Benvinguts a Mallorca

Les îles Baléares… Une combinaison de mots si délicate qu’elle laisse rêveur, à moins que ce ne soit les images de sable clair et d’eau teintée de camaïeux turquoise que l’on y associe… Il ne nous en faut pas plus pour choisir Majorque comme destination pour notre pause soleil du printemps. Une escapade en pleine mer Méditerranée, là où l’on est à peu près sûr de trouver de la chaleur et de la bonne humeur, le tout pour pas trop cher et pas trop loin !

Alors, que faire à Majorque ? Spoiler : visiter des criques paradisiaques…  Mais pas que !

  1. Arriver tranquille

On descend de l’avion cueilli par un beau soleil de fin de journée, des palmiers trainent un peu partout, ça sent bon les vacances ! La voiture de location récupérée (indispensable pour profiter pleinement du charme de l’île), nous filons direction le nord pour retrouver notre hôtel situé à Platja de Muro.

Bon, autant vous le dire tout de suite, le quartier en lui-même a zéro intérêt. C’est une longue avenue presque en front de mer, bordée de vieilles boutiques de souvenirs et de restaus à fritures tous plus pourris les uns que les autres, le truc ultra touristique et sans charme. L’hôtel par contre est top : moderne, joli, une graaande piscine avec lignes de nage dans la cour intérieure du bâtiment, et un super restaurant qui propose un buffet à volonté le soir… Autant vous dire qu’on n’a pas cherché plus loin !

  1. Découvrir des criques de cartes postales

Bien entendu, c’est l’un des attraits majeurs de l’île. Alors j’en parle parce que c’est du classique, mais au risque de vous décevoir… Si on a passé une demie journée à la plage sur l’ensemble du séjour, c’est le bout du monde ! L’envie de barouder était trop forte… Mais j’y reviendrai 😉

Notre première rencontre avec l’eau turquoise qui fait rêver se fait à la Cala Figuera, une crique juste en dessous du Cap de Formentor (joli point de vue, soit dit en passant). La plage est en gros galets (pas top pour poser ses fesses durablement) mais l’endroit est vraiment joli. En prime, vous avez une petite chèvre sauvage qui vient renifler votre sac et essayer de voler vos Bensimon (et là vous pensez très fort à Ted et the goat dans HIMYM, et vous lui dites gentiment de dégager).

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Cap de Formentor

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Cap de Formentor

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Cap de Formentor

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Cala Figuera

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Cala Figuera

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Cala Figuera

L’autre petit coin de paradis que nous investissons le deuxième jour est la Cala Mitjana, une crique accolée à une grande propriété d’un monsieur très riche. Il faut s’accrocher pour la trouver et y accéder, mais une fois qu’on a nos orteils dans ce sable blanc tout fin… Ça vaut toutes les marches par un soleil de plomb.

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Cala Mitjana

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Le long de la route de la Cala Mitjana

  1. Rouler sur des routes pittoresques

Sorti de la quasi unique autoroute qui relie le sud-ouest de l’île au nord-est, Majorque est traversée d’une multitude de petites routes toutes plus belles les unes que les autres. Tantôt bordées de champs blonds, tantôt de petits arbres plantés dans une terre ocre. Des murs en pierres sèches et claires délimitent les terrains, parfois il y a aussi des palmiers, des pins, des moulins.

Pour ceux qui ne craignent pas les routes sinueuses, le nord-ouest de l’île abrite la Serra de Tramuntana, le principal massif montagneux de Majorque. Il y a de quoi se perdre dans les virages en épingle, les terrasses d’oliviers, les cols et les forêts, mais ça vaut cent fois le détour ! On roule les fenêtres ouvertes, ça sent le vent et les pins, on croise des lacs de montagne et des miradors magnifiques, c’est l’aventure quoi 🙂

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Mirador sur la route de la Serra de Tramuntana

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Route du col de Soller

  1. Visiter des villages mignons

Ça va un peu avec les routes de campagne trop choupi. Majorque regorge de petits villages en pierres dorées, rues pavées, églises travaillées, et ça, c’est pas pour me déplaire !

A quelques encablures de notre hôtel se trouve le village fortifié d’Alcùdia, une petite merveille traversée de rues étroites, aux maisons claires et bordées de plantes, une longue rue commerçante offrant quelques restaurants familiaux et de belles boutiques. On en profite également pour acheter de la Flor de Sal d’Es Trenc aromatisée citron lavande (miam !), pour se balader sur les remparts et admirer les toits de la ville… Une bonne petite trouvaille quoi !

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Alcùdia

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Alcùdia

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Alcùdia

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Alcùdia

Lors de notre escapade en perdition sur les routes du sud, nous traversons (entre autres) le village de Ses Salines. Des petites terrasses et jolies bodegas m’attirent l’œil, mais malgré mon irrésistible regard de chien battu disant “s’il te plaiiit, arrête-toi là que nous mangions une glace dans ces endroits trop beaux et bien décorés”, je n’obtiens pas gain de cause. Du moins pour l’instant…

Le programme, c’est d’abord de retrouver le bourg de la Cala d’Or, qui contrairement à ce que son nom laisserait penser n’abrite que des bâtisses toutes blanches ! On se promène dans des petites rues pleines de boutiques de souvenirs et de restaurants du monde entier… C’est si calme en cette saison ! Mais c’est plutôt agréable. Je m’extasie devant d’énormes cygnes et flamants roses gonflables, puis nous reprenons les routes de campagne pour rejoindre l’hôtel.

Côté nord-ouest, c’est le village de Fornalutx qui attise ma curiosité, celui-ci s’auto proclamant plus beau village d’Espagne. Je demande à voir ! C’est ainsi que nous nous retrouvons à sillonner le col de Soller avec ses épingles à faire frémir Sébastien Loeb et ses cyclistes relous venus se faire mal aux cuisses en vue de l’Ironman organisé sur l’île le 13 mai… Nous nous arrêtons d’abord à Soller, dont l’attrait principal est sa belle cathédrale et son petit tramway à l’ancienne. Une jolie place et une rue commerçante donnent au village une âme conviviale, mais nous ne nous y attardons pas… Nous préférons rejoindre le port de Soller, qui se trouve à quelques kilomètres en contrebas, et qui est lui vraiment agréable ! De jolis restaurants, quelques collines environnantes et une grande plage… De quoi faire une sympathique balade !

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Cathédrale de Soller

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Tramway de Soller

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Port de Soller

Quelques virages plus haut puis quelques virages plus bas (quand je vous dis que c’est vallonné) nous atterrissons à Fornalutx (ou Forlanutx pour ceux qui ont un peu du mal à le prononcer du premier coup). Je fonds littéralement devant ses moult escaliers en pierre, ses rues toutes plus étroites et pleines de plantes les unes que les autres et sa belle lumière dorée du soleil de 16h. C’est aussi adorable que je m’y attendais !

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Fornalutx

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Fornalutx

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Fornalutx

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Fornalutx

  1. Manger dans des supers restaurants

Si on a préféré jouer la sécurité et profiter du buffet de l’hôtel le soir, on voulait quand même se faire plaisir le midi, et découvrir des endroits un peu typiques. Mon œil ayant été accroché par les belles devantures de Ses Salines, j’ai fait quelques recherches pour tomber sur le Cassai Grand Café and Restaurant, un bar restau à la décoration juste magique, avec petite cour intérieure, carte alléchante et prix plus que corrects… On n’a pas été déçu ! Un service impeccable, une ambiance ensoleillée et agréable à coup de playlist bien chillout, et bien sûr des plats délicieux, entre jambon serrano ultra fin, tartare de thon bien relevé et salade aux grosses gambas citronnées… Sans oublier le petit gâteau aux amandes, dessert typique de Mallorca ! Une adresse à conserver bien précieusement.

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

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Cassai Grand Café and Restaurant

La seconde bonne surprise gastronomique, c’est au port de Soller que nous la trouvons. Après avoir arpenté toutes les terrasses en décortiquant les menus et en analysant d’un œil discret les assiettes des clients, nous décidons de tenter l’expérience Ca’n Quiros. On a eu du nez ! Que ce soit le gaspacho bien frais, les filets de dorade au feu de bois ou les pinxets d’une agréable finesse, tout nous ravi sur ce coin de port bercé par les bateaux qui clapotent.

  1. Faire du shopping à Palma

Ou déjà juste se balader dans les rues étroites et colorées, lever la tête vers les balcons et le linge qui sèche, profiter de l’ombre fraîche des maisons silencieuses. Palma est une grande ville, avec son centre historique tournant autour de sa magnifique cathédrale et faisant face au littoral. Une ville au folklore typiquement espagnol, avec des arbres feuillus, des pavés et des ruelles… Tout ce qu’on aime quoi !

En prime, on peut même aller faire un (ou plusieurs, soyons fous) tours à Zara, et ça, ça fait toujours plaisir.

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Cathédrale de Palma

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Cathédrale de Palma

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Rue de Palma

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Rue de Palma

Pour les plus intrépides (ou ceux qui n’ont jamais vraiment cessé d’avoir 18 ans dans leur tête), il y a aussi la possibilité de pousser une vingtaine de kilomètres plus loin, jusqu’à la débauche de Magaluf. Un front de mer plutôt agréable, un super Boardriders shop, mais surtout beaucoup de bars. Beaucoup beaucoup. Et des tatoueurs, des magasins de souvenirs vendant des merdouilles et des zizis en plastique, de quoi se payer une bonne tranche de rire gras et d’humour pipi caca bite avec ses vieux potes de fac (ou avec son amoureux-se, chacun son style…)

  1. Se faire arnaquer comme de vrais touristes

Certains diront que de vraies bonnes vacances ne sont pas de vraies bonnes vacances si on ne se fait pas avoir à un moment ou à un autre (ayant un jour douloureux payé 21€ une sangria sur les Ramblas de Barcelone, je sais de quoi je parle). C’est ainsi que tout naïvement, guidés par notre estomac aux abois et notre envie de tâter la couleur locale, nous prenons place sur une petite terrasse à la décoration vive. Ambiance place calme et ombragée, ardoise de tapas et mosaïques : c’est l’ES3 bar.

L’humeur de la serveuse (aussi gaie que si elle venait de se planter un clou dans le pied) aurait déjà dû nous alerter sur la qualité du boui boui. Pas découragés, nous commandons non pas trois, ni quatre mais cinq tapas à se partager. Que n’avions-nous pas fait là… Nous attendions des albondigas, nous avons de grosses boulettes indéchiffrables au savoureux goût cantine du collège. Les gambas à l’ail ? De vulgaires crevettes grisâtres à peine cuites baignant dans l’huile. Du jambon trop épais, une part de tortilla et du houmous pas pires mais pas exceptionnels non plus… Le tout pour la modique somme de… 45€ !

Si on ajoute à ça les cookies à 10€ de l’aéroport (ouch) et la sangria d’il y a trois ans, on obtient comme morale : NE JAMAIS ACHETER QUELQUE CHOSE SANS REGARDER LE PRIX AVANT. Voilà.

 

Bon, évidemment, c’est un peu cruel de terminer cet article sur une note aussi piquante (ahah le mauvais jeu de mot. Vous l’avez ?) parce que bon, Majorque c’est quand même super cool, et on a bien l’intention d’y retourner un jour pour terminer notre exploration. Et vous, ça vous tente ?

PS : pour les ignares comme nous, Benvinguts (ou Béé-vin-gu pour la dame du GPS) n’est pas une autre manière de dire “Bienvenue” en Allemand (on sait tous que c’est Willkommen, hein). Non, ça veut dire bienvenue en Catalan. De rien.

Travel Report #7 : Norvège (part 1)

Vi sees snart… Ainsi clôturai-je ma dernière diatribe sur la chaleur exotique et colorée du Sri Lanka, vous laissant à coup sûr frétillants d’impatience à l’idée de découvrir le sens de ces étranges mots (les plus pragmatiques n’ayant pas attendu tous ces mois pour le taper dans Google Trad.)

Eh bien nous y sommes ! C’est en Norvège que m’a donc porté ma nouvelle envie de voyage, ou plutôt conduit, car je m’y suis rendue… en van. Comprendre : j’ai loué un van à Annecy, je l’ai chargé à Chamonix, et je m’en suis allée tranquillou bilou jusqu’à Hirtshals (Cf : pointe nord du Danemark), en traversant la Suisse, puis l’Allemagne, à savoir quelques 1593 petits kilomètres de trajet.

