiellement des pommes et des prunes jalonnent la route, mais on ne voit jamais personne dedans. C’est très bucolique. Nous traversons plusieurs villages au charme incontestable, qui étaient censés constituer des points d’arrêt potentiels, mais devant le manque de vie manifeste, nous continuons à avancer… Si bien que nous nous retrouvons à deux petites heures de Bergen ! Et qu’il est à peine 16h… Tant qu’à faire, autant continuer à rouler.

Mais, plus nous approchons de Bergen, plus les coins sympas se raréfient. De la campagne dorée et authentique, nous passons aux villages gris et industriels. Et malgré toute la bonne volonté du monde, impossible de trouver un spot un peu chouette pour passer la nuit. Avec bientôt 8h de route dans les pattes, on commence à en avoir légèrement marre, et l’environnement n’est pas vraiment là pour nous remonter le moral !

18h27 : un peu désespérés, nous regardons les campings potables alentours
18h31 : nous constatons qu’il n’y en pas beaucoup
18h39 : nous tentons une percée dans un hameau voir s’il n’y a pas un bout de chemin sur lequel on pourrait se mettre discrètement
18h40 : on tombe sur une espèce de presbytère chelou qui nous fait rebrousser chemin fissa
18h43 : nous pestons parce que c’est pas possible que tout soit moche comme ça ici
18h48 : nous passons devant un camping en contrebas de la route et hésitons à s’y arrêter. Aller, on continue on sait jamais
18h55 : on se retrouve sur un parking glauque, summum de la déprime.
18h56 : nous hésitons à tracer jusqu’à Bergen et se prendre un hôtel
18h59 : nous venons de mettre notre couple à l’épreuve
19h01 : on décide de retourner au camping en contrebas de la route
19h06 : nous arrivons au camping. Notre couple a résisté. OUF.

Ca devait bien arriver à un moment, hein. Ou comment payer 240nok pour se faire mater par des gros allemands dégueulasses et même pas avoir de lumière dans la douche. Qui en plus est même pas gratuite quoi. Coincés entre la route et un petit lac, on préfère regarder le lac, pour essayer de se dire qu’on est pas trop mal tombés. Mais bon, vivement demain matin quand même.

 

Jour 4 : Bergen – Voss
S’il fallait trouver un point positif à ce sympathique endroit, c’est qu’on est plus qu’à 15km de Bergen. C’est vrai qu’hier, on a un peu fait 3 étapes en une quoi. Nous qui avions prévu de faire des stops et de partir à la découverte des environs… Bon faut dire ce qui est, moi qui imaginait des parcs nationaux accessibles et verdoyants, on s’est retrouvé entre deux montagnes et pas la trace d’un seul chemin de rando pas trop difficile… Donc bon, ça réduit un peu les possibilités de balades et de flâneries !

Bref. Nous partons donc en direction de la ville, sous une petite couche de grisaille. Si la ville est plutôt grande et les abords pas vraiment charmants, le centre “historique” et touristique est lui peu étendu et très mignon. Bâtiments cossus en pierre, ou petites maisons fleuries et colorées, au bord rues pavées et bien entretenues. Nous commençons par le marché aux poissons, halle moderne avec plein de trucs qui donnent très envie d’être mangés, ça nous plait. Nous dégustons même un petit morceau de saumon mariné qui passe crème, même à 10h du matin.

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Marché couvert de Bergen

Etape suivante : les quais de Bryggen. Comme je l’avais déjà pas mal entendu, les pas de portes ont été vendus à des boutiques, pour la plupart des trucs à touristes pas bien heureux. Sauf si tu adores les trolls et les t-shirts/mugs/magnets/stylos/merdouilles à l’effigie de Norvège. Finalement, c’est l’envers du décor qui nous a le plus plu : entre chaque maison un petit passage qui amène de l’autre côté des quais, et qui respire déjà plus l’authenticité.
Un petit détour par la Mariakirken, une cathédrale au double clocher datant du Moyen Age, avant de filer vers le quartier de la gare de Floyen. C’est là que se trouvent toutes les adorables petites ruelles qui font le charme de la ville. Et accessoirement un génialissime salon de thé littéraire, le Krok og Krinkel, où nous avons pu nous délecter d’un cappuccino et d’une camomille absolument divins. Je ne parle même pas des pâtisseries, entre les Kanelbullar et les brioches à la crème de noisette, des petites merveilles.


