Breakfast in Vienna…

…And lunch, and coffee, and cake, and dinner ! Youh !

Bon rassurez vous, je ne suis pas devenue bilingual en un week end dans les contrées autrichiennes. Au pire j’ai pu apprendre que strasse en allemand et gasse en autrichien, bah c’est pareil. Mais je crois que je m’éloigne un peu du sujet principal. Bref. L’intro en anglais, c’est juste parce que ça sonne bien. Et parce que ça me permet de lancer avec classe l’un des éléments essentiels de ce week end : la bouuuffe ! La bouffe oui, cette passion qui unit bien des êtres humains sur cette terre.
Mais bon, il n’y a pas que ça à Vienne non plus hein. Il y a aussi beaucoup de jolis (et anciens) bâtiments, et beaucoup de lumières. C’est principalement ce que vous allez voir sur les photos qui suivent d’ailleurs.

Allez, c’est le moment de débuter cette #Viennastory : un vendredi de novembre, notre réveil a sonné à 5h (je dis notre parce qu’on était deux, avec ma copine). C’était dur. Mais c’était pour la bonne cause : un week end de 3 jours a Vienne, entre copines. Le rêve non ? Après un vol, matinal donc, au dessus de magnifiques monts enneigés, nous atterrissons dans un aéroport flambant neuf et plutôt classe. Un train un peu moins neuf et un peu moins classe (mais fort pratique) nous emmène dans le centre, sous un soleil joyeux. Le temps de poser nos bagages dans un appartement absolument magnifique (une de ces perles d’airbnb, aussi jolies en photo qu’en vrai, voire même encore plus), nous repartons à pied en direction du quartier de la gare et du Belvédère.

Si le quartier en soi n’a qu’un intérêt limité, il abrite en revanche cet oasis de beauté qu’est l’Hôtel Daniel et son restaurant le Daniel Bakery. À nous le bruuuunch et la pause bien méritée après une matinée mouvementée…

Hotel Daniel - Daniel BakeryHotel Daniel - Daniel Bakery

Daniel Bakery

L’estomac un peu trop plein, mais heureuses (manger rend toujours heureux hein, c’est bien connu), nous repartons de notre havre de paix pour aller découvrir le centre ville et son effervescence incessante. Le soleil brille encore haut, les visiteurs se pressent, le nez en l’air et des paquets aux bras. Des hommes en costumes moirés et bottes de cuir nous alpaguent à la sortie du métro pour nous vendre un opéra. Ça pourrait être sympa en effet ! Mais spoiler : nous n’irons pas. Non, nous allons pour l’instant nous contenter de marcher bras dessus bras dessous, se laissant porter par le flot des marcheurs et la vie palpitante de ces vitrines lumineuses et brillantes. Et surtout, surtout, admirer les bâtiments tous plus wahou les uns que les autres (wahou est un adjectif nul, je vous l’accorde, mais il est plutôt explicite non ?). On flâne, on fait quelques boutiques, on bifurque dans des petites rues adjacentes à l’avenue principale, et ce jusqu’à Karl’s Platz, la fameuse, la grande.

VienneVienneNotre balade nous emmène jusqu’à la bibliothèque nationale, que nous décidons de visiter après avoir profité un peu de la douce chaleur du soleil d’automne.

Ce lieu est magique, silencieux, chargé d’histoire. Un coup de coeur !

Bibliothèque de VienneBibliothèque de VienneUn peu fatiguées par cette première journée plutôt intense, nous reprenons le chemin de l’appartement dans une Vienne illuminée et éblouissante (Vienne la nuit ça vaut mille fois le détour !)

Rue de VienneNous atterrissons dans un petit restaurant de quartier qui ne paye pas de mine mais où l’on mange bien. Puis l’heure est au repos : demain est une encore une grande journée.

Samedi matin. Réveillées par un jour clair et lumineux dans notre appartement d’architecte, nous nous préparons et partons prendre le petit déjeuner dans un joli café en bas de l’immeuble : le Budapest Bistro. Joli endroit repéré la veille, avec une carte de petit déjeuner fort alléchante, mais un accueil un peu froid. Dommage !