Je ne m’étendrai pas trop sur la campagne un peu grise et paradoxalement industrielle de la Suisse, ni sur les autoroutes affreuses et pleines de travaux mal indiqués de l’Allemagne. Sans parler des aires de repos, dont l’offre culinaire se résume à de grosses saucisses accompagnées d’un morceau de pain. Tout en simplicité quoi.
Première nuit un peu fastidieuse près d’Hanovre, rythmée par le bruit des camions et de l’autoroute, ambiance parking crade et caravanes abandonnées. Du PUR bonheur. Autant dire qu’on a pas trainé le lendemain matin, pas mécontents de passer au Danemark ! Ici, la campagne est tout de suite beaucoup plus bucolique, des couleurs pastelles, des petits vallons décorés par une ferme ou une église, des champs verts ou jaunes, un ciel bleu strié de quelques nuages épars. J’aime bien.
On arrive à Hirtshals dans l’après-midi, soit un peu tôt pour notre ferry qui est à 20h45. On patiente devant la grille du port en regardant le premier épisode de Vikings, histoire de se mettre dans l’ambiance.

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Tarmac du port – Hirtshals

La traversée passe assez vite, trois petites heures, tout confort. Je me caille le c** parce que j’ai voulu faire ma ouf en restant en short, mais dans le bateau le chauffage n’est pas aussi efficace que dans le van. Puis enfin, la consécration : nous arrivons à Kristiansand. Norvège, nous voilà.

 

Jour 1 : Kristiansand – Mandal – Voll
N’ayant pas repéré de spot sympa aux alentours du port de Kristiansand, on décide de rouler jusqu’à Mandal, un petit village de pêcheurs un peu plus loin sur la côte. Si on trouve un coin cool avant, tant mieux, sinon, on dormira là bas. Bon, certes, il fait nuit, mais j’aperçois déjà dans la pénombre des petites maisons en bois rouge au bord de petits lacs, je suis toute émoustillée. Ce sera la seule fois où on roulera de nuit, et c’est franchement pas désagréable : la route est nickel, éclairée comme en ville, et surtout, il n’y a per-sonne. Le rêve !
Bon, vous vous en doutiez, on finit par arriver à Mandal. Il est presque 1h du matin, mais l’excitation nous a redonné un coup de pêche. Malgré la nuit, le village est hyper accueillant, les maisons et magasins sont tous en bois blanc, et tous illuminés ! Vitrines ou devantures, on se croirait presque à Noël. En tout cas, ça nous plait. On suit le GPS qui nous emmène dans un dédale de rues, jusqu’à ce qu’on arrive sur un parking goudronné face à la mer, entouré de quelques petits immeubles jolis et modernes. Là, je crois qu’on est en place.

Le réveil sous la pluie le lendemain ne nous désespère pas, la météo indique plutôt du soleil pour les prochains jours, on table donc sur une averse passagère. Et puis on vient de passer la nuit bercé par le bruit des vagues, on va pas non plus se plaindre !
Avant de prendre la route, nous nous arrêtons dans le centre du village, histoire de visiter un minimum. Pas déçus ! Les maisons sont hyper jolies, et puis il y a plein de boutiques à tomber, remplies de mobilier et déco à la scandinave… Heureusement que j’ai la voix de la sagesse avec moi. Et puis dommage qu’il ne fasse pas hyper beau et surtout que ce soit l’intersaison, car avec du soleil et plus de monde, on serait sûrement resté un peu plus ! On repart donc en suivant l’E39 qui longe la côte sud, en direction de Stavanger. Le temps est encore gris, mais au moins, il ne pleut plus !

On croise quelques lacs, quelques villages qui ressemblent plus à des hameaux, mais surtout, beaucoup d’exploitations agricoles ! Il y a des moutons partout, on se croirait en Irlande. Et puis il y a peu de reliefs, du moins les montagnes ne sont pas hautes. Et elles sont très arides, très caillouteuses. Nous qui nous attendions à de grandes forêts de sapins partout… Bon, pas de panique, la route est quand même belle. Ca tourne, ça monte, ça descend, il y a quelques tunnels, et il y a des fjords ! Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas.

Une bonne heure après Mandal, on fait un stop à Flekkefjord, autre village de pêcheurs recommandé par le Routard. Très mimi lui aussi, toujours ces bâtisses blanches en bois, aux façades un peu travaillées. Mérite un petit arrêt, en effet ! Et puis nous avons l’immense et agréable surprise d’y trouver sur le port un petit espace dédié aux touristes, avec douches, toilettes et wifi gratuit. Le tout évidemment ultra propre hein, on est Norvège, faut pas déconner. Ni une ni deux, on fait un aller retour au van prendre de quoi se laver, on va pas gâcher une telle occasion !
Une douche chaude plus tard, on repart flanqués d’un petit sourire satisfait. Un petit tour au supermarché Kiwi pour s’acheter du saumon frais, et nous pouvons continuer. J’avoue que le petit saumon grillé mangé au bord du fjord 45 minutes plus tard passe très, très bien.

jour1_repas_fjordLe coin que nous avons repéré pour dormir ce soir se trouve une trentaine de kilomètres avant Stavanger, tout au bord de la mer. Nous bifurquons donc de l’E39 pour rejoindre la route qui longe vraiment la côte, histoire de changer un peu de décor. Un peu sauvage d’abord, le paysage évolue pour devenir très agricole. Un peu trop même, jusque dans l’odeur. J’ai beau aimer le terroir, j’avoue que la crotte de mouton ça peut vite prendre à la gorge. En bref, ça pue quoi. La traversée des champs va donc paraître un peu longuette, même si, faut pas chipoter, l’endroit est joli. Et puis le ciel se dégage enfin ! Et puis on aperçoit la mer au loin ! Ca fait beaucoup d’émotion à gérer d’un coup…

A quelques 6 kilomètres de notre point de chute, l’ordinateur de bord nous demande de vérifier la pression du pneu arrière gauche. “Merde alors, le mec ne l’a pas fait avant de partir ! Ce sagouin”, pensons-nous. On verra demain. Le point de chute en question, c’est un petit parking de pêche en terre battue tout riquiqui, en contrebas de la route. On y descend, trop heureux de ce spot qui domine la mer, et sur lequel nous sommes absolument seuls. Bon, il y a du vent. Beaucoup. Mais c’est canon. Beaucoup. On se balade un peu sur la plage, et remontons pour profiter un peu du van, se mater un bout de série en regardant dehors et en se disant qu’on a trop de chance et… Putain je crois que y’a un autre van qui arrive. Le con !

Là, on est dégouté. Le mec se met devant nous de l’autre côté du parking, on voit qu’il essaye de faire ça bien pour trop nous gêner. Bon. Sur ce, n’ayant pas encore digéré notre énervement, un deuxième arrive. Un camping car cette fois. Et allemand en plus ! Bordel. Et puis alors là, tranquille, le mec se pose devant nous, en travers, nous cachant toute la vue. A l’aise papy.
Résistant à l’envie d’aller lui expliquer les règles de base du respect de la vie en communauté (et me rappelant qu’à part Guten tag et Danke schön je ne sais pas dire grand chose en allemand), on opte pour reculer le van de quelques mètres, nous permettant ainsi de jouir d’une vue un peu plus dégagée sur le panorama qui n’est pas des plus désagréables.

Un peu plus tard, d’autres vans et camping cars viendront, certains repartiront (dont l’allemand relou, qui n’était en fait venu que pour voir le beau coucher de soleil – Cimer) mais nous déciderons de ne plus y prêter attention (trop de poésie dans cette phrase).

On aura aussi la chance de voir une lune énorme et très jaune se lever au dessus des champs. J’aurais adoré pouvoir en garder la trace en photo, mais mes 57 essais sont restés vains, mon matériel n’étant certainement pas assez sophistiqué pour réaliser un tel cliché.

 

Jour 2 : Voll – Preikestolen – Ardal
Nuit pas trop mal, malgré le bruit du ressac qui faisait un peu essorage de machine à laver permanent. Bon au moins, t’entends pas les voisins. Fraicheur relative, le plus gênant étant sans doute l’humidité (qui du coup donne l’impression que t’as froid).
On déjeune face à l’immensité de l’océan, on fait même pipi sur nos toilettes chimiques face à l’immensité de l’océan. Quel luxe. Puis on lève le camp, l’objectif de la journée étant d’arriver assez tôt à Preikestolen pour monter voir le rocher de la Chaire, afin de profiter du temps splendide. On décide du coup de zapper Stavanger (qui paraît-il vaut quand même le détour… tant pis !)

On a pas fait 3 mètres avec le van que chéri me dit : “on a crevé”. “Non, c’est pas possible”. “Si, je te jure”. “Putain, putain”. On rejoint la route, puis roulons à 40, en pestant. Ni lui ni moi n’avons jamais crevé, et il faut que ça nous arrive au fin fond de la campagne norvégienne, un dimanche. Oui parce que sinon, ce serait pas drôle. Et puis c’est pas comme si c’était le deuxième jour du voyage quoi.
On rejoint donc péniblement la première station service du coin, un peu dépité. Là, chéri confirme son diagnostic. Il faut prendre les choses en main. J’appelle l’assistance, il appelle le mec de l’agence de loc et va voir les gens de la station service. Résultat :
– La meuf de l’assistance me dit que ça prendrait beaucoup (trop) de temps qu’ils prennent en charge le truc, le temps de faire venir quelqu’un, et qu’il vaut donc mieux qu’on trouve nous de quoi se faire dépanner sur place. Topitop.
– Le mec de l’agence nous dit que c’est balo parce qu’en plus y’a pas d’outils dans le van pour changer la roue (oui parce qu’on a une roue de secours quand même) mais espère que tout va bien pour nous.
– La meuf de la station service nous dit que c’est dimanche et qu’on trouvera rien pour se faire dépanner, MAIS que des gonz doivent passer vers 12h et qu’ils pourront sûrement nous aider. Génioul.

Pas trop plus avancés, on se demande quoi faire et râlons beaucoup. Puis je regarde dans le manuel du van, sait-on jamais. Et là BINGO ! Il a une mallette d’outils cachée dans le coffre (ce qui paraît somme toute logique, vu qu’il y a une roue de secours. Mais bon.) Ni une ni trois, on sort l’intégralité de nos affaires sur le parking, rien à foutre. La mallette contient un cric, une clé… Tout ce qu’il faut quoi ! Habité par la joie et la détermination, chéri monte le van sur le cric et commence à déboulonner la roue. Un, deux, trois, quatre boulons… Et le cinquième qui ne veut pas venir. Mais genre pas du tout du tout. On s’y met à deux, on s’y met à pieds joints, on s’y met en riant jaune de désespoir, rien à faire. Genre le sort est contre nous. Genre on a pas été assez gentils quoi.
On retourne à la boutique, la fille nous dit que finalement les gonz ne seront là qu’à 15h (tu te foutrais pas un peu de notre gueule toi par hasard ?), on veut acheter une autre clé, mais la seule taille qui manque, c’est celle qu’il nous faut… Je commence à détester cette journée.

jour2_galere_parkingPuis après moults essais ratés appuyant toujours plus fort sur notre impuissance, nous décidons de tout remballer et d’aller dans une autre station service. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de Kleppe, qui en compte trois ou quatre. Les deux premières sont trop riquiqui, mais la troisième nous paraît pas mal. Je file à la boutique demander de l’aide et là miracle ! Je tombe sur un jeune super gentil qui prend direct son téléphone pour appeler une dépanneuse à Stavanger, et qui en attendant nous prête une clé. Comme quoi la bonne volonté parfois peut suffire à vous sauver un dimanche ! Il vient même avec moi jusqu’au van voir de quoi il en retourne.
Nous n’avons pas encore pris une décision concernant la dépanneuse (qui coûte bonbon) qu’une voiture débarque avec deux mecs baraqués dedans – les copains du jeune. On n’a jamais su si c’était du pur hasard ou s’il les avait appelé, toujours est-il que les mecs ont pris la clé, l’un la tenant l’autre sautant dessus, et qu’en trois essais le boulon était dévissé. Un truc de fou !
A peine le temps de les remercier qu’ils étaient déjà repartis. L’ascenseur émotionnel ainsi fini, on se retrousse les manches et changeons la roue. Un peu plus de 2h de perdues au final, mais qui paraissent si peu quand on se préparait mentalement à devoir passer la nuit sur ce pauvre parking…

Un mauvais hot-dog plus tard, on peut donc repartir vers de nouveaux horizons. Une petite route vallonnée qui nous amène jusqu’à notre premier ferry. Quelle excitation ! Evidemment, on fait nos touristes moyens en allant à l’avant du bateau regarder le paysage et prendre quelques photos, mais faut dire ce qui est : ça vaut le coup !

jour2_traversee_ferryAprès avoir débarqué, on arrive vite en bas du chemin qui mène au Preikestolen. Il est un peu plus de 15h, le soleil est radieux, et on a besoin d’évacuer un certain stress : rien de mieux qu’une petite marche ! Réserve d’eau et de biscuits en poche (ayant la moitié du rayon goûter de Super U dans les tiroirs du van, on peut large tenir une semaine si on se perd), nous partons donc d’un pas décidé à l’assaut du Rocher de la Chaire.