Le temps s’étant un peu découvert, on décide de prendre le funi pour monter au Mont Floyen. De là, une vue imprenable sur la ville, une boutique de souvenirs avec pour une fois de vrais trucs jolis, et surtout d’infinies possibilités de balades en pleine forêt (dans la deuxième plus grande ville de Norvège, normal). N’étant pas hyper originaux, et commençant à avoir un peu faim, nous optons pour la redescente immédiate. Une bonne grosse demi-heure quand même ! Mais fort agréable, sur un large chemin ombragé, avec passage par les rues biquounettes en fin de balade pour que bibi puisse s’extasier et prendre plein de photos.
Pour le déjeuner, nous retournons au marché aux poissons, pour s’acheter quelques sushis frais et une soupe de homard, que nous dégustons dehors, face aux quais de Bryggen.

Retrouver l’agitation douce de la ville nous a fait le plus grand bien. Et Bergen s’est révélée être vraiment agréable et pleine de bonnes surprises ! Nous repartons forts satisfaits.
Le point étape de ce soir se trouve à deux petites heures de route, dans une station du nom de Voss. Sur le chemin, disséminées le long du fjord que nous suivons, nous croisons plein de petites cabanes en bois servant probablement d’abribus, avec des petits arbres poussant sur le toit. Trop cute.

A Voss, nous avons le choix entre deux spots : un très haut, près des remontées mécaniques, c’est à dire dans l’ombre, paumé en bordure d’une forêt qui fait peur ; un en bas, à l’entrée de la ville, face à un petit motel au bord d’un lac baigné par le soleil de fin de journée. Dilemme dilemme…

Spot de Voss

Spot de Voss

 

Jour 5 : Voss – Balestrand
Nuit un peu bruyante, mais pas trop froide. Pour une fois ! Oui parce que les pyjamas sexy faut oublier hein, là c’est chaussettes en laine style avec sweat à capuche et legging, il faut c’qui faut !

Aujourd’hui, nous allons rejoindre Balestrand, en passant par le village de Laerdal. La route pour y aller est assez impressionnante, bordée par de grandes montagnes et de gros éboulis venant presque jusqu’au bitume. On préfère ne pas trop traîner par ici, pas envie de se faire ensevelir !
Pour traverser toutes ces montagnes, nous enchainons les tunnels. Et pas des moindres : 5km, 7km, 12km… On passe plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur ! En même temps, la grisaille s’est installée pour de bon, et nous avons perdu quelques degrés, donc sous la terre ou dehors…
Nous finissons par arriver au Laerdalstunnelen qui n’est autre que le plus long tunnel routier du monde, 24,5km de long ! Eh bah ça fait un sacré morceau… Ils ont même creusé à l’intérieur trois grottes éclairées de bleu, afin de casser la monotonie de la route. Celui-là, on était content d’en ressortir !

Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de Laerdal, dans une région agricole qui cette fois-ci exploite des pommes de terres. A Laerdal, le point d’intérêt se trouve dans une petite rue constituée de maisons anciennes, certaines datant du XVIe siècle ! Nous galérons un peu à trouver l’entrée de la fameuse rue, malgré la taille du village, qu’on ne peut pas qualifier d’étendu.
Les maisons sont vraiment mignonnes, on dirait des maisons de poupées grandeur nature ! Certaines abritent des petites boutiques d’antiquité, d’autres des petits cafés… Tous fermés malheureusement. Nous faisons un petit tour, je regarde par les fenêtres ; impossible de savoir si des gens vivent à l’intérieur ou non. Nous croisons quelques chinois, qui semblent émerveillés par l’endroit, allant jusqu’à prendre en photo les pissenlits du bas côté. C’est une curiosité comme une autre après tout…

Nous mangeons un bout, puis décidons d’aller voir l’église en bois debout de Borgund, qui se trouve à une trentaine de kilomètres. Vraisemblablement bâtie avant 1200, c’est l’une des mieux préservées du pays. Sur le chemin, un petit panneau qui fait bifurquer à gauche indique une “historic route”. Nous décidons de l’emprunter, et nous retrouvons sur une petite route passant près de jolies maisons, et longeant une profonde rivière à droite. Nous qui cherchions des petites randonnées faciles et accessibles, ici il y en a à la pelle !

L’église de Borgund est toute petite. C’est ce qui nous frappé quand nous sommes arrivé ! Et elle est en bois tellement noir qu’on croirait qu’elle a brûlé. Elle n’en est pas moins jolie, avec ses têtes de dragons et ses différents étages. Au moment où nous repartons, le car de chinois de Laerdal débarque et envahit les alentours. C’était moins une !