Nous prenons ensuite la direction du Naschmarkt, un marché permanent qui ressemble a de jolies Halles à l’ancienne, rassemblant à la fois des étals de fruits, légumes, viande, pain… Mais aussi de sympathiques petits restaurants. Bon évidemment l’endroit est très touristique et assez dense ! Il constitue néanmoins une petite balade sympa à faire (de préférence le ventre vide pour pouvoir s’y arrêter… On le saura pour la prochaine fois !)

Naschmarkt - VienneNaschmarkt - VienneToujours à pied, on continue notre balade jusqu’à Karl’s Platz, puis nous atterrissons au Palmenhaus, cette grande verrière rétro au milieu du quartier des musées. D’un côté, elle fait café brasserie, et de l’autre, c’est une palmeraie abritant des rares espèces de papillons. La visite était plutôt marrante, et très humide ! Assez dépaysant…

Palmenhaus - ViennePalmenhaus - VienneN’ayant toujours pas faim, nous décidons de partir à la découverte de la vieille ville, avec ses petites rues et ses vieilles boutiques (dont la papeterie / boutique de souvenirs Papierhaus A. Katzer dans laquelle on peut me perdre aisément quelques heures).
Puis nous traversons le canal du Danube pour aller vers le quartier du Prater. On a repéré le Supersense, un resto boutique spécialisé dans les vieux Polaroïds, les vieux vinyles, les vieux trucs cool quoi. C’est notamment là qu’on peut se faire tirer le portait en pola géant, avec d’authentiques appareils photo du début du siècle… Dingue non ?! J’avoue, on a hésité un moment, mais on a finalement décidé de ne pas le faire. Ca aurait quand même été un sacré souvenir ! En tout cas, entre ça et le repas absolument délicieux pour un prix carrément abordable, c’est une étape absolument indispensable de tout passage à Vienne !

Le Supersense - VienneLe Supersense - Vienne

Supersense

À regret, nous quittons cette chouette adresse et revenons dans le centre et son effervescence de fin d’après midi. Plus par gourmandise et curiosité que par réelle faim, nous cherchons un “café viennois” pour prendre un vrai goûter typique, avec tout ce qu’il peut avoir de kitsch. Nous arrêtons notre choix sur le Café Central, et son portier en livrée à l’ancienne. A l’intérieur, des vieilles banquettes, des tables en bois ciré, des lustres à globe, des grands tableaux et un choix de pâtisseries toutes plus épaisses et gourmandes les unes que les autres. L’ambiance est étrangement calme et feutrée, malgré le monde (toutes les tables sont prises, il y a la queue pour rentrer et un serveur nous place). On est bien loin des endroits à la fois modernes et vintage visités jusqu’à présent, mais le charme désuet de cette grande brasserie a nappes blanches est quand même agréable. Ça vaut un petit détour !

Café Central - Vienne

Café Central

Le soir, nous avons prévu d’aller manger au Motto, un bar restaurant carrément cool et tendance repéré avant notre départ. Chance, il se trouve à 100m de notre appartement (si ça c’est pas le destin…)

Il est 20h. Derrière une porte en métal aveugle et très discrète, nous pénétrons dans un monde fait de fumée, de plantes vertes et de musique ambiançante. Les banquettes sont en velours d’un profond vert émeraude, les murs en béton brut, et il y a des lampes en néon fluo derrière le bar qui participent à l’ambiance fun et rétro de ce lieu si atypique et terriblement cool. Nous prenons un mojito en attendant que notre table soit prête. Le repas est vraiment délicieux. C’est un peu cher, certes, mais franchement, ça vaut le coup.

Dimanche matin. Histoire de ne pas être réveillées à l’aube par l’aveuglante lumière des grandes fenêtres de notre chambre d’architecte, nous avons tout calfeutré avec des coussins, des couvertures et des pulls. C’est un peu camping, mais ça fonctionne ! Nous nous levons donc tranquillement, prenons le petit dej à l’appart avec des restes de brioche achetée la veille, puis nous filons prendre le métro direction le château de Schönbrunn.
Il fait tout gris, il y a du brouillard. C’est pas risou risou.
Sinon l’enceinte du château est immense. Nous la longeons un bon moment avant d’enfin arriver devant l’entrée ! Dans la cour, où le nombre de touristes est déjà impressionant, nous voyons s’activer les préparatifs du marché de Noël qui débutera dans quelques jours. Nous optons pour la visite basique, et partons à la découverte de ce gros bâtiment jaune. Nous traversons des dizaines de pièces meublées selon le style de l’époque, apprenons quelques bribes de détail sur la vie de la famille impériale. C’est plutôt amusant ! Et un peu impressionnant aussi il faut l’avouer, la bâtisse est vraiment immense…