A part les 100 premiers mètres qui montent bien raide bien dur (…) le reste du chemin est plus du faux plat, tantôt montant tantôt descendant, bien préparé avec de larges pierres plates. On évolue au coeur d’une forêt orangée par l’automne, qui baigne dans le soleil de fin d’après-midi et qui nous offre au fur et à mesure de la montée des panoramas magnifiques sur le fjord à l’horizon. On ne peut pas rêver mieux. On croise aussi beaucoup de monde qui descend, et ça ne parle pas un mot de norvégien ! (Même si bien entendu on palpe rien au norvégien)
On finit par sortir de la forêt, pour arriver dans un endroit beaucoup plus aride et caillouteux, mais certainement pas moins beau. Je ne m’en remets pas. Et puis alors, ce temps ! Si j’osais, je dirais qu’on une chance de cocus. Mais bon, on serait un peu dans la merde du coup. Bref. On arrive en haut, en 1h et 5 ou 6 minutes, là où les guides en annoncent 2 (vlà les machines). Et ça en jette sévère ! C’était bien la meilleure manière d’évacuer toute cette tension mécanique accumulée dans la matinée.

Une fois redescendu, on décide de bouger, pas envie de rester dans le camping cher et attrape touristes du Preikestolen. On avance donc jusqu’au village suivant, Jorpeland, Park4night nous ayant indiqué que là aussi se trouvait une petite douche publique sur le port. Heureusement que nous croisons deux gosses en vélo, sinon on pourrait se croire dans Walking Dead IRL. Juste des feuilles qui volent dans les rues vides. Vlà l’ambiance.

La douche en question est toute neuve et là encore super propre, un vrai bonheur. Et comme on a une pièce de 20nok, on est super heureux de se dire qu’on va pouvoir prendre une douche de 8 minutes (Oui, 10nok = 4 minutes d’eau chaude). Ce n’est qu’une fois tous nus et dans les startin’ blocks qu’on se rend compte que la machine ne prend que des pièces de 10nok. Dans l’cul lulu ! Chéri se dévoue donc pour essayer d’aller faire du change. Un dimanche. Dans village déserté par ses habitants. Easy. Moi je reste dans la douche, et j’attends. Un poil inconfortable comme situation, je dois avouer.
Pour finir, il a réussi à trouver de quoi changer la pièce dans un bowling bien glauque, et nous avons pu savourer 4 minutes de douche. J’ai même réussi à me laver les cheveux ! Comme quoi, dans l’urgence on est capable de tout hein…

Propres et frais, nous roulons quelques kilomètres supplémentaires jusqu’à un petit spot au bord d’un lac (ou d’un fjord, pas toujours facile de les distinguer…), au cœur d’un petit hameau de maisons. Joli coucher de soleil, ambiance calme et rassurante… Une bonne nuit en perspective !

 

Jour 3 : Ardal – Odda – Bergen
Tirés du sommeil à une aube relative, nous prenons la route avant 10h. C’est balo, l’étape prévue aujourd’hui est plutôt courte ! Dans une campagne encore couverte de rosée, balayée par un timide soleil matinal, nous avançons jusqu’à l’embarcadère du bac. Une traversée de plus ! En débarquant de l’autre côté, nous empruntons directement une route serpentant à flanc de montagne, longeant un grand fjord sur notre droite. D’un bleu profond, strié d’argent par la lumière désormais plus vive. Je joue au reporter et mitraille à la volée, étant donné qu’on ne peut pas vraiment s’arrêter… Bon, du coup le résultat n’est pas vraiment probant. Dommage.

jour2_fjord_route_asa_bergenArrivés à un carrefour, le GPS nous fait quitter la route principale pour en prendre une qui n’est même pas indiquée sur notre carte routière. Même pas peur. On peut dire qu’on se retrouve tout à coup dans la Norvège profonde. On traverse quelques hameaux, croisons pas mal de maisons fermées à l’allure presque délabrée (les scénaristes d’American Horror Story se feraient bien plaiz ici, vu le nombre de baraques flippantes qu’on a croisé !) et chéri ne cesse de répéter que “c’est vraiment pas le moment de crever”. Je lui dis d’arrêter parce que j’ai peur qu’il conjure le sort et qu’on se retrouve en rade au milieu de… rien.
Nous finissons par arriver à Gullingen, station de ski nordique qui doit probablement être très sympa sous 1m50 de neige, mais qui en plein automne prend un côté un peu fantomatique avec tous ces chalets en bois noir vides. Bon par contre les couleurs sont très belles. Des rangées de bouleaux et de plein d’autres arbres égayent le bord de route, et là encore je peste de ne pas pouvoir en faire mon quatre heures photographique.

En redescendant de Gullingen, nous retrouvons un peu de civilisation (= un supermarché et des maisons avec des voitures garées devant), et passons par des coins absolument grandioses… (Cf : ci-dessous)

Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Roldal, qui se trouve être elle aussi une station de ski en hiver. Le village est éclaté dans une grande prairie en pente, et est doté d’une jolie petite église en bois debout (stavkyrkje pour les natifs).
Nous croisons également les chutes du Lakefossen. On nous avait dit qu’elles aspergeaient les voitures jusque sur la route, du coup on s’attendait à une tempête d’eau, mais elles étaient surement un peu trop calmes ce jour là… Même pas une petite éclaboussure !

Nous avançons ensuite jusqu’à Odda, qui est une ville plus importante, mais très industrielle. Si elle est connue pour porter l’histoire industrielle de la région, elle ne l’est certainement pas pour son charme… Pas découragés, nous faisons quand même un petit tour dans la rue piétonne principale (bon ok j’avoue c’est aussi parce que j’avais noté qu’il y avait un petit café stylé dans ce coin). Mais ne trouvant ni café ni boutique retenant notre attention, nous repartons pour aller manger sur une aire de repos au bord du fjord un peu plus loin.

jour2_fjord7_route_asa_bergenLa route est jolie : après la moyenne montagne et les morceaux de glaciers apparaissant au détour de virages, nous entrons dans la région des vergers. Des petites cahutes vendant essentiellement des pommes et des prunes jalonnent la route, mais on ne voit jamais personne dedans. C’est très bucolique. Nous traversons plusieurs villages au charme incontestable, qui étaient censés constituer des points d’arrêt potentiels, mais devant le manque de vie manifeste, nous continuons à avancer… Si bien que nous nous retrouvons à deux petites heures de Bergen ! Et qu’il est à peine 16h… Tant qu’à faire, autant continuer à rouler.

Mais, plus nous approchons de Bergen, plus les coins sympas se raréfient. De la campagne dorée et authentique, nous passons aux villages gris et industriels. Et malgré toute la bonne volonté du monde, impossible de trouver un spot un peu chouette pour passer la nuit. Avec bientôt 8h de route dans les pattes, on commence à en avoir légèrement marre, et l’environnement n’est pas vraiment là pour nous remonter le moral !

18h27 : un peu désespérés, nous regardons les campings potables alentours
18h31 : nous constatons qu’il n’y en pas beaucoup
18h39 : nous tentons une percée dans un hameau voir s’il n’y a pas un bout de chemin sur lequel on pourrait se mettre discrètement
18h40 : on tombe sur une espèce de presbytère chelou qui nous fait rebrousser chemin fissa
18h43 : nous pestons parce que c’est pas possible que tout soit moche comme ça ici
18h48 : nous passons devant un camping en contrebas de la route et hésitons à s’y arrêter. Aller, on continue on sait jamais
18h55 : on se retrouve sur un parking glauque, summum de la déprime.
18h56 : nous hésitons à tracer jusqu’à Bergen et se prendre un hôtel
18h59 : nous venons de mettre notre couple à l’épreuve
19h01 : on décide de retourner au camping en contrebas de la route
19h06 : nous arrivons au camping. Notre couple a résisté. OUF.

Ca devait bien arriver à un moment, hein. Ou comment payer 240nok pour se faire mater par des gros allemands dégueulasses et même pas avoir de lumière dans la douche. Qui en plus est même pas gratuite quoi. Coincés entre la route et un petit lac, on préfère regarder le lac, pour essayer de se dire qu’on est pas trop mal tombés. Mais bon, vivement demain matin quand même.

 

Jour 4 : Bergen – Voss
S’il fallait trouver un point positif à ce sympathique endroit, c’est qu’on est plus qu’à 15km de Bergen. C’est vrai qu’hier, on a un peu fait 3 étapes en une quoi. Nous qui avions prévu de faire des stops et de partir à la découverte des environs… Bon faut dire ce qui est, moi qui imaginait des parcs nationaux accessibles et verdoyants, on s’est retrouvé entre deux montagnes et pas la trace d’un seul chemin de rando pas trop difficile… Donc bon, ça réduit un peu les possibilités de balades et de flâneries !

Bref. Nous partons donc en direction de la ville, sous une petite couche de grisaille. Si la ville est plutôt grande et les abords pas vraiment charmants, le centre “historique” et touristique est lui peu étendu et très mignon. Bâtiments cossus en pierre, ou petites maisons fleuries et colorées, au bord rues pavées et bien entretenues. Nous commençons par le marché aux poissons, halle moderne avec plein de trucs qui donnent très envie d’être mangés, ça nous plait. Nous dégustons même un petit morceau de saumon mariné qui passe crème, même à 10h du matin.

jour3_bergen_marche

Marché couvert de Bergen

Etape suivante : les quais de Bryggen. Comme je l’avais déjà pas mal entendu, les pas de portes ont été vendus à des boutiques, pour la plupart des trucs à touristes pas bien heureux. Sauf si tu adores les trolls et les t-shirts/mugs/magnets/stylos/merdouilles à l’effigie de Norvège. Finalement, c’est l’envers du décor qui nous a le plus plu : entre chaque maison un petit passage qui amène de l’autre côté des quais, et qui respire déjà plus l’authenticité.
Un petit détour par la Mariakirken, une cathédrale au double clocher datant du Moyen Age, avant de filer vers le quartier de la gare de Floyen. C’est là que se trouvent toutes les adorables petites ruelles qui font le charme de la ville. Et accessoirement un génialissime salon de thé littéraire, le Krok og Krinkel, où nous avons pu nous délecter d’un cappuccino et d’une camomille absolument divins. Je ne parle même pas des pâtisseries, entre les Kanelbullar et les brioches à la crème de noisette, des petites merveilles.


Le temps s’étant un peu découvert, on décide de prendre le funi pour monter au Mont Floyen. De là, une vue imprenable sur la ville, une boutique de souvenirs avec pour une fois de vrais trucs jolis, et surtout d’infinies possibilités de balades en pleine forêt (dans la deuxième plus grande ville de Norvège, normal). N’étant pas hyper originaux, et commençant à avoir un peu faim, nous optons pour la redescente immédiate. Une bonne grosse demi-heure quand même ! Mais fort agréable, sur un large chemin ombragé, avec passage par les rues biquounettes en fin de balade pour que bibi puisse s’extasier et prendre plein de photos.
Pour le déjeuner, nous retournons au marché aux poissons, pour s’acheter quelques sushis frais et une soupe de homard, que nous dégustons dehors, face aux quais de Bryggen.

Retrouver l’agitation douce de la ville nous a fait le plus grand bien. Et Bergen s’est révélée être vraiment agréable et pleine de bonnes surprises ! Nous repartons forts satisfaits.
Le point étape de ce soir se trouve à deux petites heures de route, dans une station du nom de Voss. Sur le chemin, disséminées le long du fjord que nous suivons, nous croisons plein de petites cabanes en bois servant probablement d’abribus, avec des petits arbres poussant sur le toit. Trop cute.

A Voss, nous avons le choix entre deux spots : un très haut, près des remontées mécaniques, c’est à dire dans l’ombre, paumé en bordure d’une forêt qui fait peur ; un en bas, à l’entrée de la ville, face à un petit motel au bord d’un lac baigné par le soleil de fin de journée. Dilemme dilemme…

Spot de Voss

Spot de Voss

 

Jour 5 : Voss – Balestrand
Nuit un peu bruyante, mais pas trop froide. Pour une fois ! Oui parce que les pyjamas sexy faut oublier hein, là c’est chaussettes en laine style avec sweat à capuche et legging, il faut c’qui faut !

Aujourd’hui, nous allons rejoindre Balestrand, en passant par le village de Laerdal. La route pour y aller est assez impressionnante, bordée par de grandes montagnes et de gros éboulis venant presque jusqu’au bitume. On préfère ne pas trop traîner par ici, pas envie de se faire ensevelir !
Pour traverser toutes ces montagnes, nous enchainons les tunnels. Et pas des moindres : 5km, 7km, 12km… On passe plus de temps à l’intérieur qu’à l’extérieur ! En même temps, la grisaille s’est installée pour de bon, et nous avons perdu quelques degrés, donc sous la terre ou dehors…
Nous finissons par arriver au Laerdalstunnelen qui n’est autre que le plus long tunnel routier du monde, 24,5km de long ! Eh bah ça fait un sacré morceau… Ils ont même creusé à l’intérieur trois grottes éclairées de bleu, afin de casser la monotonie de la route. Celui-là, on était content d’en ressortir !

Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de Laerdal, dans une région agricole qui cette fois-ci exploite des pommes de terres. A Laerdal, le point d’intérêt se trouve dans une petite rue constituée de maisons anciennes, certaines datant du XVIe siècle ! Nous galérons un peu à trouver l’entrée de la fameuse rue, malgré la taille du village, qu’on ne peut pas qualifier d’étendu.
Les maisons sont vraiment mignonnes, on dirait des maisons de poupées grandeur nature ! Certaines abritent des petites boutiques d’antiquité, d’autres des petits cafés… Tous fermés malheureusement. Nous faisons un petit tour, je regarde par les fenêtres ; impossible de savoir si des gens vivent à l’intérieur ou non. Nous croisons quelques chinois, qui semblent émerveillés par l’endroit, allant jusqu’à prendre en photo les pissenlits du bas côté. C’est une curiosité comme une autre après tout…

Nous mangeons un bout, puis décidons d’aller voir l’église en bois debout de Borgund, qui se trouve à une trentaine de kilomètres. Vraisemblablement bâtie avant 1200, c’est l’une des mieux préservées du pays. Sur le chemin, un petit panneau qui fait bifurquer à gauche indique une “historic route”. Nous décidons de l’emprunter, et nous retrouvons sur une petite route passant près de jolies maisons, et longeant une profonde rivière à droite. Nous qui cherchions des petites randonnées faciles et accessibles, ici il y en a à la pelle !

L’église de Borgund est toute petite. C’est ce qui nous frappé quand nous sommes arrivé ! Et elle est en bois tellement noir qu’on croirait qu’elle a brûlé. Elle n’en est pas moins jolie, avec ses têtes de dragons et ses différents étages. Au moment où nous repartons, le car de chinois de Laerdal débarque et envahit les alentours. C’était moins une !

Nous repartons direction Balestrand, notre étape de ce soir. Nous repassons devant Laerdal, puis filons à Naddik, où nous prenons le bac… dans la soute ! En ressortant du bateau, on a l’impression d’être en moyenne montagne. Partout autour de nous, d’immenses forêts de sapins vert très foncé, et loin en contrebas, un fjord. Les maisons ressemblent plus à des chalets en rondins qu’à des petites maisons typiques norvégiennes… On se croirait presque chez nous !

Nous passons la ville de Sogndal, qui est une vraie ville ! Plein de boutiques ouvertes, plein de gens dans les rues… On ne s’y attendait pas !
Nous continuons la route qui longe le Sognefjord. C’est magnifique ! Nous traversons plein de villages adorables, des rochers aux arêtes déchirées plongent dans l’eau, dévoilant au détour d’un virage une petite baraque de pêcheur rouge avec son bateau amarré… On en prend plein les yeux.
Nous arrivons à Dragsvik pour prendre un ferry, que nous attendons un peu. En débarquant de l’autre côté, nous ne sommes plus qu’à 6km de l’arrivée. Nous faisons le tour d’un petit bout de fjord encaissé en fond de vallée, les maisonnettes ont des couleurs adorables.

A Balestrand, nous filons poser le van au Sotjun Camping, que nous avions repéré auparavant. Un pré en pente légère d’un vert surnaturel, face au bleu gris du fjord, plein de petites hytte d’un rouge profond… Un vrai décor de film ! Nous repartons à pied pour visiter les alentours. D’abord la St Olaf Church, avec sa forme typique église en bois debout, et ses couleurs pour le moins originales. Puis le grand Kviknes Hôtel, lieu de villégiature du roi Guillaume II, qui rappellera sans doute aux amoureux de Wes Anderson l’esprit de son Grand Budapest Hotel (en moins rose quand même). On a même pu visiter l’intérieur, avec ses multiples salons donnant sur le fjord, et dont le style début du siècle ne manquera pas de faire voyager ceux qui y séjournent !

Calme, paisible et romantique, Balestrand pousse même le charme jusque dans les panneaux à l’ancienne du village. En bref, c’est une adorable destination. Et le camping est au top : des douches flambant neuves et jolies, avec eau chaude à volonté. Une première ! Autant dire qu’on en a bien profité…

 

Jour 6 : Balestrand – Geiranger
Ce matin, réveil sous une petite pluie. On n’a toujours pas vu le type du camping, limite on pourrait partir sans payer. Mais bon, on n’est pas des délinqu’.
Après avoir réglé notre dû, nous reprenons le bac à Dragsvik. Depuis la veille, la route n’a pas changé, elle est toujours aussi belle. Nous dépassons Sogndal et partons à gauche, sur une route montant gentiment. De là, nous entrons dans une vallée aux couleurs flamboyante, un bout de fjord lisse à droite reflétant l’éclat du paysage sur sa surface miroir. Je suis émerveillée. Plus loin, un énorme glacier surgit entre deux sommets, oscillant entre le blanc et le bleu. Nous nous arrêtons pour le prendre en photo sous tous les angles.

jour5_vue_glacier_route_balestrand_geirangerNous passons ensuite à Skei, où nous faisons quelques courses, et, curieux, entrons dans un énorme christmasshop (comprendre : un énorme magasin de souvenirs, dont une partie est dédiée à des décos de Noël au summum de la kitshitude). Un peu plus loin, dans le village de Byrkjelo, nous tombons sur une petite boulangerie / épicerie fine, où nous passons vingt bonnes minutes à regarder chaque produit, avant de repartir avec un pot de miel, des confitures, des pains sucrés à l’anis, au chocolat… Une bonne petite razzia quoi.

Nous mangeons à Fjelstova sur un grand plateau tout orangé, qui en hiver sert de point de départ pour un large domaine skiable, avec vue sur l’envers du glacier que nous avons croisé plus tôt sur la route. Nous redescendons par une petite route serpentant dans une forêt clairsemée, chaque virage nous ouvrant un peu plus la vue sur les rives du fjords en contrebas. Là encore, les couleurs semblent avoir été travaillées à la gouache. Et pour une fois, j’arrive à attraper quelques images au vol, nettes ET cadrées ! Du grand art.

Nous faisons le tour complet de plusieurs fjords, passant de vallées en vallées, traversant moult petits villages, avant de passer Stryn, une ville relativement éloignée de tout, mais bien vivante. Nous continuons la route tout droit dans la vallée, nous enfonçant entre de larges montagnes. Il commence à pleuvoir beau propre, et nous ne croisons pas grand monde. Puis nous nous retrouvons au pied d’une route qui fait assez peur à voir quand on voit son tracé GPS !
On entame donc la montée, croisant sur le chemin quelques jolies cascades. Puis viennent les tunnelen (tiens ! Ca faisait longtemps…), qui à la sortie nous offrent un paysage pour le moins déroutant : on se croirait sur Mars ! Que des rochers, partout, quelques filets d’eau pour rivières, quelques herbes orangées pour donner un semblant de couleur, et voilà. Pas d’habitation, pas de végétation… Un désert pelé !

Nous traversons un dernier tunnel, avant de bifurquer à gauche… sur la fameuse route de Trollstigen. Nous avons déjà perdu pas mal de degré, passé en dessous des 10 ! Le début de la route serpente à plat, le long d’un lac, jusqu’à ce que surgisse sur la gauche un énorme glacier tout plat. C’est hyper impressionnant ! Nous passons à proximité de la route montant au point de vue de Dalsnibba, puis nous attaquons la descente… Et là, attention les yeux ! On enchaine les épingles, les virages sont hyper serrés. Ca fait un sacré effet ! Mais c’est vraiment magnifique… Même sous la pluie.

Puis enfin nous retrouvons un peu de civilisation, les premières maisons apparaissent. On ne dirait pas qu’on va arriver sur les rives de l’un des fjords les plus connus de Norvège : celui de Geiranger.
Quelques virages plus loin, nous voyons enfin apparaître l’eau. Nous n’irons pas jusqu’au village ce soir, le camping que nous avons choisi se trouve quelques lacets au dessus du centre.

jour5_vue_geiranger_route_balestrand_geirangerNous nous établissons au Vinje Camping, un petit bout de nature avec une grosse cascade à proximité des emplacements, des terrasses d’herbes abritées par quelques arbres, des sanitaires tous neufs… Nous y resterons deux nuits ! Nous choisissons un emplacement pas très loin de la cascade (qui fait quand même un sacré boucan), puis nous installons confortablement devant une petite série. Ce soir, c’est détente !

Travel Report #6 : Le Sri Lanka (part 2)

Jour 4

Aujourd’hui, gros programme : la visite du site archéologique de Polonnaruwa, et un safari en Jeep dans le parc de Minneriya. On a la joie de trouver une petite grenouille dans notre salle de bain (décidemment, c’est la foire ici). Mais bon, on va pas faire nos farouches. Et puis de toute façon, c’est l’heure de partir.

Première étape, un petit arrêt devant le fameux temple de Dambulla et son Bouddha doré géant. Une esplanade pleine de jarres fleuries, une tête de dragon qui surplombe l’escalier, des fleurs roses sculptées… Ça fait très chinois tout ça. Mais ça n’en est pas moins joli et impressionnant. Et puis maintenant qu’on est vraiment en bas des escaliers qui montent aux grottes, on regrette encore un peu plus de ne pas pouvoir y monter. Rah.

Retour dans le bolide, pour rouler jusqu’à l’ancienne cité de Polonnaruwa. Sur une surface de 89km2 s’éparpillent vestiges de palais, temples, bains… Une visite que l’on voulait faire à vélo, histoire varier les plaisirs et faire un peu d’exercice. Mais quand il fait pas loin de 40° sous le soleil de midi, le vrai plaisir, c’est de retrouver le vent frais de l’air conditionné dans la voiture entre chaque découverte. Siri nous a donc gentiment transportés de lieu en lieu, ne sélectionnant que ceux réellement dignes d’intérêt. Il faisait une chaleur de dingue. J’ai même fait péter le chèche sur la tête. Pour dire.

On a fait une petite pause sympathique pour boire une noix de coco fraiche à l’ombre. Rien à voir avec celles qu’on a en France ! Il y a beaucoup plus d’eau dedans… Et elles sont jaunes orangées à l’extérieur. Voilà pour le cours de sciences nat.

Pour le repas de midi, on a mangé chez l’habitante. Notre hôtesse nous a cuisiné le rice and curry typique sri-lankais. Délicieux ! Et pour la première fois nous avons eu la chance de goûter au dessert le plus répandu là-bas : le curd and treacle. Autrement dit, une sorte de yaourt au lait de buffle accompagné de Kithul. Pour ma part, le lait de buffle se résume à la mozzarella di buffala. En yaourt, ça passe beaucoup moins bien… Par contre le kithul, fait à base du jus d’une fleur de palmier, peut être considéré comme l’équivalent du sirop d’érable sri –lankais, et ça c’est vraiment bon !

Après ce repas copieux, nous reprenons la route direction le parc de Minneriya, pour notre safari. En chemin, Siri nous explique que, les éléphants migrant en fonction des saisons, nous allons plutôt nous orienter vers le Hurulu Eco-park, réserve naturelle forestière adjacente au parc de Minneriya. C’est là que ce trouves les animaux pendant la saison sèche. Qu’à cela ne tienne !

Jour4_barque-lacUne belle Jeep vert foncé nous attend lorsque nous arrivons. Aaah je me sens l’âme d’une aventurière tout à coup ! On part sur les chemins défoncés, et autant dire que cahote sec. On se fait bousculer dans tous les sens, c’est presque impossible de prendre une photo du paysage. Dès que tu lâches la barre de toit, c’est à tes risques et périls. Quand tu te l’es prise deux fois dans les côtes, tu intègres vite la leçon. Nous partons donc à la chasse aux éléphants (FACON DE PARLER hein, n’allez pas me taxer de démon ou d’horreur humaine, ce n’est qu’une expression) et, chance pour  nous, ça aura été vraiment fructueux ! Nous avons croisé plusieurs troupeaux, les bêtes n’étant parfois qu’à un mètre de la voiture, admiré pendant plusieurs minutes une maman et son petit, qui devait avoir 3 mois tout au plus… Trop cute.

Bon évidemment je vous passe les détails sur la chaleur accablante et le soleil qui me tapait méchant sur la tête, ça fait partie de l’expérience dirons-nous ! Et puis la fin du safari s’est soldée par un retour par la route, cheveux aux vents… Comme dans un clip wesh.

Une bien bonne journée en somme, que nous avons conclue par un petit cocktail à l’hôtel. Bon, je dois dire que l’arrack, même mélangé à des fruits cool, ça fait un peu tousser. Mais à part ça, la soirée était fort sympathique. Nous avons même pu nous amuser à chasser le lézard sous le lit, ce qui était vraiment bienvenu, juste avant d’aller se coucher…

Jour 5

Ce matin, c’est pas la même. Le réveil entonne sa douce mélopée à 6h, car nous devons être frais et dispos pour 7h : nous allons monter au sommet du Rocher Lion. Ici, le jour se lève bien plus tôt qu’en France, vers 5h je pense, et en toute logique, se couche plus tôt aussi : à 18h30, y’a plus personne là-haut.