Nous repartons direction Balestrand, notre étape de ce soir. Nous repassons devant Laerdal, puis filons à Naddik, où nous prenons le bac… dans la soute ! En ressortant du bateau, on a l’impression d’être en moyenne montagne. Partout autour de nous, d’immenses forêts de sapins vert très foncé, et loin en contrebas, un fjord. Les maisons ressemblent plus à des chalets en rondins qu’à des petites maisons typiques norvégiennes… On se croirait presque chez nous !

Nous passons la ville de Sogndal, qui est une vraie ville ! Plein de boutiques ouvertes, plein de gens dans les rues… On ne s’y attendait pas !
Nous continuons la route qui longe le Sognefjord. C’est magnifique ! Nous traversons plein de villages adorables, des rochers aux arêtes déchirées plongent dans l’eau, dévoilant au détour d’un virage une petite baraque de pêcheur rouge avec son bateau amarré… On en prend plein les yeux.
Nous arrivons à Dragsvik pour prendre un ferry, que nous attendons un peu. En débarquant de l’autre côté, nous ne sommes plus qu’à 6km de l’arrivée. Nous faisons le tour d’un petit bout de fjord encaissé en fond de vallée, les maisonnettes ont des couleurs adorables.

A Balestrand, nous filons poser le van au Sotjun Camping, que nous avions repéré auparavant. Un pré en pente légère d’un vert surnaturel, face au bleu gris du fjord, plein de petites hytte d’un rouge profond… Un vrai décor de film ! Nous repartons à pied pour visiter les alentours. D’abord la St Olaf Church, avec sa forme typique église en bois debout, et ses couleurs pour le moins originales. Puis le grand Kviknes Hôtel, lieu de villégiature du roi Guillaume II, qui rappellera sans doute aux amoureux de Wes Anderson l’esprit de son Grand Budapest Hotel (en moins rose quand même). On a même pu visiter l’intérieur, avec ses multiples salons donnant sur le fjord, et dont le style début du siècle ne manquera pas de faire voyager ceux qui y séjournent !

Calme, paisible et romantique, Balestrand pousse même le charme jusque dans les panneaux à l’ancienne du village. En bref, c’est une adorable destination. Et le camping est au top : des douches flambant neuves et jolies, avec eau chaude à volonté. Une première ! Autant dire qu’on en a bien profité…

 

Jour 6 : Balestrand – Geiranger
Ce matin, réveil sous une petite pluie. On n’a toujours pas vu le type du camping, limite on pourrait partir sans payer. Mais bon, on n’est pas des délinqu’.
Après avoir réglé notre dû, nous reprenons le bac à Dragsvik. Depuis la veille, la route n’a pas changé, elle est toujours aussi belle. Nous dépassons Sogndal et partons à gauche, sur une route montant gentiment. De là, nous entrons dans une vallée aux couleurs flamboyante, un bout de fjord lisse à droite reflétant l’éclat du paysage sur sa surface miroir. Je suis émerveillée. Plus loin, un énorme glacier surgit entre deux sommets, oscillant entre le blanc et le bleu. Nous nous arrêtons pour le prendre en photo sous tous les angles.

jour5_vue_glacier_route_balestrand_geirangerNous passons ensuite à Skei, où nous faisons quelques courses, et, curieux, entrons dans un énorme christmasshop (comprendre : un énorme magasin de souvenirs, dont une partie est dédiée à des décos de Noël au summum de la kitshitude). Un peu plus loin, dans le village de Byrkjelo, nous tombons sur une petite boulangerie / épicerie fine, où nous passons vingt bonnes minutes à regarder chaque produit, avant de repartir avec un pot de miel, des confitures, des pains sucrés à l’anis, au chocolat… Une bonne petite razzia quoi.

Nous mangeons à Fjelstova sur un grand plateau tout orangé, qui en hiver sert de point de départ pour un large domaine skiable, avec vue sur l’envers du glacier que nous avons croisé plus tôt sur la route. Nous redescendons par une petite route serpentant dans une forêt clairsemée, chaque virage nous ouvrant un peu plus la vue sur les rives du fjords en contrebas. Là encore, les couleurs semblent avoir été travaillées à la gouache. Et pour une fois, j’arrive à attraper quelques images au vol, nettes ET cadrées ! Du grand art.