Chateau de SchönbrunnNous décidons de faire un tour dans les jardins, qui sans surprise sont à la mesure du château. Des allées s’étendent à perte de vue à droite et à gauche, et on y voit pas mal de joggers venir faire leur tour matinal. Dommage que nous soyons en novembre, car tout est un peu triste et déplumé. Adieu les plates-bandes de fleurs et les jolies couleurs ! Cela ne nous empêche quand même pas d’aller visiter les labyrinthes (hihi).

Nous repartons sous un ciel qui se déchire pour laisser apparaitre quelques rayons de soleil. Enfin ! Il est presque 13h, la faim se fait sentir. Nous repassons en vitesse à l’appartement récupérer nos sacs, puis nous nous dépêchons de retourner en centre ville pour trouver un endroit où déjeuner. La veille, nous avions repéré le resto de Jaimie Oliver et sa façade pleine d’ampoules (#passion), alors nous tentons. Chance, ils nous trouvent un coin de table, alors même que nous n’avions pas réservé. J’y mange un burger à tomber par terre. Et je vais faire pipi dans les toilettes les plus cool que j’ai jamais vues. Donc franchement, Jaimie’s Italian 10/10 !

Jaimie's Italian VienneJe ne m’étendrai pas outre mesure sur le reste de l’après midi, étant donné que nous avons surtout erré avec nos sacs dans la ville, avant d’atterrir dans un autre café Viennois, le Café Diglas, plus confiné que le café Central, avec plein de banquettes rouges et des abat-jour en forme de tutu (old-school mais cool). Les serveurs étaient plutôt sympa jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’on allait traîner là un certain temps avec seulement un thé et un latte macchiato. Du coup on est parties.

Vous saurez donc, si vous allez à Vienne, que l’aéroport est doté de trucs vachement cool quand on doit attendre son avion pendant 15 ans. Genre des banquettes tellement larges et longues qu’on peut carrément s’allonger dessus de tout son long et chiller en regardant passer les gens qui courent dans l’aéroport. C’est plutôt chouette. Surtout quand on vient de passer 2 jours dans cette capitale pleine de surprises, à mi-chemin entre tradition, kitsch et mainstream.

VienneAuf Wiedersehen Wien !

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New-York my love

Encore ?! me direz-vous.

Eh oui. Encore.

New-York et moi, c’est une grande histoire d’amour. Elle a commencée en février 2014, quand je me suis émerveillée devant la boutique M&M’s, que j’ai plongé longuement dans les œuvres majestueuses du MoMa et que j’ai vécu une semaine au rythme magique et effréné de cette ville qui ne dort jamais.

Ça ne s’est pas arrêté depuis.

Mais comme toutes les relations longue distance, elles tiennent un peu et puis vient le moment où il faut raviver la flamme. Ma dernière escale dans la grosse pomme datant de mai 2014, il était donc grand temps de souffler sur les braises. Grand, grand temps.

Et que dire alors de cette (re)découverte ? New-York a-t-elle changée ? Ou peut-être est-ce moi… ? Non. Non, rien n’a changé. Tout est aussi magique, superbe, surprenant, fatiguant, amusant… Et la nouveauté est toujours au rendez-vous.

DSC_0998_RMon crew dans Harlem.

Premier matin, on se réveille au coeur d’Harlem et on parcourt le quartier à la recherche d’une église pour assister à une messe Gospel. Notre perle se trouve juste au bout de notre rue, une belle église hispano-américaine. Nous choisissons le service en anglais, histoire de pouvoir comprendre le minimum, et nous atterrissons dans un monde à la spiritualité joyeuse, où la chaleur et les bons sentiments transcendent l’assemblée et dépassent de loin les frontières.

Nous traversons Central Park de haut en bas. C’est chouette mais c’est long.