A 6h donc, le jour filtre déjà à travers le rideau, et en ouvrant l’œil, n’aperçois-je pas deux petites ombres lézarder sur le mur d’en face ? Ah, les petits fdp, ils se sont introduits dans la chambre et nous ont peut-être courus dessus toute la nuit ! Je ne les quitte pas du regard, pas apeurée, mais pas rassurée non plus. Et Bibi, à côté de moi, n’arrive pas à ouvrir l’œil, il est trop tôt.

Une heure plus tard, la panse remplie de pancakes et de pastèques, on décolle pour le Lion’s Rock. Il est en effet recommandé d’y grimper tôt le matin, afin d’éviter les trop grosses chaleurs et le soleil qui tape. Etant donné qu’il fait déjà plus de 30° à l’heure qu’il est, je me demande bien comment ça peut être pire.

Jour5-nenupharsPour la petite minute culture, le Rocher Lion est une grosse pierre d’environ 200 mètres de haut, et dont la surface plane a accueilli, il y a bien bien bien longtemps le palais d’un roi. Très peu mégalo, celui-ci avait 500 épouses, et avait fait en sorte que pour monter la dernière volée d’escaliers menant à sa demeure, il fallait passer entre les pattes et dans la gueule d’une immense tête de lion sculptée. Oui bon ok c’est super stylé, mais un peu too much quand même, non ?

Jour5-vue-Rocher-LionBref. Il est 7h et des patates, Siri nous a de nouveau confié à une guide plus calé sur le sujet et plus sportif que lui (pardon, Sisi), et nous partons donc à l’assaut de la montagne. Nous traversons d’abord les anciens jardins de bassins : le côté droit est excavé, pas le gauche. Mais le guide nous confirme que les jardins étant parfaitement symétriques, il y a les mêmes bassins à gauche, à la différence qu’ils sont encore enterrés.

Puis nous arrivons au pied des premiers escaliers. Certains sont encore d’époque, en marbre blanc. Les autres sont en béton, et avec une hauteur de marche un peu mesquine ! Le guide fait des arrêts réguliers, pour nous expliquer un petit peu l’histoire de tout ce qui nous entoure. Je décède un peu plus à chaque pas, mon corps se liquéfiant lentement dans la chaleur et dans l’effort. J’ai chaud. Chaud. Chauuuuud cacao.

En chemin, nous visitons une grotte qui abrite des peintures représentant 18 des 500 femmes du loustic. Faudrait un sacré grand mur pour qu’elles y soient toutes faut dire ! Elles sont ultra bien conservées, et surtout magnifiques, super colorées… Puis l’ascension continue encore, jusqu’à une grande plateforme, où nous retrouvons les fameux escaliers entourés des pattes de lion. C’est l’unique vestige qu’il reste de la sculpture, malheureusement.

Jour5-vue-bas-rocherEnfin, il y a moi aussi. Un beau vestige tout rouge et déshydraté, qui se renverse une bouteille d’eau sur la tronche, sous l’œil compatissant du guide. I’m good, I’m good. Après cinq petites minutes de répit à l’ombre, nous entamons donc la dernière partie du périple, sur des marches en fer qui jaillissent de la roche (admirez le lyrisme de cette phrase). J’ai beau ne pas avoir le vertige, je reconnais que je ne suis pas ultra rassurée. Et ce sera pire à la descente ah ah ah.

Puis, la consécration. Enfin, nous arrivons au sommet, et pouvons jouir de l’imprenable vue à 360° sur toute la région de Sigirya. Les montagnes brumeuses au fond, la vallée verdoyante, et… ooh regarde, c’est notre hôtel ! Hihi. Coucou l’hôtel !  #Touslesmemescestouristes

Jour5-vue-sommet-rocherNous prenons quelques selfies, histoire de garder pour la postérité cette rougeur humide qui recouvre mon visage. Puis nous redescendons, par ces mêmes marches en métal qui font peur, avant de prendre un chemin différent pour filer jusqu’en bas. En tout, nous aurons grimpé près de 1104 marches.

Quand nous retrouvons Siri, il nous félicite de la vitesse à laquelle nous sommes montés, puis redescendus. De vrais cabris ! Enfin, si on peut dire. Nous repassons un coup à l’hôtel, pour faire le check-out, prendre une douche et faire un plongeon dans la piscine (mais pas dans cet ordre-là). Je me rends tristement compte que je ne peux pas remettre mes habits, ils sont trop mouillés. Je ne pensais pas que mon corps pouvait expulser autant d’eau dans l’effort. Merde.

Nous poursuivons ensuite notre route vers Anuradhapura, un autre site archéologique de renom : cette ville fut la capitale de l’île pendant plus de 1000 ans, à l’époque de JC (Jésus Christ, pas Jean-Christophe), et même avant. Conscient que nos petits organismes d’européens ne peuvent pas supporter trop de chaleur et de soleil, Siri nous a prévu la visite en milieu d’après-midi. Nous nous installons donc à l’hôtel pour y passer quelques heures en attendant.

Même topo que pour Polonnaruwa : Siri nous trimballe de lieu en lieu, nous prenons des photos, faisons le tour du propriétaire… Anuradhapura recèle de nombreux stupa, que nous pouvons assimiler à des temples ou reliquaires, censés contenir des défunts ou des reliques de Bouddha. Certains sont blancs, comme la plupart de ceux que nous avons croisé jusqu’à maintenant, mais d’autres sont en pierre brune, immenses !

Et, comble du bonheur, nous sommes seuls. Absolument seuls. Nous aurions réservé les lieux que nous n’aurions pas été plus tranquilles. Alors que nous déambulons nonchalamment dans les grandes esplanades, l’orage gronde. Et on craint fortement de se prendre une grosse mousson sur la tronche.

On se rend donc au dagoba Ruvanvelisaya, le plus vénéré de la cité. On y voit des moines en pleine prière, entonnant des chants sacrés. On se sent très chanceux de voir ça, mais on a envie de se faire tout petit. Une cérémonie est d’ailleurs en train de se préparer, mais nous ne pouvons pas rester : nous avons rendez-vous avec le plus vieil arbre du monde…

Lieu majeur et magique du site. L’arbre Bô est entouré d’un temple, et, comme à Kandy, les bouddhistes viennent y déposer des offrandes auprès de ses nombreux autels. Le jour décline, et les croyants chantent. Ils apportent des fleurs et des tissus chamarrés, déambulent en silence. L’atmosphère est unique, sacrée.

On ne peut pas toucher l’arbre, mais simplement contempler ses branches qui tiennent grâce à d’immenses tuteurs dorés. 22 siècles quand même, le p’tit.

On repart avec la frustration de ne pas pouvoir rester plus longtemps dans l’enceinte d’Anuradhapura. Siri marche au pas de course, pendant qu’on bougonne derrière. Je crois qu’il est pressé parce qu’il ne veut pas conduire de nuit. En même temps je le comprends, bichette, déjà que la journée c’est pas la joie, je pense que la nuit c’est du suicide !

Jour 6

Last day before beach. Une grosse journée de route nous attend aujourd’hui : on doit remonter jusqu’à Trincomalee, faire une pause visite, puis redescendre jusqu’à Passikudah pour poser nos fesses sur des transats pour les 7 jours suivants. Sacré prog’ !

Trincomalee, ou Trinco, pour les intimes, se situe au bord de la mer. Vous imaginez donc bien que quand on a commencé à apercevoir un bout de bleu, on était tout content content. Et puis la ville en elle-même est jolie. Enfin, la rue qu’on a traversée en tout cas était étroite, pleine de maisons très colorées, et même s’il y avait beaucoup de monde partout, j’avais quand même très envie de descendre du van. Mais j’ai pas pu.

On a directement filé au Fort Frederick, dans lequel se trouve le temple indou de Koneswaram. Ou plus simplement une petite merveille. Bon évidemment c’est un joyeux bordel de couleur. Il y en a tellement partout qu’on ne sait plus où donner de la tête, mais c’est tellement chatoyant, tellement différent, tellement fou quoi ! C’était interdit, mais j’ai pris des photos. Faut pas déconner quand même.

On a ensuite repris la route pour descendre vers la baie de Passikudah. Une région bien différente de tout ce qu’on avait pu voir jusqu’à présent ! Beaucoup plus vide, aride, et surtout pauvre. Siri nous explique que cette partie du pays a été touchée d’abord par la guerre civile, puis par le tsunami de 2004. Ceci explique cela…

Des kilomètres et des kilomètres plus tard, nous arrivons enfin. ENFIN !

Je vous passerai les détails pour le moins inintéressants de notre semaine rythmée par le choix du bon transat et les baignades régulières dans de l’eau trop chaude pour être rafraichissante…

Jour 7, 8, 9, 10 (variation du délice), 11, 12

Nous avons quand même tenté de varier les plaisirs en faisant des excursions en bateau, qui nous ont permis de voir de beaux poissons, et même de leur donner à manger. Nous avons aussi visité la ville de Batticaloa, et notamment son marché couvert, pour lequel j’ai eu une adoration particulière.

Et puis j’ai hurlé sur un jet ski, parce que ça allait vite et que ça faisait peur. Mais j’ai bien aimé.

Jour 13

Il est temps de quitter cet eldorado. Et hop on retraverse le pays dans l’autre sens ! Sur la route, nous repassons par des endroits que nous avons visités. Nostalgie, quand tu nous tiens… Puis nous faisons un arrêt après Kandy, dans une fabrique de thé surgissant au détour d’un des nombreux virages d’une petite route sinueuse dans la montagne. Au milieu de vieilles et imposantes machines, d’effluves de feuilles de thé, nous voyons étape par étape le processus de fabrication de la petite boisson fétiche de 17h. Eh bien mes amis, je peux vous dire que c’est pas simple ! Et puis bon évidemment, on s’est bien lâché dans la boutique… J’ai de quoi boire un thé sri lankais tous les matins pendant au moins un an !

Le voyage a continué jusqu’à Negombo, dernier point de chute avant de retourner prendre l’avion. Une ville immense (moi qui croyait que c’était une ancienne ville de pêcheurs… Sous-entendu petite et pittoresque), où j’ai eu la triste occasion d’y croiser un Burger King. Merde alors, ils sont venus jusqu’ici les cons !

Bon, le coup du village de pêcheurs, je ne l’ai pas inventé : Negombo est connu pour son marché aux poissons. C’est donc la dernière activité locale que nous allons découvrir, le nez bien accroché, vous vous en doutez. Avec le recul, nous sommes ravis d’avoir vu cela avant de partir, et non pas en arrivant, car sinon, on n’aurait pas mangé beaucoup de poisson pendant notre séjour… Posés à même le sol, découpés sur des tables à côté desquelles trainent des chiens, des corbeaux venant picorer des morceaux oubliés et un peu de sang… Hmm quel délicieux spectacle ! Un peu moins aseptisé que chez nous, ce n’est rien de le dire…

Le voyage s’achèvera donc là-dessus. Décollant à 3h du matin heure locale, nous avons quand même pris un hôtel histoire de pouvoir dormir un peu de 20h à minuit. On aura même l’occasion de voir une averse de mousson, et c’est bien ce à quoi on s’attendait. De grosses grosses grosses gouttes qui tombent très vite, pendant pas très longtemps.

Siri nous ramène à l’aéroport, à travers des rues absolument désertes, vu que c’est la nuit. Ca fait tout bizarre.

Comme à l’allée, nous faisons escale à Doha. Pas de LAST CALL cette fois, j’ai le temps de payer 12€ un chai latte, un jus d’orange et un pain au chocolat. Tout va bien. Puis nous nous envolons pour retrouver la fraicheur des Alpes, non sans un petit pincement au cœur. C’est passé beaucoup trop vite, évidemment.

Pour se consoler, on organise un repas sri lankais, histoire de malmener encore un peu notre transit (on n’en peut plus, de toutes ces épices partout tout le temps !) et de faire découvrir à la famille les joies du mallum et des papadums. Testé et approuvé !

 

Prochaine destination ? Un indice : Vi sees snart !

Travel Report #6 : Le Sri Lanka (part 1)

Les intros, c’est ce qu’il y a de plus dur à faire. J’adorerais vous introduire ce voyage d’une manière un peu cool et fofolle, mais comme ce qui compte, c’est que je vais raconter après, je vous propose de passer directement à la suite.

Ce 21 avril 2016, je me suis donc envolée pour… le Sri Lanka. Point géo : le Sri Lanka est une île en forme de goutte, qui se situe à la pointe de l’Inde. Pour les 35 ans et + (roh, c’est mesquin), vous la connaissez peut-être sous son ancien nom, île de Ceylan. Comme le thé, oui.