Nous faisons le tour complet de plusieurs fjords, passant de vallées en vallées, traversant moult petits villages, avant de passer Stryn, une ville relativement éloignée de tout, mais bien vivante. Nous continuons la route tout droit dans la vallée, nous enfonçant entre de larges montagnes. Il commence à pleuvoir beau propre, et nous ne croisons pas grand monde. Puis nous nous retrouvons au pied d’une route qui fait assez peur à voir quand on voit son tracé GPS !
On entame donc la montée, croisant sur le chemin quelques jolies cascades. Puis viennent les tunnelen (tiens ! Ca faisait longtemps…), qui à la sortie nous offrent un paysage pour le moins déroutant : on se croirait sur Mars ! Que des rochers, partout, quelques filets d’eau pour rivières, quelques herbes orangées pour donner un semblant de couleur, et voilà. Pas d’habitation, pas de végétation… Un désert pelé !

Nous traversons un dernier tunnel, avant de bifurquer à gauche… sur la fameuse route de Trollstigen. Nous avons déjà perdu pas mal de degré, passé en dessous des 10 ! Le début de la route serpente à plat, le long d’un lac, jusqu’à ce que surgisse sur la gauche un énorme glacier tout plat. C’est hyper impressionnant ! Nous passons à proximité de la route montant au point de vue de Dalsnibba, puis nous attaquons la descente… Et là, attention les yeux ! On enchaine les épingles, les virages sont hyper serrés. Ca fait un sacré effet ! Mais c’est vraiment magnifique… Même sous la pluie.

Puis enfin nous retrouvons un peu de civilisation, les premières maisons apparaissent. On ne dirait pas qu’on va arriver sur les rives de l’un des fjords les plus connus de Norvège : celui de Geiranger.
Quelques virages plus loin, nous voyons enfin apparaître l’eau. Nous n’irons pas jusqu’au village ce soir, le camping que nous avons choisi se trouve quelques lacets au dessus du centre.

jour5_vue_geiranger_route_balestrand_geirangerNous nous établissons au Vinje Camping, un petit bout de nature avec une grosse cascade à proximité des emplacements, des terrasses d’herbes abritées par quelques arbres, des sanitaires tous neufs… Nous y resterons deux nuits ! Nous choisissons un emplacement pas très loin de la cascade (qui fait quand même un sacré boucan), puis nous installons confortablement devant une petite série. Ce soir, c’est détente !

La fraicheur de l’automne

Assise derrière mon bureau, j’ai soudain eu envie de m’évader. Quel meilleur moyen que d’écouter un peu de musique ? Oui, parce que dire à son patron « bon, tu m’en veux pas, je m’évade un coup ! » et partir se chercher un Starbucks pour déambuler dans les rues, ça le fait pas trop trop.
M’est soudain revenue en mémoire une petite découverte plutôt fraiche (c’est le cas de le dire !) : Highasakite. Mais nooon, ne prenez pas peur, c’est un groupe Norvégien, vous allez voir, ils sont super.

HighasakitePour ma part, c’est en live que s’est opéré le charme de la rencontre, ces derniers ayant fait la première partie d’Of Monsters And Men en juin dernier (oui, je les ai vu deux fois en concert, et alors ?). Vous connaissez mon amour et ma patience pour les premières parties…
Eh bien là je dois avouer que j’ai été bluffée, transportée dans un univers absolument nouveau et déroutant. Une tempête de sons puissants et cristallins, une voix grave et chaleureuse qui vous enveloppe et vous donne le frisson… J’étais tout bonnement fascinée.
A vous maintenant de vous laisser porter par le chant et les mélodies enlevées d’Ingrid Helene Håvik et ses quatre compères.

Ma préférence va à Lover, Where Do You Live, que j’ai trouvé absolument renversante… Une douceur imprégnée de détresse et de mélancolie, d’une rare subtilité. A écouter très fort, c’est encore mieux.

Since Last Wednesday, c’est une chanson de jour de fête nationale (Non, ce n’est pas une référence à Belle Demoiselle de Christophe Maé). La batterie y est puissante, les rythmes entrainants et folkloriques. Ca va si bien avec l’automne. Ca donne envie de courir sous un soleil tiède et pâle, de se filmer au ralenti, d’être heureux tout simplement.

Comme celle qui précède, Leaving No Traces se place dans un genre plus joyeux et pop folk. Il y a plus d’instruments, une belle intensité. Parfait pour un trajet en voiture, ça donne la pêche.
(Oui, je vous ai pas dit, c’est moi Huggy les bons tuyaux)

 

Bon évidemment il y en a plein d’autres, mais je laisse votre curiosité faire la suite du boulot !