Nous nous perdons dans une foule impressionnante massée devant les illuminations du Disney Store de la 5e Avenue. Et autant dire que même à 23 ans ça fait rêver.

Puis un autre jour, nous faisons du patin au milieu du village de Noël de Bryant Park, en écoutant des chansons de Noël jazzy.

Puis un autre jour, nous buvons un peu trop de margharitas dans un bar mexicain d’Harlem, et rentrons sous la pluie tels des Marie Poppins hilares et éméchées.

Nous découvrons le quartier tellement cool de DUMBO, et sa vue à couper le souffle sur les ponts de Brooklyn et Manhattan.

Nous mangeons, mangeons, mangeons tellement. Harlem Shake, Clinton St. Baking Company, Levain Bakery… Et les caramel macchiato du Starbucks, et la pâte à cookie crue de , et les brunchs maison, et les queues de Homard à 5$ (oui oui !)

Désormais, les rues de brique scintillantes de Soho n’ont plus de secret pour moi, tout comme les lignes de métro 2 et 3 (même à 8 cerveaux il nous aura quand même fallu un certain temps avant de comprendre le fonctionnement des trains locaux et express…)

J’ai retrouvé avec un bonheur intact le Chelsea Market, le Musée d’Histoire Naturelle, la High Line, la Statue de la Liberté, les rues foisonnantes de Chinatown.

J’ai dépensé bien trop de dollars dans des carnets Rifle Paper Co. et des bougies parfumées.

Mais je suis revenue la tête débordant de souvenirs, les yeux remplis de merveilles, avec l’expérience joyeuse et bordélique d’une semaine de colocation à 8 et une seule envie : y retourner le plus vite possible.

26178813_10215320810839912_360639595_o5th Avenue. 

26237942_10215320809559880_2135946530_o5th Avenue.

26179367_10215320807679833_364093046_o5th Avenue.

26177741_10215320810439902_1477543180_oHarlem.

26177440_10215320801359675_1649306671_oHarlem.

26179049_10215320809479878_1299072601_oWall Street.

26235761_10215320803399726_1366526618_oUpper West Side.

26178402_10215320802879713_335681858_oBrooklyn Bridge.

26235654_10215320801399676_562603245_oChinatown.

26178724_10215320800959665_244806903_oChinatown.

26145609_10215320802439702_2070365086_oChinatown.

26194753_10215320804159745_494828576_oSomewhere in New-York.

 

 

Mariah Carey – All I want for Christmas is you

Humeur du jour – 5 –

Etre hype.

C’est ce que j’ai toujours voulu être. Une volonté tenace traversant les âges, évoluant avec les modes du moment. En primaire, c’était à celle qui savait faire le poirier contre le mur (j’ai jamais su le faire) et à celle qui se défendait le mieux à la Star Ac’ (oui, chacun ses références hein). Je me souviens d’un jour où on m’avait proposé de passer d’élève à professeur tellement j’avais bien révisé mes fiches de paroles Fan 2. La consécration ultime quoi.

Mais j’ai refusé. Trop de pression. Du coup, j’ai perdu tout intérêt aux yeux de mes acolytes, et je suis retournée fredonner Lorie et Tatoo avec mes fiches. Seule.

Au collège, c’était déjà autre chose. T’étais stylé si tu avais des bagues – sur les dents, pas aux doigts -, encore plus si tu mettais des élastiques de différentes couleurs (tout un paradoxe). A croire que plus tu affichais tes goûts de chiotte, plus tu montais en grade.
Il était aussi de bon ton d’avoir un portable évidemment, mais à clapet, parce que si comme moi tu te contentais d’un petit Samsung à clavier tout simple, ça faisait moins d’effet.

C’était encore pas trop ça, donc.

A 16 ans, c’est le lycée. Commence la lente ascension vers l’affirmation de soi, ce chemin tortueux jonché de déceptions amoureuses et d’alcool dépressif. Pour être hype, il faut fumer des clopes, histoire d’avoir une raison valable de trainer au coin du fumeur (je n’ai jamais caché mon dégoût pour la nicotine). Il faut aussi savoir draguer, et avoir un peu de style. Enfin non, du style tout court. Je reverrai toujours ma copine de l’époque s’horrifier : « mais tu ne peux pas mettre ces deux couleurs ensemble, ça ne va pas du tout quoi ».