Flanquée de mon amoureux et de son père, je pars donc à Genève prendre l’avion qui nous emmènera à Doha, avant de poursuivre vers Colombo. Nous avons des sacs très lourds, qui bien évidemment sont sans roulettes, mais comme mes hommes sont gentlemen, c’est pas moi qui souffre à les porter. Hihi.

On s’envole à 18h, pour sept heures de voyage jusqu’à l’escale. Nos tentatives d’endormissement étant restées vaines, on sent que la nuit va être longue (et la journée qui suivra aussi). Arrivés à Doha, on aurait adoré profiter de tous les équipements de ce Disneyland des aéroports, mais notre vol est annoncé en LAST CALL, donc on court jusqu’à notre porte, comme plein d’autres petits Sri Lankais tous stressés à l’idée de rater leur correspondance. L’avion est grand, on se dit « chouette ». Mais placés au fond à côté des toilettes, et comptant sur l’égoïsme forcené de cette enfant qui hurle à la mort au milieu de tous ces gens fatigués alors qu’il est 4h du matin, nous ne fermons pas plus l’œil.

Mais quand j’aperçois le soleil et les palmiers à travers le hublot, ma joie est intense, et ma frustration oubliée.

Jour 1 (amour n°1… pardon) 

Nous y sommes ! Le temps de changer nos euros en roupies, nous retrouvons notre guide, un petit sri lankais en chemisette vert anis, au doux nom de Siri (ça s’écrit comme le gonz de l’Iphone oui. Mais ça se prononce chiri. Bon ok, ça nous a fait rire des fois). La sortie de l’aéroport me fait rêver : il y a une allée, des fleurs roses, des palmiers, et une chaleur digne d’un hammam. Je sens que je vais vite regretter mon jogging doublé pilou.

Siri nous embarque dans son van neuf et climatisé, qui sera notre titine de la semaine. Hormis le fait qu’il n’y a pas de ceintures de sécurité, on est plutôt carrément confort ! Commence alors l’émerveillement permanent, un état qui ne quittera qu’à mon retour en France. Tout, absolument tout est nouveau, beau, exotique.

Les maisons colorées, les boutiques bordéliques et poussiéreuses, la végétation, les gens. Bon, la route aussi, faut qu’on en parle. Ici, pas de code de la route. La règle c’est : je ne veux pas attendre et ça passe. Comprendre : si je me retrouve derrière plus lent que moi, je double, coûte que coûte. Même si un bus ou un camion arrive à toute berzingue sur la voie d’en face. On a dû faire 500 mètres avant que je ne prenne conscience de ça, et que j’attrape frénétiquement le bras de mon cher et tendre en criant « oh putain le bus LE BUS ! pfiouuu…. » « oh putain le CAMION ! aaah… » « Mais il est dingue ! ». Enfin bref, vous avez compris le délire.

On fait route comme ça jusqu’à Pinnawala, où se trouve un orphelinat d’éléphants. C’est aussi là que nous prendrons notre premier repas. On peut apercevoir un petit troupeau se baignant dans une rivière sous surveillance d’un gardien, puis dans le parc, des éléphants en semi-liberté. Au final, le lieu est plus touristique qu’autre chose, et nous aurons d’autres occasions de voir des éléphants dans des circonstances bien plus exceptionnelles.

Jour1-Pinnawela

Rue de Pinnawela

On repart, et malgré mon obstination à ne vouloir rien louper du paysage qui m’entoure, je finis par m’endormir. J’ouvre un œil lorsqu’on passe Kandy, ancienne capitale du pays. Les échoppes et le bordel sont les mêmes que dans les villages qu’on a pu traverser jusqu’à maintenant, mais juste en plus grand. Je me rendors. Quand je me re-réveille, il nous reste 16km à parcourir jusqu’à notre premier hôtel, un lodge perché sur les hauteurs, au milieu des plantations de thé. Je me dis « chouette ! On est quasi arrivé ! ». En fait non. La route monte, tourne, est étroite, escarpée. On roule donc « doucement », même si on continue de farouchement se doubler alors que la route est à flanc de falaise. Je suis quand même contente d’être sortie de ma torpeur : grands arbres majestueux, petits singes malicieux, étendues pleines de thé, petites baraques bleues, jaunes, vertes… Cette route est d’une beauté ! On passe près d’une fabrique de thé toute en tôle bleu pâle, puis on continue. La route se transforme en chemin mi goudron mi terre ocre, où le 4X4 serait plus indiqué que le van. On aperçoit des ramasseuses de thé que l’on a juste le temps d’immortaliser, puis dernier village avant d’apercevoir le lodge. La route devient plus étroite encore. Mais Siri en vrai c’est Fangio, il passe vite et partout.

Jour1-Ramasseuses_the

Here we are au Madukelle Tea & Eco Lodge. Déco coloniale, resto donnant sur un petit potager, piscine dominant la vallée, et lodges individuels perchés un peu partout dans le domaine. Les terrasses des chambres offrent une vue imprenable : c’est le paradis. La douche apparait comme un cadeau du ciel, puis après avoir pris un peu de repos, on descend manger. On ne s’éternisera pas : demain, il faut se lever tôt.

Jour 2 

Après une nuit passée comme dans un cocon, on se réveille avec le soleil qui tape déjà comme il faut sur la toile tente. Un petit air de flûte monte du village d’en dessous, c’est intriguant mais plutôt rigolo pour se réveiller. Bien que très répétitif au bout d’un moment. On s’habille, on mange un petit dej et gargantuesque, et c’est parti pour Kandy. Comme je suis bien éveillée cette fois, je redécouvre toute la partie de la route que j’ai ratée la veille. On croise beaucoup de crèches et d’écoles sur le chemin !

Première activité de la journée : un massage ayurvédique dans un spa traditionnel sri-lankais. Dans une jolie propriété ombragée, le spa prend la forme d’une maison blanche : au rez-de-chaussée l’accueil qui, je dois l’avouer, est quand même légèrement kitchouille avec son sofa en velours à franches vert olive et ses néons clignotant bleu et rose fluo. C’est le charme de l’Inde. On opte pour la formule tradi massage de la tête, du corps, et hammam. On ressort pour faire le tour de la maison et passer à l’étage. Les garçons, ensemble, moi, dans une petite salle dépouillée : deux tables en bois foncé recouvertes d’un matelas et d’une serviette. J’ai pour mission de me déshabiller (oulala !) et de m’envelopper d’une serviette à la forte odeur d’huile essentielle. Une masseuse arrive, l’air souriant et gentil. Elle me fait m’asseoir et me détache les cheveux, pour commencer par le massage de la tête. La biche n’y va pas par quatre chemins : elle ouvre une petite bouteille d’huile, et me la verse sur le crâne. Mon instinct féminin me dit : noooon, pas ça, je vais avoir les cheveux gras toute la journée. Mais bon, je suis à l’autre bout du monde, au diable les jugements (et les varices).

Si ayurvédique rime avec énergique, c’est pas pour rien. Même si ça détend, il ne faut pas s’attendre à de douces caresses. Après une bonne activation du cuir chevelu, je prends place sur la table pour le massage du corps, toujours avec de l’huile, beaucoup d’huile. Puis enfin après 40 bonnes minutes, je retrouve les garçons dans le hammam, très sommaire : trois bancs en bois étroits le long du mur, et une chaleur qui provient de vraies flammes… dans le sol. Un épais tamis en bois nous protège les pieds, mais on se garde bien de marcher dessus.

Première expérience d’immersion concluante ! On sent beaucoup l’huile, mais on repart emballé. Petit arrêt dans un resto à proximité pour manger un bout, où l’on découvre avec joie (et notre estomac avec crainte) le plat typique sri-lankais : une grande assiette de riz blanc accompagnée de sept ramequins contenant des curry, des sautés de légumes, un mallum (ou mallung : une salade de feuilles et de noix de coco avec des épices… the big coup de cœur), des papadums… Bref, un plat pour une personne qu’on aurait pu manger à trois sans problème.

La suite du programme, c’est la visite du Temple de la Dent à Kandy. De son vrai nom Sri Dalada Maligawa, ce temple blanc aux balcons dentelés abriterait la dent de Bouddha, relique vénérée et célébrée par une majestueuse fête, avec des éléphants parés d’ornements et des danseurs. Malheureusement, il n’y avait que des chinois quand on y est allé nous. Et la petite surprise sympathique à laquelle on ne s’attendait pas fut l’odeur devant le temple. Je n’ai pas tout de suite pu l’identifier, mon nez me disait juste qu’elle était très désagréable. Puis en voyant marcher partout tous ces gens avec leurs pieds nus, en les voyant se rincer ces mêmes pieds au jet d’eau, dans une grande flaque, j’ai fini par comprendre : c’était en fait une odeur d’eau parfumée aux pieds, stagnant sous un soleil de plomb. Mais quel DELICE ! Vous imaginez pas.

Jour2-Ext-temple-KandyBon en même temps, j’ai pas fait tout ce chemin pour m’arrêter ici à cause d’une pestilence dans l’air, donc qu’à cela ne tienne, moi aussi j’enlève mes chaussures, et je pars à la conquête du Temple de la Dent. L’intérieur est très joli, en bois foncé, pierre, tissus ornés d’or. A l’étage, une salle de prière, où les bouddhistes viennent déposer sur une grande table des fleurs de lotus en guise d’offrande. L’air est fleuri et chargé d’encens, l’atmosphère douce et calme. Vous vous en doutez, personne ne verra la dent (parait-il que la vraie de vraie n’est pas là en fait, ce n’est qu’une copie qui se trouverait à Kandy).

On redescend, et Siri, ce coquinou, nous emmène dehors, pour aller voir un petit musée contenant la relique de l’éléphant sacré qui portait la dent, et un grand kiosque baptisé « King’s Speech » (pas la peine donc d’expliquer à quoi il servait). Sauf qu’on est pieds nus, et que les pieds nus sur la pierre qui crame au soleil depuis potron-minet (j’adore ce mot), eh bah ça fait pas DU TOUT bon ménage. J’ai couru en sautillant et en soufflant, cherchant désespérément une matière de sol qui ne soit pas grise et dure, en vain. Ca chauffait sévère sous mes petons, même si à chaque pas je me disais « tu vas t’habituer ». Non, on s’habitue pas en fait. Heureusement, il y avait un peu d’ombre au bout de l’allée, où j’ai pu prendre quelques minutes de convalescence avant de refaire le chemin en sens inverse. L’épreuve du feu, c’est le cas de le dire.

Visite terminée, retour dans la fraicheur bienvenue du van, direction l’hôtel. Petits flemmards que nous sommes, nous voulions pouvoir profiter de la piscine un peu… Toutes fenêtres ouvertes et tous objectifs dehors, on passe l’heure qui suit à mitrailler tout ce qui passe. JE VEUX DES PHOTOS DE TOUT. Non franchement, je suis prise d’une frénésie photographique, impossible de m’arrêter.

Comme il se doit, en arrivant, nous prenons un smoothie aux fruits frais et nous ébrouons dans l’eau. Ici, il fait beaucoup moins chaud qu’en bas, à Kandy, car on est quand même en altitude ! C’est pas pour nous déplaire (sauf quand le vent souffle et que tu sors tout mouillé de l’eau, là c’est moins chouette).

On profite de la terrasse à l’apéro, puis du bon dîner, puis des belles chambres, puis on finit par essayer de s’endormir, malgré le bruit chelou d’une bête non identifiée qui court sur la toile de tente…

Jour 3

Toujours cette flûte pour nous accompagner dans la difficile épreuve du réveil. Ce matin, c’est la lettre à Elise. Mais juste les 34 premières notes. Refaites l’air dans votre tête, vous comprendrez. Au bout de la troisième fois, c’est chiant.

A regret, nous quittons notre bel Eco Lodge. Tu vas nous manquer, Maduk’. Nous poursuivons la route par laquelle nous sommes venus, en direction de Dambulla. Une route à flanc de colline, qui traverse des petits villages, au milieu d’un paysage plus verdoyant encore que ce que nous avons vu jusqu’à maintenant. Un vert qui brille, qui pète, de belles étendues de thé sur des collines aux arrondis presque trop parfaits pour être réels.

Jour3-maisonbleue-routeAprès moult virages, nous débouchons sur le haut d’une vallée : celle de Matale. On s’arrête quelques minutes histoire de se dégourdir les jambes et prendre quelques photos, et c’est reparti pour la descente. Une route toujours aussi étroite et sinueuse, bordée d’arbres élancés et de gros rochers, des petites grappes de maisons, des fabriques de thé désaffectées… Nous croisons des écoliers et des ramasseuses de thé qui remontent le long de la route, avec une certaine admiration, vu la chaleur qu’il fait dehors et la dangerosité de l’endroit !