Pour ma défense, je dirai que Cristina Cordula et les Reines du Shopping n’existaient pas à l’époque. Voilà.

Au sortir de cette scolarité jonchée de défis, on croit avoir laissé derrière soi cette course au cool. Mais que nenni ! Quand on est étudiant, c’est mieux de boire la bière, même si ça fait gonfler le ventre et faire beaucoup pipi. C’est sûr que quand tu commandes un verre de rouge ou un Martini à l’apéro, tu passes pour une meuf de trente ans qui s’assume pas (l’histoire de ma vie. Comme quand je dis que j’ai déjà quelque chose de prévu pour échapper à une soirée alors que je suis en pyjama dans mon lit à 20h57 en train de regarder How I Met Your Mother…)
C’est bien aussi de trainer dans des soirées électro, de finir très tard et très bourré, de vomir même des fois (et quand tu ne vomis pas, il faut savoir en faire une fierté). Mais tout ça est difficile quand tu aimes autant dormir que sortir. Voire même plus dormir que sortir. Là ça devient craignos.

Sauf qu’à partir de ce moment, c’est un peu l’âge adulte qui commence, et là bah… Tous les chemins sont permis. Tu peux être un jeune travailleur qui continue de vivre comme un étudiant, tu peux partir faire le tour du monde, tu peux être vieux avant l’âge, tout plaquer et devenir dresseur de chien, te marier et faire des enfants, ou avoir un plan cul différent tous les soirs, c’est open bar.

Mais au milieu de cette clairière aux mille sentiers (elle est belle hein ma métaphore !) demeurent des piliers du hype. Imager sa vie avec succès sur Insta, mettre des jeans troués, boire des jus, être veggie, voire même végan (soyons fous), se déplacer en vélo, faire du compost. Autant de choses que l’on fait plus pour soi que pour les autres (bon sauf peut-être Instagram), mais qui sont dans l’air du temps.

Moi par exemple, je fais du compost parce que je trouve ça bien. Du coup on peut dire que je suis dans l’air du temps, après 23 longues années d’attente. Qui aurait cru que je deviendrai hype en faisant pourrir des légumes dans un bac ?

Compost bin in the garden

Julien Doré & Nous à Lyon

S’il y a bien un concert que j’ai attendu, attendu (et il n’est jamais venu… ah ah), c’est celui de Julien Doré. Ce n’est pas faute d’avoir eu des occasions, il est quand même passé pas moins de trois fois à Lyon durant ces trois dernières années. Mais bon, il faut croire que les étoiles n’étaient pas alignées… Jusqu’à ce week-end.

ENFIN !

J’ai donc passé mon samedi soir en compagnie de ce beau et talentueux artiste, qui à mon sens est l’un des plus doués de la scène française actuelle (objectivité, quand tu nous tient). Et autant dire que je n’ai pas été déçue. Au delà de ses textes magnifiquement poétiques et de ses excellents musiciens, Julien Doré est un vrai show man. Qui l’aurait cru, lui qui apparaît si sensible, parfois si réservé !

Bon, je vous passerai les détails inutiles de la soirée, notamment ce moment où je suis en train de faire pipi et où les premières notes du concert démarrent (ils ont fait un peu de teasing durant les 15 minutes qui viennent de s’écouler, mais étant donné qu’il n’est 20h40, je pensais être large…). C’est bien la première fois que j’attends aussi peu entre une première partie et le concert !

Julien_Dore

Le spectacle s’ouvre donc sur Porto-Vecchio, se poursuit avec Le Lac, il y a des lumières colorées, les gens dansent, tapent dans leur main, c’est le bonheur quoi. A la troisième (ou peut-être quatrième) chanson, Julien décide de venir prendre la température par lui-même, et descend dans la foule, comme ça. A la sixième (ou peut-être septième) chanson, il tend son micro à une fillette, puis la fait monter sur la scène, pour qu’elle chante et danse avec lui. Entre ses chansons, il nous parle, nous présente ses musiciens, nous fait rire. Il change de tenue aussi, attache ses cheveux, puis les détache, nous parle de ses problèmes capillaires (nous les filles, on comprend…).

On est des milliers, dans cette grande salle, et pourtant on a l’impression d’être si peu, d’être si proche. C’est intime. D’ailleurs, il le dit lui-même : il a l’impression d’avoir vu chacun de nos visages. Tandis que nous, on s’est fait transporter à Beyrouth, à Winnipeg, à Eden… On s’est fait caresser par la douceur de ses mains courant sur son piano, par la profondeur de sa voix nous couvrant de jolis mots. On a chanté d’une seule voix le premier refrain de Paris-Seychelles, et c’était tellement beau que j’ai failli verser ma larme.

 

Une bien belle soirée en somme… Que je pourrais résumer ainsi :

Plus de 2 heures de concert

4 changements de tenues

3 classiques « Julieeeeeeeeen ! Epouse-moiiiiiiiiiiiiii ! »

1 pas trop distingué « A poiiiiiiiiiiiiiiil »

1 rigolo mais bizarre « Enlève ta culooooooootte ! »

1 slow avec un Panda (oui oui)

30 minutes d’applaudissements

 

De la magie. Tout simplement.

 

Séquence émotion : Lion

Après l’intense bonheur que m’a procuré le visionnage de La La Land et l’écoutage en boucle de sa BO pendant les quinze jours suivants, il fallait que je sois sûre de mon choix en retournant m’enfermer dans une salle obscure pour une nouvelle découverte cinématographique.
Quand on m’a parlé de Lion (et qu’on m’a vendu le concept copines/tapas/vin rouge/séance ciné), je me suis dit que ça valait le coup de tenter. Et je n’ai pas été déçue !

Ce qui fait la force et la beauté de ce film c’est avant tout son histoire, tout simplement parce qu’elle est vraie : partant de ce postulat, on ne peut que retenir son souffle à chaque minute.
L’histoire, c’est celle de Saroo, un petit indien de cinq ans qui veut faire comme son grand frère, en l’accompagnant partout où il va, même quand il travaille la nuit. Un jour, alors qu’il patiente dans une gare en attendant son retour, il part en exploration dans un train et s’y endort. Quand il se réveille, le train roule, et il est seul. Il ne pourra en descendre qu’à Calcutta. Réussissant à survivre dans cette ville immense et hostile, il se fait recueillir par un orphelinat et adopter par un couple d’Australiens. Mais 25 ans plus tard, sa véritable famille lui manque toujours : il décide alors de se lancer l’impossible défi de les retrouver.

Lion

Ce film est très fort. Ah je l’ai déjà dit ? Pardon. Mais c’est la vérité. Lion nous offre une plongée dans l’Inde des années 1980, dans tout ce qu’elle a de beau comme de difficile, de cruel. Les paysages sont aussi vastes et majestueux que les villes sont effrayantes, immenses, grouillantes. On imagine mal combien d’enfants y sont perdus, ignorés, malmenés, pris pour morts. Et ça fait réfléchir. A nos privilèges, à notre confort, à nos problèmes qui n’en sont pas vraiment. Parce que le destin de Saroo est incroyable, que sa survie est inespérée, et qu’on se rend bien compte que beaucoup d’autres comme lui n’ont pas cette chance.

Cette richesse d’émotions est joliment mise en scène à travers des plans contemplatifs, magnifiés par des airs de violon (ok dit comme ça, ça fait hyper nunuche, mais je vous jure qu’en vrai c’est pas le cas !) ou juste par le silence. Tout simplement.

Je vous le recommande donc chaudement, mais d’ici quelques mois sur votre canap’, car il n’est (presque) plus en salles…

Humeur du jour – 4 –

Parmi les petits plaisirs simples de la vie, il en est un que j’affectionne particulièrement : c’est celui d’écouter un peu de Michel Delpech de temps à autres. Non ne partez pas !! Je vais vous apprendre à apprécier la candeur de ces chansons, que vous puissiez à votre tour connaitre la joie de fredonner des petits airs rétro.

Si j’ai toujours eu un penchant pour la musique kitsch (penchant que j’assume totalement, les vrais savent), les paroles de Michel Delpech me fascinent plus encore que les autres. Bien que certains aient mis la barre très haut – Jean-Luc Lahaye qui crie haut et fort qu’il dort dans le corps d’une meuf, Gilbert Montagné qui, à court d’idée de rimes, finit son couplet par “fa mi fa sol do” – Michel, lui, est quand même l’un des rares chanteurs français qui a réussi à glisser dans l’un de ses textes le mot “épagneul”. E-pa-gneul quoi. Bon d’accord, c’est parce que la chanson parle de chasse.