Jour3-Plot-Matale_roadNous finissons par arriver dans la ville de Matale, que nous ne ferons que traverser. Nous tombons derrière un camion benne qui ne va pas assez vite au goût de Fangio alias Siri. Celui-ci s’efforce de lui faire comprendre à coup de klaxons et d’appels de phares qu’il a envie de le doubler, mais monsieur dans son gros camion n’a manifestement pas envie de se laisser faire. Siri n’en a cure, et lui colle au fesses. Le manège dure de longues minutes, et moi, je filme, parce que je veux rapporter une preuve mouvante de ce qui passe sur le bitume sri-lankais. Et là BIM. Le camion pile fort, Siri pile très fort et Marie tombe de son siège beau propre. Et un bleu sur la fesse droite, un ! J’ai la preuve en vidéo.

Du coup, j’ai cherché un peu mieux et j’ai trouvé une ceinture, une petitoune ceinture qui ne prend que les hanches, mais qui a le mérite d’exister. Après ça, autant dire qu’elle ne m’a plus quittée.

L’étape suivante, c’est la visite d’un spice garden, ou jardin d’épices pour les non-bilingues. Comme son nom l’indique, c’est un jardin dans lequel sont plantés toutes sortes d’arbres à épices ou d’arbres fruitiers : muscade, poivre, vanille, cacao, ananas, aloe vera… Nous avons même vu des ananas rouges ! (eh oui, ça existe)

Jour3-Ananas-spicegardenPour cette visite, Siri a délégué son job à un guide du jardin, parlant français. Un homme fort charmant, avec des connaissances assez étonnantes sur la France, soit dit en passant. On a ensuite eu droit à une démonstration de fabrication de poudre de curry en direct, avec torréfaction des épices à la poêle et mouture à la pierre. Pour finir, clou de la visite, ledit guide nous a emmené sous un petit kiosque, où il nous a fait la démonstration de tous les produits fabriqués avec les plantes et épices du jardin : dégustation de thé, test de crèmes, d’huiles, massages… On s’est fait chouchouter bien comme il faut, en somme. Evidemment, on s’est bien lâché dans la boutique à la fin, où tous les produits présentés étaient en vente… Pas possible de résister ! Et encore, j’ai été bien plus raisonnable que les garçons, curieusement ahah.

On poursuit notre chemin jusqu’à Dambulla, où l’on passe devant un temple orné d’un Bouddha géant de pas moins de 20 mètres… doré ! On ne manquera pas d’y revenir faire un tour. Après la pause déjeuner durant laquelle on déguste un délicieux porc au caramel (détail capital, vous en convenez), on file vers la ville de Sigirya, où il est prévu que nous fassions une balade à dos d’éléphant. On patiente un bon moment en attendant que la bête se rafraichisse dans le fleuve (il faut dire qu’il fait une chaleur à crever, je ne l’ai vraiment pas assez souligné je crois…), puis nos guides la préparent, en lui installant une nacelle sur le dos.

Jour3-homme-elephantNous voilà partis pour une petite promenade jusqu’au bord d’un lac, où la vue est imprenable sur le rocher de Sigirya (ou Rocher Lion), que nous grimperons le sur lendemain. L’expérience de la balade est vraiment cool : à chaque pas de l’éléphant, la nacelle penche d’un côté ou de l’autre, nous donnant vraiment l’impression que l’on va finir par se décrocher. Drôle hein ? Au retour, les guides nous font monter tour à tour sur le haut de son dos. On sent tous ses mouvements, on peut toucher sa peau et ses énormes poils, je suis comme une petite gosse. J’adore les éléphants.

Bon, ma petite déception du jour, c’est de n’avoir pas pu visiter le temple de Dambulla (celui du Bouddah géant). Si Siri avait été moins occupé à faire le foufou sur la route, peut-être qu’il aurait mieux anticipé le programme de la journée. Bon, ok, je suis un peu mauvaise langue, mais c’est vrai que nous avons pas mal attendu pour l’éléphant, plus que ce qui était prévu, et au final, on aurait peut-être eu le temps de visiter le temple. Il faut savoir qu’il faut compter un peu de marche pour accéder au cœur du bâtiment, qui se trouve dans une grotte, sur une montagne. En photo, ça avait l’air super.

On finit par rentrer à l’hôtel, où l’on fait connaissance avec nos amis les lézards jaunes translucides, qui sont absolument partout sur les murs. Coucou vous ! On en trouve même un mini dans la salle de bain.

On est un peu déçu de ne pas trouver de bar à l’hôtel, on était bien chaud pour un mojito. Du coup on passe à table à 19h, dans une salle vide et sans musique, ambiance ambiance ! Bon, d’accord, ce n’est qu’un petit détail, mais quand même, en vacances, ça compte les apéros !

Travel Report #5 : New York (Part 2)

Day Seven : Aujourd’hui, on a décidé d’aller visiter la Statue de la Liberté et Ellis Island. Pour ça, il faut prendre un bateau. Ca tombe bien, il fait enfin beau ! Si le combo navigation + soleil est sympa, l’annonce que nous devrons faire face au jour le plus froid de la semaine l’est beaucoup moins.

Qu’à cela ne tienne, ça fait une semaine que je porte deux pulls, maintenant je vais porter deux écharpes.

DSC_0439 copieOn prend le métro pour rejoindre le bas de l’île [Chouette ! Je vais pouvoir m’amuser avec mon appareil !] On passe dans Battery Park (pour info, c’est moche en hiver). On prend le bateau. On est contents, du coup on fait les fous, et on va dehors, malgré la cruauté de l’air.

La lumière est vraiment jolie ce jour là.

Et puis ça y est, nous y voilà. La statue est canon. Mais (oui, il y a un mais), je dois avouer que je me sens un peu flouée par l’industrie cinématographique (?). J’ai en tête quelques plans majestueux où Mme Liberté paraît tout bonnement immense, alors qu’en réalité et bien… Elle n’est pas si impressionnante que ça. Voilà c’est dit.

Bon évidemment, ça ne m’empêchera pas de la prendre en photo sous tous les angles, et même de faire un selfie devant. Bah ouais.

On reprend ensuite le bateau vers Ellis Island, île qui abrite le musée de l’immigration. Un très beau bâtiment par lequel ont transité tous les immigrés arrivant sur la côte Est. C’est à voir.

DSC_0061Retour sur la terre ferme, plus exactement dans le Financial District. On en profite pour visiter le mémorial du 9/11, que j’ai trouvé vraiment beau, personnellement ! C’est assez fou d’imaginer qu’il y a pu avoir deux tours à cet emplacement… Et c’est encore plus fou de voir comment 13 ans après les alentours sont encore sinistrés, tout en travaux !

Mémorial du 9/11 (Bassin Sud)Petit tour par Times Square avant de rentrer, mais comme c’est vraiiiment loin de là où on est, on décide de prendre un taxi. PRENDRE UN TAXI À NYC !

J’exulte. Je crois même qu’il y a un film de ça, mais il restera confidentiel A JAMAIS.

 

Day Eight : Matinée improductive au possible. On doit rendre l’appart, car nous ne serons plus que deux pour les deux jours restants. Mais on doit aussi faire le check-in de celui qu’on a loué pour la fin du séjour. BIM ! Nouveau marathon matinal, qui m’a permis de me rendre compte que beaucoup de rues de New York avaient un sacré dénivelé positif (mais quelle joie !).

Une fois les valises posées, on part direction le Museum Of National History.

Petite précision : nous sommes sur la 37e, le musée se trouve sur la 79e. Voilà voilà. Je me demande encore pourquoi ce jour là j’ai lâché mes Mizuno pour mettre mes f*cking bottes.

Le musée est absolument immense. Et magnifique. Mais comme le MET nous attend, on ne s’y attarde pas outre mesure. Juste assez pour profiter d’une projection dans le planétarium, assortie d’un cours sur les étoiles (mais bon en anglais quoi. Hardos de tout comprendre).

En sortant, c’est l’heure du goûter, et on a super faim. On se met en quête d’un Dunkin Donut’s, mais dans l’Upper West Side, y’a pas. On traverse donc Central Park en direction du MET, qui est juste en face. J’ai le sincère espoir qu’un Dunkin’ nous attend de l’autre côté. Mais dans l’Upper East Side, y’a pas non plus.

On visite donc le MET le ventre vide, mais je reconnais qu’on y a très bien survécu. Faut dire qu’il y a de quoi s’occuper, la collection de ce musée est absolument incroyable. Y’a presque trop de choses, c’est dingue.

Notre seule et unique mission en redescendant, c’est de s’acheter à manger. Il faudra quand même attendre une vingtaine de blocs avant de se délecter d’un petit Everything Bagel juste toasté (et bien mérité).

L’heure qui suivit fut dédiée à l’étude comparative des prix des plaques de Hersey’s Cookie’s and Cream (comprendre : du chocolat blanc aux éclats d’un truc qui ressemble à de l’Oreo) entre toutes les épiceries qui se trouvaient sur notre chemin.

Résultat concluant : promo chez Wellness+, 3$ les deux plaques.

On en a pris douze.

 

Day Nine : Dernier jour complet à New York City Bitch.

Le soleil brille toujours et il fait – presque – “chaud”. On fait péter les lunettes de soleil le temps d’aller jusqu’au MOMA.

Le MOMA. La révélation de ma vie. Le musée in-con-tour-nable.

Six étages de Van Gogh, Picasso, Manet, Magritte, Kandinsky… Bonheur.

Après un méga burger à The Counter, on enchaine sur une après-midi shopping. A moi les quatre étages de Forever 21. Bon évidemment, le samedi à Times Square, c’est un peu comme le samedi aux Champs Elysées : c’est pas bon pour ton agoraphobie.

Aux alentours de 18h30, on réalise qu’on n’a pas encore mangé de glace à Coldstone Creamery. C’est maintenant ou jamais. Donc c’est maintenant.

Voilà une vraie bonne journée de fille qui s’achève.

 

Day Ten : Ca sent la fiiin.

Dernière étape avant le départ : Macy’s. Le but étant de trouver des Converses et des Vans, qui ici sont à un prix défiant toute concurrence. C’est donc bien naturellement que je suis repartie de là bas avec des mocassins Mickael Kors (à -75% en même temps c’est difficile de résister).

Contente de mon achat impulsif, je rejoins Penn Station, panique un peu en ne trouvant pas les caisses pour le NJ Transit, puis y parvins finalement. Il est 14h, je suis dans mon train pour l’aéroport, tout va bien.

Une fois là bas, j’apprends que mon vol a du retard. O joie. “Soyez là pour l’embarquement vers 20h !”. Ah bah oui, de toute façon maintenant je suis là je ne risque pas d’aller bien loin.

Cinq petites heures d’attente avec pour subsister des crackers et des M&M’s. Pas de Wifi, parce que mes appareils technologiques ne sont pas assez avancés. Le café coûte plus cher qu’au Starbucks, et en plus il est dégueulasse. L’eau des toilettes est chaude, comme ça on ne peut pas la boire. Ingénieux.

[…]

Je devais atterrir à 8h à Lyon, j’atterris à 9h à Dusseldörf. Pour n’en repartir qu’à 14h40.

Cinq heures à poireauter : deuxième round.

Ici je ne sais pas si le café est dégueu, parce qu’il est bien trop cher pour que j’ai envie de m’en payer un. La Wifi aussi est payante (Danke les allemands). J’ai toujours mes crackers et mes M&M’s. Je gribouille des trucs sur un carnet. Je m’endors sur moi-même de façon un peu lamentable. Les gens sont tous pimpants autour de moi, ils doivent pas comprendre mon état de décrépitude avancé. Faut dire que j’ai pas trop réussi à dormir, dans l’avion.

Pour finir je suis arrivée à bon port, avec en plus une bonne raison de râler (ah ah).
Et plein de supers trucs à raconter. Ma numérologie m’a dit que 2014 serait pour moi l’année du voyage. Ca commence plutôt bien pour l’instant, non ?

See you pour la prochaine destination !

 

Vous avez dit achats inutiles ?

Vous avez dit achats inutiles ?

Travel Report #5 : New York (Part 1)

Day Four : 6h15, dans ces eaux là. On part prendre le bus qui nous ramènera à New York. Trop de froid, bordel. Heureusement dans le bus il fait chaud. C’est bien, c’est propice à charrier des odeurs sympathiques. Genre le fumet des pieds de la voisine de derrière. Genre du poisson séché (original, pour un petit dej’). Genre des sandwichs douteux. MAIS QUI A RAMENÉ SON GARDE MANGER, LÀ ?!

Bref.

Arrivés à Port Authority, on Google Map notre appart. 29 minutes de marche ? Boarf, une broutille ! Rien ne nous fait peur, même pas le vent. On part. Et là, phénomène étrange : chaque pas m’éloigne un peu plus de mes 19 ans. Je redeviens une enfant. Je râle intérieurement.
J’ai faiiim. J’ai froiiiid. Je sens plus mes doiiigts. Ma valise est louuurde. J’en ai maaarre.
Le super bar à salade qu’on trouve pour se poser me réconcilie un peu avec la vie. Sweetgreen, qu’il s’appelle.