Mais quand on y pense, c’est quand même une sacrée thématique. Le dernier en date à avoir fait ça, c’est Sami Naceri, et on voit bien le suicide social que ça a été pour lui… Ne parle donc pas de chasse en chanson qui veut ! Chapeau, Michel.
D’ailleurs, même lorsqu’il décide de s’attaquer à THE sujet (l’amour, quoi), Michel le fait avec une désuétude tellement mignonne qu’on ne peut s’empêcher de sourire. Voire même de rêver qu’un jour, un garçon nous fasse la cour en chantant Pour un flirt. Enfin moi j’en ai rêvé en tout cas. Regardez plutôt :

” Je ferais l’amoureux
Pour te câliner un peu
Pour un flirt avec toi
Je ferais des folies
Pour arriver dans ton lit
Pour un flirt avec toi “

C’est pas trop choupi ? “Te câliner un peu”. Moi j’adore en tout cas. Cette douce naïveté, cette voix ronde et chaleureuse qui murmure “Ma pauvre Cécile, j’ai 73 ans”… On n’aurait plus idée de faire des chansons pareilles aujourd’hui. Et c’est bien dommage !
Michel, tu nous manques.

Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible.

En cet hiver douteux (ou cet hiver tout court), quoi de mieux que d’aller flâner dans une petite exposition pour occuper son après-midi pluvieux ? [Non, la réponse n’est pas chiller devant Netflix, déso.]

Je suis donc allée me dégourdir les yeux devant la chouette expo “Hodler, Monet, Munch. Peindre l’impossible” à la Fondation Gianadda de Martigny, et c’était pour le moins enrichissant ! A l’initiative du Musée Marmottan Monet (Paris), l’exhibition cherche à confronter les similitudes qui existent entre le parcours de recherche artistique de ces trois artistes du XXe, qui ont travaillé avec le même acharnement sur certaines thématiques, mais sans jamais se rencontrer pour autant.

hodler_le_lac_de_thoune_et_la_chaine_du_stockhorn

Ferdinand Hodler, Le Lac de Thoune et la chaîne du Stockhorn (détails), 1904, huile sur toile, 71×105 com, collection Christoph Blocher

La neige, l’eau et ses reflets, sa transparence, le soleil, la nuit… C’est principalement via la beauté exceptionnelle et mystérieuse de la nature que les trois peintres ont cherché à traduire leurs visions du monde. Chacun avec son œil et ses méthodes quasi scientifiques. Ainsi, l’exposition se dévoile sous formes de thématiques, dont les interprétations si diverses fascinent. Edvard Munch nous plonge dans un univers abstrait et onirique (Le Soleil, 1910-1912, Nuit Etoilée, 1922 – 1924), tandis que Monet cherche à se rapprocher de la réalité en captant le mouvement : des herbes oscillant au fond de l’eau (La Barque, 1887), la lumière changeante d’un jour qui se lève ou qui se couche (Le fameux Impression Soleil Levant, 1872). Hodler enfin s’attarde plus sur l’harmonie et l’unité de ses œuvres, avec la volonté farouche d’en représenter les couleurs et les reliefs avec le plus de justesse possible. En découlent des séries d’une douce beauté, pleines de luminosité et d’éclat : celle sur le Lac de Thoune et la chaine du Stockhorn, ou ses représentations du Lac Léman.

munch_la_pluieEdvard Munch, La Pluie, 1902, huile sur toile, 86,5 x 115,5 cm, Oslo, Nasjonalmuseet for kunst, arkitektur og design

monet-le-train-dans-la-neigeClaude Monet, Train dans la neige, 1875, huile sur toile, 78 x 59 cm, Musée Marmottan Monet, Paris

Une mise en perspective passionnante, qui montre à quel point les paysages qui nous entourent ont été et sont encore une source d’inspiration obsédante pour les artistes.
A méditer !

L’exposition est présentée du 3 février au 11 juin 2017 à la Fondation Pierre Gianadda à Martigny (Suisse).