Puis on fait le check-in de l’appart. Petit duplex posey qui sent le propre, à l’angle de la 3e et de la 27e. Nickel Michel. Le temps de souffler deux secondes, et on repart direction la 5e avenue, qu’on remonte pépère. Petit crochet par Times Square et la boutique M&M’s.
LA BOUTIQUE M&M’S ! (Cf : mon Eldorado).

On monte ensuite au Rockfeller Center, en criant Top of the Roooock ! comme des crétins. On fait même quelques selfies (non mais WTF ?). C’est la vue, elle est belle, ça nous émeut. Affalés comme des cachalots sur les banquettes, on cherche un resto en grignotant des M&M’s (y’en a même à la menthe ! Et à la framboise ! Trop de folie !)

Après manger, retour à Times Square, histoire d’y passer de nuit. Ca vaut le coup d’œil. Je vous épargnerai les détails de mon émoi devant les quatre étages de Forever 21, ses robes à fleurs et ses prix qui ne dépassent pas 30$ (soit 21€). Je fais mon repérage, et je repars, des étoiles plein les yeux. Ouais ouais.

En rentrant, je me lie d’amitié avec le canapé, dont le moelleux épouse mon corps à merveille. C’est un fléau. C’est le coup de foudre de mon séjour.

Day Five : Aujourd’hui, on fait les fous. On quitte Manhattan pour Brooklyn. Première rencontre avec le métro New Yorkais afin de rejoindre le Brookyln Bridge. Je fais ma touriste moyenne et je m’amuse avec la vitesse de mon appareil. Trop hipe.

DSC_0212Trêve de bêtises, on entame la traversée du pont, et là quand même, qu’on se le dise : ça claque GRAVE. La vue est magnifique, le pont est magnifique… Rah, trop de beauté dans ce monde.

Arrivés là bas, on se perd un peu dans Brooklyn Heights, la faim au ventre, l’onglée au doigt. Tout est en briques et en escaliers de métal, c’est paisible, ensoleillé. Vus savez, de ce fameux soleil qui ne chauffe pas. Oui bon ça va, j’arrête de me plaindre.

On se met sérieusement en quête d’un endroit pour manger. Au choix : McDo, Burger King, Wendy’s, Dunkin Donut’s + tous les autres fast food qu’on connaît pas. La joie. Puis un gars nous file des coupons pour Checkers : 3$ le menu, il nous en faut pas plus. Evidemment, ça casse pas des briques. Mais bon. Je commande un menu avec un cheeseburger, sauf qu’en déballant mon sandwich, je m’aperçois qu’il est au poulet / sauce blanche (genre CBO en vachement moins bien). Flemme d’aller expliquer la méprise en anglais, je me contenterai de ça. J’ai le temps d’en manger les trois quarts et de me dire qu’il est quand même super mou, avant de me rendre compte que c’est pas du poulet… mais du poisson. AAARGH.

Mon repas est un fail, je suis dépitée.

On repart en quête de Williamsburg, qui est en fait méga loin à pied. On attendra quand même de se perdre dans une cité et de se retrouver à proximité d’une deux fois deux voies pour décider d’abandonner et de retourner à Manhattan.

NB : la prochaine fois, penser à regarder plus précisément le guide touristique.

Carte en main, on trace tout droit vert Chinatown. L’effervescence ici est encore plus flagrante qu’ailleurs. C’est un ilot à part. Un ilot que je quitte avec des lunettes rondes en plastique vert, mon petit souvenir personnel inutile.
Le temps d’une courte pause Dunkin’ (notre faiblesse des vacances), on continue notre remontée vers Little Italy, ou l’endroit qui te donne envie de manger au restaurant là, tout de suite. A 16h30 oui.

DSC_0301On dévie vers Soho, et ses bars, et ses boutiques. Exemple : la boutique Converse officielle, avec son mur de chaussures formant le drapeau américain, et ses Ipads qui te permettent de personnaliser le design de ta basket. Ou alors l’épicerie Dean & Deluca. Tu payes 6$ ton aubergine, mais qu’est-ce que c’est chouette là-bas dedans.

En rentrant, on cuisinera une petite ratatouille, histoire d’avoir l’impression de se faire du bien au corps au moins une fois dans la journée. Mais faute de riz, on la mangera avec une tortilla. Fajita-touille quoi.

 

Day Six : Je commence ma journée avec un bol de Lucky Charms, je suis trop heureuse. Quatre ans que je rêvais d’en remanger. (Oui, il m’en faut peu)

DSC_0324 copieLe programme du jour, c’est une promenade sur la High Line, jardin suspendu aménagé sur des rails désaffectés. On la prend sur la 27e, pour descendre tranquillement une dizaine de blocs, au milieu du Lower West Side. Evidemment, c’est l’hiver, donc pour la verdure, on repassera. Mais le principe est vraiment sympa. Ca vaut le détour.

DSC_0346 copie

Vue de la High Line

On arrive tout droit dans le quartier de Chelsea, et plus précisément dans le Chelsea Market. Le Chelsea Market… Un petit marché couvert tout en briques et en vieilles pierres, lumières tamisées et enseignent antiques, regorgeant de petits restaurants des quatre coins du monde.

L’émerveillement.

C’est là qu’on trouvera les plus belles cake pops du séjour, pleines de paillettes et de couleurs. Un bon truc de filles quoi.

L'homme aux pigeons. Washington Square Park

L’homme aux pigeons.
Washington Square Park

On entreprend ensuite de se balader un peu dans Greenwich Village, de visiter son Dunkin Donut’s, de passer par le Washington Square Park avant de remonter la 5e avenue direction l’Empire State Building.

Objectif : avoir le coucher de soleil. On a donc anticipé le monde – et on a réussi -, mais ça s’est joué à un poil.

Le plus flagrant là haut, c’est le silence. Le silence de la ville. Elle s’étend à nos pieds, bouillonne de lumières et de voitures, de passants, et pourtant, il n’y a que le murmure de l’air (et des touristes, mais on fait abstraction). C’est fascinant comme endroit.

Ressourçant.

Travel Report #4 : Boston

Je le reconnais, j’ai été un peu absente ces derniers temps, mais c’était pour mieux revenir avec pleins de supers trucs à raconter.

Il se trouve que pour ces vacances de février, j’ai décidé d’aller rendre une petite visite à une amie en échange universitaire de l’autre côté de l’Atlantique.

Destination : New-York.

 

Day One : Me voilà donc partie le vendredi matin, alone, comme une grande. Le plan de la journée : Lyon St Exupéry – Francfort – New York. Jusqu’ici tout va bien, si on omet le fait que j’ai failli oublier d’enregistrer ma valise (on va mettre ça sur le compte de l’excitation). Arrivée à Francfort, je marche pour rejoindre mon autre porte d’embarquement. Longtemps. Longtemps genre je mets moins de temps pour aller à Monop’, faire mes courses et revenir chez moi.

En entrant dans l’avion, je remarque qu’il est plus large que mon salon. Je suis partagée entre amusement, fascination et… tristesse. Je me console en parcourant la bibliothèque de films et séries qu’il y dans mon petit écran tactile. Pour ce voyage, ce sera American Beauty (et Prisoners, mais en VO j’ai rien compris).

Puis enfin, après plus de huit heures de vol qui m’ont bien engourdi les jambes et les fesses, c’est l’atterrissage. Ici il est 16h, lumière de fin de journée toute dorée, on aperçoit les buildings en fond de toile.

Putain je suis aux States.

Pour la peine, j’écoute Happy de Pharrell.

Et il fallait bien ça, parce qu’ensuite, c’est la traversée du désert. 1h30 d’attente pour passer la douane. Jamais vu une queue aussi longue.

Prendre sur soi. Oublier qu’on a envie de faire pipi.

Une fois la valise récupérée, je file vers la sortie, impatiente de retrouver mes copains venus me chercher. Mille fois je me suis imaginé la scène. Mais bizarrement, pas une seule fois dans le scénario les portes s’ouvraient sur un hall… sans mes copains.

Grosse panique, là.

Topo : je suis à l’autre bout du monde, il commence à faire nuit, mon téléphone est out, je n’ai pas l’adresse de l’appart’ où je dors, et JE NE SAIS PAS OÙ SONT MES POTES. Je sens poindre une envie de pleurer. Mais battante que je suis, je me mets en quête d’une âme charitable qui voudra bien me prêter son tel, que je puisse me connecter sur Facebook. Et j’y parviens. Alleluia.

Le temps de lire qu’ils sont venus, puis ne me voyant pas arriver, sont repartis ; et de fixer un point de rendez-vous, je m’en vais prendre le NJ Transit vers Penn Station – NYC. Moins enjouée que je ne le pensais, néanmoins. Et puis ça caille.

Arrivée à Madison Square Garden, j’ai quand même un petit sourire béat. Quand même.

Je retrouve ma copine, on file à l’appartement qui n’est qu’à deux ou trois blocs. Il y fait bien chaud. Le tapis est en poils, couleur vert morve. Très doux, cependant. C’est l’élément majeur que je retiendrais de ce pied à terre.

 

Day Two : Je manque de faire une crise cardiaque quand le réveil sonne. Trop de violence. Le fait est qu’un bus nous attend à 7h à Port Authority pour nous emmener à Boston. Gros marathon pour rejoindre la gare, il est 6h, on traine nos valises au pas de course, tout va bien. Je suis bonne pour reprendre une douche en arrivant.

Le bus est assez confortable, mais bien entendu, je ne dors pas. Pourtant j’aimerais bien. Je mets de la musique pour oublier le gars qui ronfle à côté de moi, et je regarde le paysage : des arbres gris qui dentellent le ciel, et quelques maisons colorées perdues au milieu de la neige. Ca me plait bien.

L’arrivée à Boston (comme l’arrivée dans n’importe quelle ville que je visite, je crois), est un peu folklorique. C’est un parcours du combattant pour trouver le métro, sans parler de l’achat du ticket à la borne, quand t’y connais rien à tes pièces de dollars. Moment de bonheuuur. Mais prendre le métro à Boston, c’est une véritable attraction, un truc qu’il faut faire dans sa vie. Parce que la Green Line, c’est un peu le train de la mine.

DSC_0009En sortant à Copley, on fait confiance à Geoff, qui a l’adresse de l’appartement + une copie d’écran de l’itinéraire. Oui mais dans la vraie vie ce n’est pas aussi simple.

Temps passé pour trouver Marlborough St : au moins 45 minutes.

Bon, on s’est diverti en regardant passer des coureurs déguisés en super héros. D’autres poussaient des caddies en hurlant, habillés n’importe comment. Normal quoi.

Après avoir – enfin – posé nos valises, opération MANGER. Ce sera à la Boston Burger Company (des burgers ? tiens donc !).

Puis retour à l’appart pour le check-in officiel. On attend le propriétaire. 15, 20, 45 minutes. Plus encore. Ah mais… c’est pas une porte à code, ça ? Ah mais… On n’avait pas le code marqué sur la feuille de réservation depuis le début ? Ah bah si. Voilà voilà.

Désespérés, on fait la sieste. Puis on ressort pour voir le soleil se coucher au dessus de la rivière gelée. C’est schön. Tout comme les lampions de la patinoire du parc. Cute. Et Chinatown. Fun.

 

Day Three : Es partido pour la Freedom Trail, ligne rouge tracée au sol qui permet de découvrir tous les points historiques de Boston, ayant trait à la Révolution Américaine.

Mais d’abord, stop au Starbucks pour un petit egg and muffin au bacon (ou comment commencer sa journée de manière jouissive).

Puis nous voilà partis sur la ligne. Un parcours de six kilomètres, au cours duquel on découvrira, en vrac : Quincy Market, la rue des pubs (trop stylée) ou encore Little Italy (trop stylé bis). C’est là d’ailleurs qu’on décide de s’arrêter, pour une pizza. Et pour nous réchauffer accessoirement, parce que le froid là bas, c’est pas humain.

En commandant, on prend naïvement une pizza chacun. Comme en France quoi. Sauf que là bas, et bah c’est pas pareil. Margharita a limite la taille de ton oreiller, et même si y’a que dla mozza et des tomates, c’est beaucoup trop. On repart donc avec une boite contenant nos moitiés de pizza qu’on a pas pu finir. Dla bombe ! On a trouvé notre repas de ce soir.

On traverse un pont pour aller vers le quartier de Charlestown, où se trouve l’USS Constitution Museum. Bon certes la Navy c’est pas mon truc à la base, mais il faut avouer que le bateau est canon.

On passe par le Bunker Hill Monument pour repartir, un grand obélisque qui domine Boston. Pas eu la force de monter ses 293 marches. Shame on me.

Mais pour m’arrêter boire une bière au Hennessy’s (enfin une bière… un verre de lait), aucun souci. Ni pour une cake pop du Starbucks – encore – d’ailleurs.

Il faut savoir qu’il y a 255 Starbucks rien que sur l’île de Manhattan. En France ? 52. Voilà voilà.